À Cannes, Lukas Dhont consacre la projection de Coward à Émilie Dequenne et révèle l’influence intime de l’actrice sur son travail

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Le réalisateur Lukas Dhont a choisi de dédier la projection de son nouveau film Coward à l’actrice Émilie Dequenne, décédée en mars 2025. La séance, organisée dans le cadre de la 79e édition du Festival de Cannes, s’est tenue le vendredi 22 mai 2026 et a été suivie d’un long applaudissement avant que Dhont ne prenne la parole pour rendre hommage à celle qui l’a accompagné artistiquement.

Un hommage prononcé sur la Croisette

À l’issue de la projection, le réalisateur a déclaré au public : « Je souhaite dédier cette projection à Émilie Dequenne. » Interrogé ensuite par Brut, il est revenu sur leur collaboration et l’influence de l’actrice sur son travail : « J’ai pu faire mon deuxième film avec elle. Elle m’a beaucoup appris. C’est une femme hyper courageuse, inspirante, une guerrière. J’ai écrit ce film avec sa présence, quand même mentale en moi. Et c’est pour ça que c’était important de lui dédier cette projection. » Ces propos, prononcés devant la salle cannoise, ont été accueillis avec une émotion perceptible dans la salle.

Lukas Dhont est venu à Cannes défendre Coward, présenté en compétition officielle. Sa décision de rendre hommage à Émilie Dequenne souligne l’empreinte laissée par l’actrice sur son parcours artistique, notamment lors de leur précédente collaboration sur Close.

Souvenirs partagés et moments forts

Émilie Dequenne avait, par le passé, été très présente sur la Croisette. Elle avait foulé le tapis rouge aux côtés de Léa Drucker, Lukas Dhont et les jeunes acteurs Eden Dambrine et Gustav De Waele, venus défendre Close. Plus récemment, en 2024, elle avait marqué les esprits par son courage : apparue avec le crâne rasé, sept mois après avoir annoncé lutter contre une forme rare de cancer, elle affichait un visage souriant et déterminé au bras de son mari, l’acteur Michel Ferracci, et avait fait part d’une rémission.

Ces images, entre détermination et fragilité, avaient profondément touché le public et la profession. La disparition d’Émilie Dequenne en mars 2025 avait ensuite suscité de nombreux hommages, sur la scène internationale comme en Belgique, son pays natal.

Un hommage prolongé en Belgique

En mars 2026, à l’occasion de l’anniversaire de sa disparition, l’actrice a été rappelée lors de la cérémonie des « René », souvent présentée comme les « Oscars belges ». L’artiste Vincent Solheid a réalisé en direct un dessin la représentant sur un nuage et l’a fait s’exprimer par une bulle : « Et quoi ? Vous avez changé de nom ? »

Le mari de l’actrice, Michel Ferracci, a réagi avec émotion à cet hommage. S’adressant à l’artiste, il a expliqué : « C’est tellement ce qu’elle doit se dire ! C’est comme si vous lisiez dans ses pensées là où elle est. Elle doit être heureuse de voir que tout le monde pense encore à elle. » Ces mots reflètent la manière dont proches et collègues continuent de célébrer la mémoire d’Émilie Dequenne.

La profusion d’hommages souligne la place particulière que l’actrice occupait dans le cinéma francophone. Sa présence à l’écran et son franc-parler hors caméra ont laissé une empreinte durable, tant pour son public que pour les réalisateurs qui ont travaillé avec elle.

Présence, influence et mémoire

Le geste de Lukas Dhont — dédier la projection de Coward à Émilie Dequenne — se lit comme la reconnaissance publique d’une influence artistique. Dans ses déclarations, Dhont a insisté sur l’apprentissage qu’il a tiré de leur collaboration et sur la « présence mentale » de l’actrice lors de l’écriture de son film. Sans prétendre remplacer les mots par des images, son hommage souligne combien les rencontres professionnelles peuvent continuer d’alimenter la création après la disparition d’un.e compagnon.ne de tournage.

Sur la Croisette, le geste de Dhont a eu valeur de rappel : au-delà du battage médiatique autour des compétitions et des tapis rouges, le festival reste un lieu où se racontent aussi des histoires de fidélité artistique et de transmission. Les applaudissements qui ont accompagné la dédicace témoignent de l’émotion partagée par la profession et le public.

Émilie Dequenne, dont la carrière comptait plusieurs rôles marquants et une forte visibilité sur la scène belge et française, continue d’être évoquée par ceux qui l’ont connue et aimée. Les hommages récents — à Cannes comme en Belgique — montrent que sa mémoire reste vive, à la fois dans les salles et dans les cœurs.

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