Qu’est-il arrivé à Lyhanna le vendredi 29 mai, après la sortie de son collège à Fleurance (Gers) ? Agée de 11 ans, la collégienne a disparu ce jour-là et demeure introuvable, provoquant une vive émotion dans cette commune de 6 300 habitants, à l’ouest de Toulouse.
Chronologie et premières démarches
Selon les éléments rapportés, Lyhanna aurait passé la journée au collège avant de quitter l’établissement vers 15 heures, soit environ deux heures avant la fin officielle des cours. Inquiets de ne pas la voir rentrer à la maison, ses parents ont signalé sa disparition aux gendarmes vers 19 heures.
Peu après la déclaration, un témoin a affirmé avoir vu « la collégienne après sa sortie du collège dans le véhicule d’un homme ». Cet homme est désormais présenté comme le principal suspect. Identifié, il a été arrêté puis placé en garde à vue dans le cadre d’une enquête ouverte pour « enlèvement et séquestration de mineur de moins de 15 ans ».
Un suspect connu de la famille
Le suspect, âgé de 41 ans, est le père de Sofia, la meilleure amie de Lyhanna. Sa proximité avec la famille et la victime est au cœur des interrogations. Charly, la mère de Lyhanna, s’est exprimée au micro de BFM TV pour décrire la relation qu’entretenait sa fille avec cette famille et, plus particulièrement, avec l’homme mis en cause.
Elle explique que Lyhanna « le voyait tous les matins » en descendant du bus pour se rendre au collège et que « il apportait des goûters à Lyhanna tous les jours ». Cette fréquence de contact éclaire la raison pour laquelle la fillette, si elle connaissait effectivement cet homme, aurait pu accepter de monter dans son véhicule si on le lui avait proposé.
Souvenirs d’une soirée pyjama et paroles de la mère
Charly est également revenue sur une soirée pyjama organisée en début d’année scolaire chez Sofia, à laquelle Lyhanna avait participé. « Elle nous avait dit que le père s’était amusé à lui faire des chatouilles, qu’il avait pas mal joué avec elle », rapporte la mère. Interrogée sur d’éventuels gestes plus déplacés, la petite aurait, selon sa mère, « regardé un peu choquée sans trop comprendre de quoi on parlait » et répondu que non : « il avait juste joué avec elle comme un papa jouerait avec sa fille ».
Ces éléments, rapportés par la famille, soulignent la difficulté des proches à interpréter, dans l’urgence et la douleur, des gestes qui peuvent apparaître comme innocents ou, au contraire, inquiétants une fois le contexte changé par une disparition.
Une famille bouleversée
Émotion et inquiétude dominent le récit de Charly. Elle confie, en larmes, sa détresse : « Si c’est quelqu’un qu’elle connaît, oui, elle serait capable de monter dans la voiture s’il lui avait proposé de la ramener à la maison. Je pense que c’est ce qui s’est passé. »
Elle ajoute, évoquant l’absence de sa fille : « Ça fait deux nuits qu’elle n’est pas là, c’est la fête des mères aujourd’hui, c’est horrible ce qui se passe. Je rêve d’une chose, c’est qu’on la retrouve et que j’ai le droit à mon câlin de fête des mères comme tous les ans. »
Le maire de Fleurance, Grégory Bobbato, a pour sa part souligné que l’affaire « galvanise la population » et rappelé la stupeur ressentie dans une commune où un tel événement semblait jusque-là lointain : « Plus les jours passent, et plus c’est difficile. On a toujours l’impression que ça se passe ailleurs, chez les autres, à la télé, et aujourd’hui c’est à Fleurance. »
Les autorités poursuivent les investigations menées dans le cadre de la garde à vue et de l’enquête pour enlèvement et séquestration de mineur de moins de 15 ans. A ce stade, les éléments publics proviennent principalement de la famille et des premières déclarations aux forces de l’ordre ; plusieurs faits cités ici sont issus des témoignages transmis par les proches et d’informations relayées par les autorités locales.
La situation reste évolutive et fait l’objet d’une mobilisation des gendarmes ainsi que d’une attention soutenue de la population locale.


