Invité de RTL chez Marc-Olivier Fogiel, Michel Denisot a pris la parole au sujet de la tribune parue dans Libération qui dénonce l’influence supposée de Vincent Bolloré sur le paysage audiovisuel et culturel français. L’ancien présentateur de Canal+ était en promotion pour son documentaire Mon Coluche à moi, diffusé jeudi à 21h25 sur TMC, et n’a pas éludé la polémique née à l’occasion de la 79e édition du Festival de Cannes.
Un constat nuancé sur la tribune anti-Bolloré
La tribune, signée par plusieurs centaines de professionnels du cinéma — parmi lesquels Juliette Binoche, Adèle Haenel, Blanche Gardin ou Swann Arlaud — met en garde contre ce que ses auteurs qualifient d’« emprise grandissante de l’extrême droite » via des mécanismes d’influence économique et éditoriale. Michel Denisot a reconnu la légitimité des inquiétudes tout en invitant à la prudence dans la formulation des accusations.
Interrogé sur la pertinence de la tribune, Denisot a expliqué : « Aujourd’hui, il n’y a pas un exemple qui puisse justifier ce qu’il y a dans la pétition. C’est préventif : il n’y a pas d’exemple de ça. Qu’on puisse le craindre, je peux éventuellement le comprendre, mais ça aurait pu s’exprimer autrement, de façon moins violente, dans la mesure où ça n’existe pas. »
Coluche, Canal+ et un rappel historique
Le présentateur est également revenu sur un point historique rarement mis en avant au cœur de ce débat : le rôle de Coluche vis-à-vis de Canal+. Questionné par Fogiel sur la relation entre la figure du comique et la direction actuelle du groupe, Denisot a rétorqué : « Aujourd’hui, Coluche, c’est tout ce que détesterait Vincent Bolloré à la tête de Canal+ ? » Puis il a ajouté une précision factuelle et personnelle : « Si Vincent Bolloré a Canal+ aujourd’hui, c’est parce que Coluche l’a sauvé en 1985. Il peut donc lui dire merci. »
Cette remarque vise à rappeler que des moments-clés du passé peuvent éclairer la complexité des héritages culturels et industriels, sans pour autant annuler les questions éthiques et politiques soulevées aujourd’hui.
Réaction à la réaction : Maxime Saada et l’appel à l’apaisement
Michel Denisot a aussi commenté la riposte de Maxime Saada, directeur général du groupe Canal+, qui avait jugé la tribune excessive, estimant qu’elle assimilait certains collaborateurs à des « crypto-fascistes » (déclaration rapportée à l’AFP). Denisot a rendu compte du ressentiment de Saada : « Je n’ai pas envie de travailler avec des gens qui me traitent de crypto-fasciste. Je suis désolé, la limite, pour moi, elle est là. »
Sur ce point, l’ancien animateur a appelé à un apaisement des tensions : « Il y aura peut-être une étape suivante, un retour à quelque chose de plus modéré, plus pacifique d’une part et, d’autre part, il faut que ce soit des deux côtés. »
Un débat d’opinions qui combine histoire et craintes contemporaines
Le propos de Denisot mêle mémoire et prudence : il ne conteste pas l’existence d’inquiétudes sur les orientations du groupe mais souligne l’absence — selon lui — d’exemples concrets avancés dans la tribune qui justifieraient un langage aussi radical. Sa position est celle d’un témoin de longue date du milieu audiovisuel, prudent face aux accusations généralisantes et soucieux d’une sortie de crise moins conflictualisée.
La séquence illustre plus largement la difficulté à concilier la défense d’une liberté culturelle et la vigilance vis-à-vis d’éventuelles influences économiques ou politiques. Les débats qui ont suivi le Festival de Cannes montrent que la question dépasse les personnes concernées : elle touche à l’indépendance des rédactions, au financement de la culture et à la place des opinions dans les médias.
Enfin, la promotion du documentaire Mon Coluche à moi a fourni à Denisot une tribune médiatique pour rappeler un pan d’histoire souvent évoqué avec émotion dans le monde du spectacle. Sa mise en garde tient à la fois de la défense d’une parole mesurée et d’un souhait d’apaisement pour permettre des discussions constructives au sein du secteur.
Citation diffusée lors de l’entretien : « Si Vincent Bolloré a Canal+ aujourd’hui, c’est parce que Coluche l’a sauvé en 1985. Il peut donc lui dire merci. » (@michel_denisot face à @FogielMarcO dans #RTLMatin : Mon Coluche à moi, documentaire diffusé sur @TMCtv jeudi à 21h25).


