Procédure abandonnée : le coup de théâtre
Ce vendredi 17 avril, Gérard Depardieu a abandonné la procédure judiciaire qu’il avait engagée contre France Télévisions, mettant fin à une affaire très suivie depuis la diffusion d’un reportage en décembre 2023.
L’annonce, révélée par le groupe audiovisuel public, clôt une bataille judiciaire qui durait depuis près de deux ans. France Télévisions a salué le désistement dans un communiqué, estimant que cette décision « met fin à deux années de procédure, de polémiques et de fausses informations ayant gravement mis en cause la rigueur et le professionnalisme des équipes de Complément d’Enquête ».
Le documentaire à l’origine de la polémique
Tout a commencé avec le numéro de Complément d’Enquête intitulé La Chute de l’ogre, diffusé le 7 décembre 2023. Le reportage, produit par la société Hikari, compilait plusieurs éléments sur la trajectoire et l’image publique du comédien.
Parmi les séquences les plus commentées figurait un court extrait tourné en 2018 dans un haras lors d’un voyage en Corée du Nord. Sur ces images, Gérard Depardieu prononçait des propos que de nombreux téléspectateurs et médias ont jugés inappropriés, la séquence montrant au même moment une fillette à cheval.
La diffusion de cet extrait avait déclenché une vive émotion et relancé le débat autour des comportements reprochés à l’acteur dans d’autres dossiers. Face à la polémique, France Télévisions avait fait authentifier la séquence par un huissier, soutenant qu’il n’y avait « aucun doute et aucune ambiguïté » sur le fait que les propos visaient bien la jeune fille à l’écran.
Des accusations de montage et une riposte judiciaire
Furieux, Gérard Depardieu avait contesté la présentation de ces images, parlant d’un « montage illicite » et estimant que la séquence diffusée ne reflétait pas fidèlement la réalité. Sa démarche visait à mettre en cause Hikari et France Télévisions, qu’il accusait d’avoir altéré le contexte pour des raisons sensationnalistes.
L’affaire a connu plusieurs rebondissements judiciaires : demandes de communication de rushs, ordonnances et expertises ont ponctué la procédure. Le tribunal judiciaire de Paris avait notamment ordonné la communication de certains enregistrements et une expertise avait été demandée pour déterminer, le cas échéant, l’existence d’un montage.
Parallèlement, la controverse a pris une dimension médiatique et politique, suscitant prises de parole publiques et réactions d’organisations professionnelles soucieuses de défendre le travail d’investigation.
Que change le désistement ?
Le désistement de l’acteur met fin à la procédure civile engagée contre le groupe public. Concrètement, cela signifie que Gérard Depardieu renonce à poursuivre France Télévisions dans ce volet précis du litige.
France Télévisions, dans son communiqué, a rappelé la pression et la portée médiatique du dossier, et s’en est réjouie en réaffirmant la défense du travail réalisé par les équipes de Complément d’Enquête.
Du côté du camp du comédien, le désistement ne supprime pas pour autant l’ensemble des contentieux ou des débats d’opinion entourant l’affaire : d’autres procédures ou accusations parallèles, distinctes de ce dossier particulier, restent indépendantes de ce retrait.
Un dossier qui a marqué l’opinion
Depuis sa diffusion, le reportage de décembre 2023 a nourri de nombreuses discussions sur la responsabilité des médias, la méthode du montage et la manière de traiter des personnalités publiques mises en cause. Les protagonistes ont opposé leurs versions : la défense de l’acteur a dénoncé une manipulation, tandis que la production et France Télévisions ont maintenu la réalité et l’authenticité des images.
L’évolution judiciaire — authentification par huissier, demandes de rushs et expertises ordonnées — avait déjà montré la complexité du dossier. Le désistement constaté le 17 avril ouvre une nouvelle page, mais sans effacer les débats et les réactions soulevés par le reportage.
Mention dans l’article source : France Télévisions s’est félicité du désistement, et la diffusion d’un extrait du documentaire en décembre 2023 avait provoqué une onde de choc. Un message relayé notamment par franceinfo et repris sur les réseaux sociaux (ex. : https://t.co/TCD0kJn8mU).


