À 91 ans, Pierre Perret traverse une période de deuil et de retrait social, tout en maintenant une activité artistique intense. L’interprète des Jolies colonies de vacances prépare un nouvel album et enchaîne les sorties littéraires, mais refuse désormais les mondanités et privilégie le calme de sa fermette en Seine‑et‑Marne.
Un anniversaire marqué par le deuil et le travail
Le 9 juillet prochain, Pierre Perret fêtera ses 92 printemps. Cet anniversaire sera, selon le contexte, d’une saveur particulière : en janvier 2026, sa femme Rebecca est décédée à l’âge de 88 ans après une chute dans l’escalier en marbre d’un hôtel parisien. Les deux époux s’étaient mariés en 1962.
Pour tenter de surmonter cette épreuve, l’artiste confie qu’il « se noie dans le boulot ». Dans un entretien accordé à France Info le 8 mai 2026, il a expliqué : « Je viens tout juste de terminer une rafale de chansons. J’en ai une douzaine qui vont faire l’objet d’un album sur lequel je travaille depuis un peu plus de trois ans. » Le travail créatif apparaît ici comme un refuge et un exutoire.
Parallèlement à cette annonce, son actualité éditoriale reste chargée. Le 12 mars 2026, il a publié Mémé Anna, le troisième tome de ses mémoires (Mareuil Éditions), consacré à sa grand‑mère « abandonnée à la naissance, analphabète, battue, humiliée, mais jamais soumise », description reprise dans le livre.
Dans la même période, Pierre Perret a également diffusé quatre livres‑CD, dont deux titres cités : Mes femmes et Les enfants. Ces parutions confirment une activité soutenue, entre écriture, enregistrement et promotion, malgré le retrait progressif des scènes et des salons.
Nangis, un refuge entretenu depuis plus de 60 ans
Le lieu choisi pour ce retrait est une fermette restaurée à Nangis, en Seine‑et‑Marne, au sud‑est de Paris, située à environ 75 kilomètres de la capitale. C’est dans cette propriété, où il s’est installé il y a plus de 60 ans, que l’artiste a installé son quotidien et ses habitudes.
Au Parisien — Aujourd’hui en France, il décrit les travaux entrepris : « On a tout refait. Le sol était de la terre battue. Il n’y avait pas ces fenêtres, ni la véranda… Cela a pris trente ans ! » Ces rénovations, menées sur plusieurs décennies, ont transformé la ferme en un lieu familial chargé de souvenirs.
C’est là que ses jumeaux Anne et Alain ont grandi, ainsi que sa fille Julie, née en 1963 et décédée en 1995. La maison concentre donc des mémoires personnelles fortes. L’attachement au lieu explique en grande partie son choix de s’y retrancher : « Je ne sors plus nulle part. Je ne vais plus me promener », confie‑t‑il au Parisien, résumant sa volonté d’isolement volontaire.
Le quotidien de la fermette mêle activité physique et jardinage. Pierre Perret continue de faire quelques longueurs dans sa piscine extérieure et cultive un grand potager qu’il entretient avec soin. Dernièrement, il a installé un poulailler ; il indique que ses poules, nourries aux grains et aux herbes, pondent « une soixantaine d’œufs par jour ». Ce rythme de vie apparemment simple et proche de la terre semble lui convenir.
Entre la douleur du deuil et la vitalité de la création, l’auteur et chanteur montre une capacité à conjuguer mémoire et production artistique. Son actualité — sortie d’un troisième tome de souvenirs et préparation discographique — illustre ce va‑et‑vient entre retrait privé et présence médiatique maîtrisée.
Sans renoncer aux interviews ni à la promotion de ses ouvrages, Pierre Perret choisit désormais de limiter les sorties publiques. Il préfère laisser parler sa production : chansons, livres‑CD et mémoires occupent aujourd’hui l’espace de sa vie publique, tandis que sa fermette de Nangis reste le cœur de son intimité.


