Invité du podcast Bangerz, Matthieu Delormeau s’est livré avec une rare émotion sur des thèmes intimes : culpabilité, addictions et protection de soi. À l’origine de cette confidence, un extrait d’une interview de Muriel Robin sur l’affaire Pierre Palmade — séquence forte qui a visiblement fait remonter chez l’ancien chroniqueur des souvenirs personnels et un souvenir jamais évoqué publiquement.
La séquence de Muriel Robin qui fait réagir
Durant l’émission, un extrait de Muriel Robin a été diffusé. L’humoriste y exprime sa peur et sa douleur après le dramatique accident impliquant Pierre Palmade : « C’est quelqu’un qui me fera toujours peur. J’aurais peur qu’il me fasse du mal. Il a besoin de faire du mal et souvent quand il n’est pas dans son état normal. Il avait ses démons. On l’a vu aller dans le mur, nous tous ses proches… ». Ces mots, empreints de détresse, traduisent la difficulté d’une amie face à la descente aux enfers d’un proche rongé par ses addictions.
Touché par cette intervention, Matthieu Delormeau — lui-même auteur d’un livre où il raconte son parcours et ses excès — est revenu longuement sur la question des ruptures nécessaires pour se protéger et sur la charge émotionnelle que représentent la culpabilité et la survie psychologique.
Un souvenir jamais raconté : le tsunami de 2004
Après avoir écouté Muriel Robin, Delormeau a partagé « un truc que j’ai jamais raconté ». Il a expliqué avoir été présent lors du grand tsunami en Thaïlande en 2004 et s’être retrouvé face à une scène qui l’a marqué à vie : « Tu te souviens du grand tsunami, la catastrophe en Thaïlande en 2004, j’y étais et j’ai failli y rester ». Évacué dans des camps de fortune, il relate la rencontre avec une femme en état de choc dont le témoignage l’a profondément bouleversé.
Selon son récit, cette femme lui a confié que lors du déferlement des eaux elle s’était retrouvée avec son enfant sous l’eau. Elle aurait tenté de le retenir « de toutes ses forces » mais, ne pouvant plus respirer, elle a ouvert les bras et lâché prise. Cette décision, prise dans l’extrême urgence, l’a ensuite hantée : « Toute sa vie, elle va vivre avec sa culpabilité d’avoir ‘tué’ involontairement son enfant. »
Delormeau raconte cet épisode sans sensiblerie mais avec la gravité d’un témoin qui a vu la détresse humaine face à des forces incontrôlables. Son propos illustre l’impact durable d’un acte instinctif accompli dans un contexte de survie — et la manière dont il peut être interprété ensuite par la conscience et l’entourage.
De la culpabilité à la nécessité de se protéger
À partir de cette anecdote, Matthieu Delormeau a engagé une réflexion plus large sur les mécanismes psychologiques liés à la survie et à la culpabilité. « Et le travail en psychiatrie, c’est de comprendre que la vie c’est ‘moi d’abord’. C’est humain, mais tu dois te protéger. » Pour lui, accepter que l’instinct prime parfois est une clé pour comprendre des ruptures relationnelles et des réactions de mise à distance.
Ses remarques rejoignent directement la décision de Muriel Robin de prendre ses distances après le drame lié à Pierre Palmade : couper les ponts peut apparaître comme un choix de préservation psychologique, même lorsqu’il s’agit d’un proche profondément aimé. Delormeau confesse aussi ses sentiments contradictoires : « Un moment donné, j’en voulais à mes amis avant, et je regrette. J’espère que je pourrai les revoir… », formulant ainsi le tiraillement entre colère, regret et désir de réconciliation.
Le témoignage de Delormeau, tel qu’il a été livré dans Bangerz, mêle souvenir personnel, analyse sur la psychologie de la survie et empathie pour les victimes de comportements autodestructeurs. Il rappelle que la gestion des addictions et des incidents dramatiques n’est pas seulement juridique ou médiatique : elle est profondément humaine et laisse des traces durables dans les vies de ceux qui regardent et de ceux qui vivent ces tragédies.
Sans tirer de grandes leçons moralisatrices, l’intervention de l’ancien chroniqueur met en lumière la complexité des réactions humaines face aux drames — entre instinct de survie, culpabilité et nécessité parfois inévitable de se protéger.


