Plus de quatre ans après la disparition de Bernard Tapie, son épouse Dominique Tapie est revenue sur les dernières semaines de sa vie dans le podcast Vyraje, animé par Sarah Bardin. Dans un extrait diffusé sur Instagram, elle livre un témoignage intime et troublant : à un moment où son mari était très affaibli par le cancer, il lui aurait demandé de « partir avec lui ». Un récit qui éclaire, dans une forme de confidence, l’extrême détresse qui a accompagné la fin de vie de l’ancien homme d’affaires.
Un aveu bouleversant pendant les derniers mois
Dominique Tapie décrit des journées devenues « particulièrement éprouvantes » au cours des derniers mois de la maladie de Bernard Tapie, atteint d’un double cancer de l’estomac et de l’œsophage. Selon elle, l’ex-ministre et homme d’affaires dormait très peu et alternait crises d’angoisse et impatience, tandis qu’elle-même, épuisée, tentait de l’apaiser et de le convaincre de se reposer.
Dans le podcast, elle raconte un moment précis, survenu environ deux mois avant le décès : « Allongés avec notre chien Babar entre nous, il m’a pris la main et m’a dit : ‘Dis‑moi, on y va ?’ » D’abord surprise, elle lui demande où ils iraient. Bernard lui aurait alors répondu : « Tu as compris, on y va là‑haut, mais tous les deux. Je ne peux pas partir tout seul. »
Face à cette demande, Dominique Tapie explique avoir immédiatement refusé et tenté de ramener son mari à la raison : « Je lui ai dit : ‘Mais Bernard, tu ne peux pas me demander ça.’ » Pour détourner l’attention et calmer son angoisse, elle aurait évoqué la présence de leur chien : « Si je ne suis plus là, qui va s’occuper de Babar ? » Cet argument, raconte‑t‑elle, aurait suffi à désamorcer l’instant.
Une scène qui marque la mémoire
Cette scène, souligne Dominique Tapie, est restée gravée dans sa mémoire. Elle en fait le symbole de la peur d’abandon qui rongeait son mari à l’approche de la mort. Le récit illustre aussi la proximité entre les deux époux et la manière dont la peur de la séparation a pu prendre une forme dramatique durant les derniers jours.
Dans l’entretien, Dominique Tapie évoque par ailleurs la nature de leur relation jusqu’au bout : une liaison qualifiée de « fusionnelle », marquée par l’amour mais aussi par des épisodes de jalousie, même dans l’intimité des soins et des visites médicales nocturnes. Elle rapporte une anecdote survenue quelques semaines seulement avant le décès, lorsqu’un médecin venait la nuit pour surveiller Bernard Tapie.
Selon elle, Bernard aurait lancé au praticien : « Qu’est‑ce qu’il fiche là, celui‑là ? » avant d’ajouter, avec son humour et son tempérament habituels : « Méfie‑toi, tu en as après ma femme. » Le médecin, d’après Dominique Tapie, se serait retrouvé décontenancé. Pour elle, cette remarque traduisait surtout l’incapacité de Bernard à envisager de la perdre : « L’idée de me laisser lui était insupportable », confie‑t‑elle avec émotion.
Le témoignage donne une image contrastée du personnage public que fut Bernard Tapie : médiatique et souvent combattu sur la place publique, il était aussi, dans l’intimité, un mari profondément attaché et effrayé par la perspective de la séparation.
Un partage publié sur Instagram
L’extrait de l’entretien a été rendu public via un passage partagé sur Instagram, ce qui a relancé l’attention du public sur ces derniers instants. Dominique Tapie y parle sans fard, alternant descriptions factuelles et confidences personnelles, comme pour tenter d’expliquer la complexité des émotions qui ont accompagné la fin de vie de son époux.
Dans ce récit, elle préserve les détails concrets — le lieu approximatif (le sud de la France), le chien Babar présent entre eux, la chronologie relative (environ deux mois avant le décès) — sans élargir ni extrapoler au‑delà de ce qu’elle a déclaré. Ces éléments permettent de saisir la réalité quotidienne d’un couple confronté à la maladie et à la question de l’accompagnement jusqu’au bout.
Ce témoignage, intime et chargé d’émotion, apporte un nouveau regard sur les derniers jours de Bernard Tapie et sur la manière dont la peur de la séparation peut se manifester lorsque la mort se rapproche. Il laisse aussi transparaître l’empreinte d’une relation longue de plus de cinquante ans, où l’attachement et la crainte de l’abandon se mêlent aux soins et aux gestes quotidiens.


