Avant de monter les célèbres marches du Palais des Festivals, Helena Bailly a accepté de se confier à Brut. L’entretien, franc et sans fioritures, dessine les coulisses moins glamour d’un événement souvent présenté comme un instant de pure magie.
Préparatifs et inspirations : choix maîtrisés malgré les complexes
Ancienne candidate de la Star Academy, Helena Bailly est aujourd’hui une figure montante de la scène musicale française. Pour cette nouvelle venue à Cannes — à l’occasion de la projection du film Karma de Guillaume Canet, avec Marion Cotillard en premier rôle — la chanteuse explique avoir préparé son look avec soin. Elle dit avoir consulté Pinterest pour affiner coiffure, maquillage et manucure : « Vraiment, s’il n’y avait pas Pinterest, je ne sais pas comment on trouverait des inspis », confie-t-elle en riant.
Helena évoque sans détour ses choix stylistiques et les complexes qu’ils peuvent révéler. À propos d’une robe portée l’année précédente, elle raconte : « robe hyper moulante où on voyait toutes [mes] formes et donc certains de [mes] complexes ». Elle ajoute aussitôt : « Je l’ai fait et je me trouvais très jolie dans cette robe et dans ce glam. » Pour l’édition courante, la chanteuse visait un chignon travaillé, « ni trop tiré ni trop lâché », avec quelques mèches pour encadrer le visage — une décision pratique autant qu’esthétique puisqu’elle précise : « Pas trop parce qu’il y a du vent. »
Sur le plan artistique, elle cite des influences proches et, professionnellement, la chanteuse suédoise Zara Larsson, appréciée pour sa capacité à enchaîner « une choré, un buzz, les bonnes chansons, la bonne DA au bon moment ».
Le revers du tapis rouge : anonymat et regards qui se détournent
Malgré la préparation et l’attente, Helena ne cache pas une réalité moins reluisante du tapis rouge : l’anonymat, parfois total. « Parfois il n’y a pas de regard. Parfois, tu n’es personne. Vraiment parfois, les gens sont en mode : ‘Allez, avance’. Et ça, on n’en parle pas assez », confie-t-elle, soulignant une expérience que peu d’invités évoquent en public.
Elle illustre son propos par une anecdote marquante survenue l’an passé. Alors qu’elle progressait sur le tapis, Tom Cruise est arrivé juste derrière elle pour la promotion d’un épisode de Mission : Impossible. Résultat ? Une « aspiration totale et immédiate de tous les regards ». Helena restitue la scène avec humour et recul : « Là, vraiment, je peux te dire que tous les regards ont fait ‘nion’ et je n’existais plus. »
Plutôt que de dramatiser, la jeune artiste prend cet épisode avec philosophie. Elle reconnaît la force d’attraction des superstars internationales et envisage que la situation pourrait se reproduire, sans pour autant laisser cet épisode définir son rapport au festival.
Regarder au-delà du glamour : confiance et résilience
Le récit d’Helena Bailly met en lumière deux dimensions opposées du tapis rouge : la quête de beauté et l’épreuve de l’attention publique. D’un côté, la préparation minutieuse — la robe, le chignon, les inspirations Pinterest — traduit une volonté d’être vue et de maîtriser son image. De l’autre, la possibilité de passer inaperçu souligne la fragilité de cette visibilité quand des figures plus établies entrent en scène.
En filigrane, Helena défend l’idée que l’élégance tient autant à la confiance en soi qu’à la tenue. Son témoignage rappelle que, derrière les paillettes, les invités vivent aussi des moments d’incertitude. Plutôt que de s’enfermer dans la plainte, elle choisit la lucidité et l’humour — des armes qui, pour elle, sont indispensables sur ce tapis où tout peut basculer d’un instant à l’autre.
Le court récit accordé à Brut offre ainsi un regard plus nuancé sur le Festival de Cannes : un lieu de célébration du cinéma, certes, mais aussi un espace où la hiérarchie des regards peut, en un mouvement collectif, effacer une présence. Helena Bailly en ressort plus décidée, consciente de ses complexes, mais prête à les affronter au prochain passage sous les projecteurs.
Mentionnés dans cet article : Star Academy, Brut, Pinterest, Zara Larsson, Tom Cruise, Mission : Impossible, Guillaume Canet, Marion Cotillard.


