Le 4 mai 2026, Muriel Robin a été honorée d’un Molière d’honneur lors de la 37e nuit des Molières, une reconnaissance solennelle qui a visiblement ému la comédienne. La cérémonie, tenue à Paris, a été marquée par un hommage appuyé et des paroles chargées d’histoire, rappelant autant son parcours professionnel que des relations personnelles et artistiques complexes.
Une reconnaissance longtemps attendue
Lorsque Vincent Debienne a remis le trophée, son discours a profondément touché Muriel Robin. L’acteur a salué son enseignement scénique et son rapport au public en lançant : « Vous êtes mon maître, tant vous m’avez appris mieux que n’importe quel professeur de théâtre à jouer, à jouer vite, à rire, à faire rire, à travailler et à respecter le public ». Ces mots ont provoqué une vive émotion chez la lauréate, qui a laissé paraître ses larmes avant de prendre la parole.
Dans son allocution, Muriel Robin a confié combien ce moment lui tenait à cœur, évoquant ses rêves d’enfant à Saint‑Étienne : « Je suis très secouée, j’en ai rêvé de ce moment, quand j’étais chez moi à Saint‑Etienne, je regardais la télé et je voulais qu’on me reconnaisse, qu’on reconnaisse ma différence, qui j’étais… tout vient à point. D’où mon émotion très très très forte ». La récompense intervient après un long chemin où l’artiste a notamment fait part publiquement de son combat contre l’alcoolisme.
La remise du Molière d’honneur a aussi été le cadre d’un passage politique bref : Muriel Robin a témoigné de son opposition à l’introduction d’un « plaider‑coupable » en matière criminelle dans un projet de loi, propos qui ont été relayés en direct et partiellement repris sur les réseaux (voir la capture citée : pic.twitter.com/wyUukUjk5e).
Un hommage aux compagnons de route
Au cours de la cérémonie, Muriel Robin n’a pas manqué de rappeler les personnalités et proches qui ont jalonné sa carrière. Elle a cité Guy Bedos, décédé en 2020, ainsi que sa complice d’autrefois, Pierre Palmade, et sa femme, Anne Le Nen. L’évocation de ces noms a permis de tracer, en quelques phrases, le réseau de relations professionnelles et humaines qui a façonné son parcours.
Invitée le samedi 9 mai sur le plateau de Quelle époque !, Muriel Robin est revenue sur son discours et a précisé son lien avec Pierre Palmade. Interrogée par Léa Salamé sur la raison de sa mention, elle a répondu : « Si je ne cite pas Pierre Palmade, c’est que j’ai un problème de mémoire ». Elle a rappelé que leur collaboration avait été fondatrice : « Cette histoire commence avec lui, qui a co‑écrit avec moi. On a toujours co‑écrit, il m’a jamais rien écrit ». Dans le même entretien, elle a par ailleurs réparé un oubli en rendant hommage à une ancienne attachée de presse qui lui a été essentielle, Tony Krantz, décédée en 2011.
Silence et regrets autour de Pierre Palmade
Malgré la rupture et l’« terrible affaire » qui a affecté leur relation — expression reprise par Muriel Robin elle‑même — la comédienne n’a pas tari d’éloges à l’adresse de son ancien partenaire. « Tout ça c’est un gâchis monumental. Ce garçon a du génie, pour moi c’est le meilleur des auteurs », a‑t‑elle déclaré, insistant sur la perte artistique et humaine que représente la situation, tant pour la famille concernée que pour l’intéressé.
Sur la question d’un éventuel contact, Muriel Robin a répondu avec prudence : interrogée par Hugo Clément, elle a dit « j’oserais dire ‘pas encore’ au lieu de non ». Elle a tempéré cette distance par une forme de bienveillance : « C’est pas grave. S’il l’a entendu j’espère que ça a pu lui faire plaisir ». Ces formulations traduisent une ambivalence entre regret et volonté de ne pas en rajouter publiquement.
Les propos de Muriel Robin, à la fois personnels et professionnels, ont remis en lumière une histoire de création commune, mais aussi les conséquences d’événements privés ayant débordé sur la sphère publique. Sans apporter de nouveaux éléments factuels sur ces événements, ses mots ont servi à mesurer l’importance artistique de la relation et le sentiment de gâchis qu’elle en retire.
En filigrane, la soirée des Molières et l’interview qui a suivi montrent une artiste confrontée à la reconnaissance, au souvenir et à la complexité des liens humains. Muriel Robin en ressort comme une figure à la fois célébrée et intérieurement marquée par les chemins croisés de sa carrière.


