Invité de l’émission 20h30 le dimanche sur France 2, le 31 mai 2026, Benoît Magimel a livré un entretien calme et posé, revenant sur plus de quatre décennies de carrière tout en évoquant un cambriolage qui l’a privé d’objets très personnels : ses César.
Des trophées volés, une réaction mesurée
Interrogé par Laurent Delahousse sur la disparition de ses récompenses, l’acteur, 52 ans, n’a pas caché la réalité des faits : « On me les a volés ! Je me suis fait cambrioler, ils me les ont tous pris. » Sa formulation, directe mais sans emphase, traduit à la fois l’agacement et la détermination. Il a ajouté : « Soit ils l’ont revendu au prix du poids, mais je ne sais pas ce qu’ils vont faire avec. J’ai mis des mecs dessus, on va essayer de les trouver. On va voir. »
Le cambriolage, largement relayé à l’époque par la presse, aurait concerné des biens estimés à 150 000 euros, selon les informations rapportées par plusieurs confrères. Au-delà de la valeur matérielle, la perte touche surtout des objets symboliques : des trophées qui incarnent des étapes fortes d’une carrière commencée à 12 ans et marquée par de multiples distinctions.
Farouchement attaché à ces symboles, Magimel ne paraît pas prêt à renoncer. Sa réaction combine pragmatisme et affect : il confie avoir engagé des démarches pour tenter de retrouver les statuettes plutôt que de les considérer comme définitivement perdues.
Un bilan de carrière posé et une sérénité retrouvée
Au fil de l’entretien, l’acteur a surtout dressé un bilan personnel et professionnel. Il a évoqué ses débuts à 12 ans, les périodes de questionnement de la trentaine et de la quarantaine, puis l’apaisement arrivé avec la cinquantaine. « 50 piges, c’est bien. On s’est débarrassé de tout ce qui encombre, le superflu, les doutes, les hésitations », a-t-il déclaré, décrivant un état d’esprit plus serein et sélectif dans ses choix de rôles.
Magimel confie désormais choisir « au feeling » et refuser ce qui lui semble invraisemblable. Cette approche transparaît dans son prochain projet, qui l’emmène vers un personnage historique exigeant et collectif plutôt que vers l’ego de la vedette.
Dans La Bataille de Gaulle, l’âge de fer, attendu en salles le 3 juin 2026, il incarne le général Koenig lors de la bataille de Bir-Hakeim en 1942. Séduit par la passion du réalisateur Antonin Baudry et par la densité humaine du personnage, il décrit Koenig comme un chef qui « emmène avec lui 3 800 hommes pour une mission suicide. Il y a beaucoup d’humanité en lui. Ils ne se voient pas comme des héros, ces mecs-là. »
Ce rôle illustre la manière dont Magimel sélectionne ses engagements : des personnages qui impliquent une responsabilité collective et qui offrent une épaisseur humaine plutôt que la simple célébration individuelle.
Entre image publique et vie privée
L’évocation du cambriolage a brièvement mêlé vie privée et image publique, rappelant que même des figures publiques très reconnues restent vulnérables aux atteintes matérielles et symboliques. Plutôt que de dramatiser l’événement, l’acteur a choisi d’en faire un point de situation pragmatique, annonçant des actions pour tenter de récupérer ses trophées.
Ce ton mesuré se retrouve dans l’ensemble de l’entretien : Benoît Magimel a alterné anecdotes de carrière, réflexions sur l’âge et descriptions de ses méthodes de sélection de projets, sans chercher à instrumentaliser l’épisode du vol pour susciter l’émotion.
À l’approche de la sortie de La Bataille de Gaulle, l’acteur apparaît apaisé et concentré sur son travail. Le cambriolage reste un épisode douloureux mais circonscrit : il n’a pas empêché Magimel de revenir sur son parcours avec lucidité ni de se projeter dans un rôle historique exigeant, au service d’une histoire collective.
Dans son propos, la franchise et la détermination dominent — que ce soit pour retrouver des objets volés ou pour choisir les batailles artistiques qu’il souhaite livrer à l’écran.


