Ce mercredi 13 mai 2026, le site d’investigation Mediapart publie le témoignage d’une masseuse, identifiée sous le prénom d’emprunt « Julia », qui affirme avoir été agressée sexuellement par Patrick Bruel lors d’un massage en 2019. L’information intervient alors que l’artiste, âgé de 66 ans, est présent sur les planches du Théâtre Édouard VII dans la pièce Deuxième Partie et s’apprête à entamer une tournée pour célébrer les 35 ans de son album Alors regarde.
Un dossier judiciaire qui s’étoffe
Les accusations qui pèsent aujourd’hui sur Patrick Bruel s’ajoutent à des plaintes déjà connues. Selon Mediapart, plusieurs femmes ont récemment évoqué des faits présumés s’étendant de 1991 à 2019. Le journal précise que, le mardi 12 mai 2026, « deux femmes se sont constituées partie civile contre le chanteur » devant le tribunal judiciaire de Nanterre : l’une pour une agression sexuelle datant de 2019, l’autre pour une tentative de viol en 2010.
La masseuse qui a accepté de parler à Mediapart affirme avoir d’abord porté plainte en 2020, plainte qui avait été classée sans suite. Face à ce classement, elle a décidé de déposer une nouvelle plainte « avec constitution de partie civile », selon le journaliste Vianey Lorin cité par le site d’investigation.
Les faits rapportés par la masseuse
Dans les extraits diffusés et relayés sur les réseaux sociaux, la plaignante décrit un comportement « très oppressant » de la part du chanteur tout au long de la séance de massage. Elle rapporte cette phrase, révélatrice selon elle de demandes explicites : « Il souhaitait des prestations sexuelles et plus particulièrement il voulait des massages au niveau de son anus. »
La victime présumée décrit aussi les conséquences personnelles et professionnelles de ce qu’elle relate : « Pour moi, cest un choc, il y a eu un impact autant professionnel que personnel. Mon corps ma lâchée, mon mental ma lâchée. » Ces mots traduisent, selon elle, la violence ressentie et l’emprise de l’expérience sur sa vie ultérieure.
Le témoignage de Julia s’inscrit dans un faisceau d’éléments qui a conduit plusieurs plaignantes à franchir le pas de la procédure judiciaire et à se constituer partie civile. Il appartient désormais à la justice d’examiner ces éléments et de déterminer leur pertinence pénale.
La réponse de Patrick Bruel et de ses avocats
Patrick Bruel, présumé innocent jusqu’à décision judiciaire, nie les faits qui lui sont reprochés. Il déclare n’avoir « jamais utilisé sa notoriété ou sa position pour obtenir des relations sexuelles », formulation qui figure dans la prise de position rendue publique à l’occasion de ces révélations.
Contactés par Mediapart, les avocats du chanteur, Maîtres Christophe Ingrain et Céline Lasek, ont en outre estimé que certains témoignages rapportés étaient « parfois contradictoires ou incohérents ». Ils ont ainsi mis en avant des points de fragilité dans la matérialité et la cohérence de certains récits.
Sur le plan pénal, la qualification et l’imputabilité des faits relèvent désormais de l’instruction et, le cas échéant, des audiences. Les procédures de constitution de partie civile et les classements initiaux de plaintes représentent des étapes distinctes du parcours judiciaire, qui peuvent évoluer au gré des investigations.
Contexte et retombées
L’affaire intervient alors que l’actualité artistique de Patrick Bruel est particulièrement visible : pièce de théâtre en cours et tournée annoncée pour commémorer un album marquant de sa carrière. Ce contexte médiatique accentue l’attention portée aux nouvelles accusations et renforce le débat public autour de la responsabilité des personnalités face à des allégations de nature sexuelle.
Il est important de rappeler que, selon le principe fondamental du droit français, toute personne mise en cause reste présumée innocente tant qu’une décision de justice définitive n’a pas été prononcée. La procédure judiciaire en cours doit permettre d’établir les faits, d’entendre les parties et, le cas échéant, d’organiser un débat contradictoire devant les juridictions compétentes.
Les éléments publiés par Mediapart, notamment le témoignage de 13 mai 2026 et la mention des deux constitutions de partie civile du 12 mai 2026, constituent pour l’heure des pièces d’information journalistique. Leur valeur probante sera appréciée par les magistrats saisis du dossier.
Aucune autre information vérifiée n’a été ajoutée à ce stade ; l’article se contente de rendre compte des déclarations publiées et des positions exprimées par les parties au moment de la parution de l’enquête de Mediapart.


