Quinze ans après les faits, l’affaire Xavier Dupont de Ligonnès est revenue sur le devant de la scène mardi 2 juin 2026 dans l’émission Appel à témoins, diffusée sur M6 à 21h10. Le numéro, présenté par Julien Courbet, consacrait pour la première fois une partie entière au dossier du fugitif, aux côtés d’enquêteurs, de procureurs, d’avocats et de proches de victimes, dans le cadre d’un numéro spécial regroupant quatre affaires non élucidées.
Un élément inédit : une photo prise par une Tesla en 2025
Parmi les éléments présentés, M6 a diffusé en plateau une photographie prise en 2025 par une caméra embarquée de véhicule Tesla, montrant un homme dont la ressemblance avec le portrait connu de Xavier Dupont de Ligonnès a été jugée « troublante » par les intervenants. L’image a été projetée en direct et commentée par Julien Courbet, qui a rappelé la prudence : « Ce qu’on voudrait faire ce soir, ce n’est pas vous dire que c’est Xavier Dupont de Ligonnès, ça serait une bêtise sans nom. »
Sur le plateau, la photo a été soumise au jugement d’experts et d’invités, dont Gina Ranalli, cofondatrice de l’application Black-Track, et Gilles Galloux, ancien policier désormais à la retraite. Les intervenants ont relevé certaines similarités, tout en insistant qu’il ne s’agit pas d’une preuve. La diffusion a aussi mis en lumière un comportement remarqué sur les images : l’homme photographié aurait pris la fuite en traversant des champs au passage du véhicule Tesla, un détail qui a alimenté les questions mais ne vaut pas, à lui seul, qualification d’identification formelle.
Un portrait-robot « vieilli » par intelligence artificielle
L’émission a par ailleurs dévoilé un nouveau portrait-robot du fugitif, généré à partir du portrait public circulant depuis 2011 et vieilli à trois reprises via des outils d’intelligence artificielle. Ces images de vieillissement visent à donner une idée de l’apparence actuelle possible de la personne recherchée, mais les experts présents ont rappelé les limites de ce type de traitement, notamment face à des altérations volontaires du visage (botox, chirurgie) et aux variations naturelles liées à l’âge.
Gina Ranalli a souligné que « évidemment on n’affirme pas que c’est Xavier Dupont de Ligonnès. Maintenant, on a mis en lumière quelques ressemblances », ajoutant que, selon elle, des traitements cosmétiques peuvent modifier certaines particularités et « combler les signes de la vieillesse ».
La reconstitution d’un ancien enquêteur : une trajectoire jusqu’aux États‑Unis ?
Le cœur du dossier mis en avant par M6 reposait sur le travail de Gilles Galloux, ancien policier spécialisé dans les enquêtes cyber. Retraité, il dit avoir repris le dossier en détail et conteste l’hypothèse d’un suicide présumé dans le Var. D’après lui, plusieurs témoignages qu’il juge « fiables » situeraient Dupont de Ligonnès en région PACA après le 15 avril 2011, avec un parcours reconstitué jusqu’à Nice autour du 21 avril, puis une destination supposée : New York, évoquée comme première escale aux États‑Unis, pays que le fugitif connaissait pour y avoir séjourné auparavant.
Ces éléments, présentés comme des pistes et non comme des preuves, relancent l’hypothèse d’une cavale longue et internationale. L’émission a rappelé des zones d’ombre persistantes, comme la réservation d’un hôtel à Saint‑Nazaire quelques jours avant les crimes ou l’usage supposé d’une carte bancaire appartenant à un tiers pour des paiements dans un Formule 1.
Les auteurs et invités ont de nouveau appelé au témoignage : si quelqu’un se reconnaît sur la photo, ou a vu la scène montrée, il est invité à contacter l’émission. Le numéro mis en avant pendant la diffusion est le 0 800 10 11 21, et une adresse mail a été fournie : appelatemoins@m6.fr. L’émission a précisé qu’une call‑room sécurisée, portée par l’ARPD, était mobilisée pour recueillir des témoignages, y compris anonymes.
Ce que l’émission n’affirme pas
Julien Courbet et les intervenants ont systématiquement rappelé qu’aucun élément présenté ne constitue une preuve irréfutable de l’identité de l’homme photographié ou de la localisation actuelle du fugitif. L’émission a cherché à rouvrir des pistes et à susciter de nouveaux témoignages plutôt qu’à établir une conclusion définitive.
Le dossier Dupont de Ligonnès demeure entouré de zones d’ombre et de controverses, et les images comme les portraits‑robots servent surtout à orienter des investigations complémentaires. À ce stade, l’émission n’avance pas d’affirmation catégorique : elle expose des éléments susceptibles d’alimenter une enquête, tout en insistant sur la prudence quant à leur interprétation.
Mentionnée durant la diffusion, la nouvelle séquence et les images issues d’une Tesla en 2025 relanceront sans doute les débats et les recherches autour d’un des dossiers criminels les plus suivis en France depuis 2011.


