Ce 20 mai 2026, Vincent Lacoste retrouve la Croisette. Présenté dans la section Cannes Première, Mariage au goût d’orange, le nouveau film de Christophe Honoré, figure parmi les œuvres attendues du Festival de Cannes 2026. Inspiré de la vie du réalisateur et projeté hors compétition, ce drame familial situé à la fin des années 1970 marque la réunion à l’écran de Lacoste avec Adèle Exarchopoulos.
Un acteur fidèle aux mêmes collaborations
Le duo Lacoste–Exarchopoulos n’en est pas à son coup d’essai : Mariage au goût d’orange est leur cinquième long métrage ensemble après Fumer fait tousser (2022), Élémentaire (2023), Un métier sérieux (2023) et L’Amour ouf (2024). Cette fidélité artistique accompagne la trajectoire d’un comédien devenu incontournable de sa génération.
Mais loin des tapis rouges et des interviews, Vincent Lacoste cultive une habitude intime et singulière : il ramène parfois chez lui des fragments du cinéma — des objets de décor, des costumes, parfois des meubles. Ces souvenirs de tournage alimentent un intérieur à la fois pragmatique et cinéphile.
Canapé, lampe, vêtements : le goût du récup’ sur les plateaux
Révélé adolescent par Les Beaux Gosses, Lacoste a expliqué lors de la promotion d’Élémentaire en 2023 qu’il gardait « des fois. Des habits. J’ai une lampe, une belle lampe. » La formule, simple et légère, trahit une nostalgie pour les moments partagés sur un tournage.
Il confiait aussi, avec amusement : « Moi je garde souvent des trucs. Dès que je peux récupérer quelque chose ! » Ces mots résument une pratique qui n’est pas uniquement décorative : elle matérialise des liens tissés avec des équipes et des personnages, et prolonge l’expérience de jeu au-delà du plateau.
Dans son appartement, les éléments récupérés cohabitent avec des pièces plus ordinaires. Une lampe trouvée sur un tournage peut jouer le rôle d’objet fétiche tandis que des vêtements de costume peuvent finir rangés dans un placard. Parfois, ce sont des meubles entiers qui changent de main et deviennent éléments de décor personnel.
Le canapé de Victoria : un souvenir devenu anecdote
Parmi les anecdotes les plus remarquées, Vincent Lacoste a raconté avoir conservé longtemps « le canapé de l’affiche de Victoria », le film de Justine Triet sorti en 2016, dans lequel il jouait aux côtés de Virginie Efira. Ce film, important dans la carrière de la réalisatrice, est devenu un jalon dans la filmographie de plusieurs de ses interprètes.
« J’avais gardé un canapé un jour. Le canapé de l’affiche de Victoria, je l’avais gardé », expliquait-il, mêlant fierté et détachement. Le meuble, qualifié d’objet presque collector, n’a toutefois pas traversé le temps : « Mais je ne l’ai plus maintenant », précisait l’acteur, sans donner davantage de détails.
Cette petite disparition illustre la fragilité des souvenirs matériels. Certaines pièces résistent, d’autres s’effacent. Pourtant, chaque objet récupéré reste, au moins un temps, le témoin tangible d’un moment professionnel partagé.
Un intérieur qui dit quelque chose du comédien
L’ensemble de ces pratiques dessine une esthétique moins construite que vécue : un mélange d’objets trouvés, de costumes et d’accessoires glanés au fil des années. L’intérieur de Lacoste peut se lire comme un musée intime où chaque pièce raconte une histoire de tournage, une rencontre, une émotion.
Ce rapport au décor et aux objets s’accorde avec l’image publique de l’acteur, souvent décrit comme une « anti-star » : peu porté sur le paraître, il attache davantage d’importance aux sensations et aux expériences qu’il traverse. Emporter un élément de décor chez soi revient à prolonger ces sensations.
À Cannes, alors que la lumière des projecteurs se tourne vers Mariage au goût d’orange, on peut imaginer l’acteur regagnant ensuite son appartement où le cinéma continue d’habiter l’espace quotidien. Ces fragments de tournage ne prétendent pas à l’ostentation ; ils témoignent d’un rapport sensible et discret au métier.
Si certaines anecdotes ont été rapportées dans des interviews et lors de promotions comme celle d’Élémentaire en 2023, l’essentiel de ces confidences relève d’un ton personnel. Elles n’ont pas vocation à dresser un inventaire exhaustif, mais plutôt à révéler une manière intime d’habiter le travail d’acteur.
Sur la Croisette ce 20 mai 2026, Vincent Lacoste poursuit sa route professionnelle avec un nouvel opus à son actif et, derrière la façade publique, un intérieur façonné par les traces matérielles de sa carrière.


