Après sept mois d’absence, Nicolas Demorand prépare un retour progressif à la radio, annoncé par la direction de France Inter. Le journaliste, qui s’était mis à l’écart pour des raisons de santé à la fin de 2025, s’apprête à reprendre le chemin de la Maison de la Radio et de la Musique avec un projet adapté à son rythme : un podcast intitulé Si besoin.
Une pause annoncée et expliquée
Fin 2025, France Inter indiquait simplement que son animateur « avait besoin de repos », sans donner davantage de détails sur son état de santé. En mars 2025, Nicolas Demorand avait toutefois levé le voile sur ses difficultés en publiant Intérieur nuit (éd. Les Arènes), où il révélait avoir été diagnostiqué bipolaire après « une décennie d’errance médicale ». Depuis cette publication, le journaliste était resté discret, laissant les auditeurs et la station attendre des nouvelles.
Jeudi 21 mai, la direction de France Inter a annoncé, selon Le Parisien, que le journaliste de 55 ans reprendrait progressivement ses activités en revenant aux locaux dès le lendemain. La direction précise que les messages de soutien des auditeurs n’ont pas cessé pendant son absence : « ils n’ont cessé de penser à lui », dit-elle.
Un retour mesuré : le choix du podcast
Nicolas Demorand ne retrouvera pas immédiatement la matinale qu’il animait depuis 2017. Pour éviter la pression d’une case quotidienne, il revient par un format différent : le podcast, premier de sa carrière. L’enregistrement a eu lieu vendredi 22 mai dans les studios de Radio France.
La directrice de France Inter, Céline Pigalle, a déclaré au Parisien que le journaliste « va mieux » et que le projet a été « bâti ensemble ces derniers mois ». Ce format audio, pensé « sur mesure », vise à permettre une reprise progressive en limitant les contraintes de la diffusion en direct chaque matin.
Si besoin sera disponible en téléchargement dès le mois de juin sur l’application Radio France, puis programmé à l’antenne de France Inter durant l’été. Selon la station, la série abordera « ce qu’il a vécu cette saison, son livre, ce qu’il a provoqué et ce qu’il reste à comprendre de la maladie mentale ». Le podcast prolonge ainsi la réflexion entamée dans Intérieur nuit, en la transposant dans un format sonore intime.
La maladie mentale au centre des échanges
Le contenu de Si besoin s’annonce résolument interactif et documentaire : Nicolas Demorand dialoguera avec des patients, des psychiatres et des personnes qui l’ont accompagné pendant sa convalescence. La station explique que « à mesure que son état s’est amélioré, il nous a semblé que c’était la forme la plus adaptée pour lui permettre de reprendre petit à petit le chemin de la radio et de renouer intimement avec les auditeurs ».
Cette approche témoigne d’une démarche prudente et assumée, visant à concilier la volonté de revenir à l’antenne et la nécessité de ménager sa santé. Dans son livre, l’animateur appelait déjà à « avancer sans se précipiter, avec lucidité sur ses propres limites » ; le déroulé de ce retour correspond à cette prescription personnelle.
Vers un retour complet à la rentrée ?
France Inter évoque la possibilité que Nicolas Demorand « retrouve pleinement l’antenne à la rentrée », sans préciser la forme que prendrait ce retour. La station et le journaliste ont préféré pour l’heure conserver une marge de manœuvre, privilégiant une reprise progressive plutôt qu’un retour brusque à la charge médiatique.
Ce scénario reste cohérent avec le parcours récent de Demorand : après une décennie d’errance diagnostique et une mise au point publique du problème de santé dans Intérieur nuit, le choix d’un format temporaire et moins exposé permet à la fois de poursuivre sa parole sur la maladie mentale et d’évaluer pas à pas sa capacité à assumer de nouvelles responsabilités à l’antenne.
Pour l’instant, les informations publiques disponibles indiquent donc un retour mesuré, centré sur le podcast Si besoin, une diffusion en juin sur l’application Radio France et une présence sur l’antenne de France Inter l’été suivant, avec une possible reprise plus large à la rentrée. Les éléments cités dans cet article sont tirés des communiqués de la station, du livre Intérieur nuit (éd. Les Arènes) et de la couverture du Parisien telle que rapportée par la direction de France Inter.


