À la veille de la grande finale de l’Eurovision 2026, qui se tient samedi 16 mai à Vienne et sera retransmise en direct sur France 2, Stéphane Bern a pris position contre les appels au boycott visant la participation d’Israël. Dans un entretien accordé à Télé Star, le commentateur, qui animera la diffusion pour la douzième fois aux côtés de Camille Cerf, appelle au calme et à la préservation du concours en tant qu’espace culturel et de tolérance.
Un concours embrassé par la géopolitique
Cette édition de l’Eurovision se déroule dans un contexte géopolitique particulièrement tendu, rappelle Puremédias. Plusieurs pays emblématiques de la compétition — l’Espagne, l’Irlande, les Pays-Bas, l’Islande et la Slovénie — ont annoncé leur retrait en signe de protestation contre la présence d’Israël, faisant de cette édition l’une des plus boycottées de l’histoire du concours. Trois de ces pays ont en outre choisi de ne pas diffuser la finale, et des appels au boycott ont circulé à travers l’Europe auprès du grand public.
Face à cette politisation, Stéphane Bern manifeste un malaise clair. Il estime qu’il est délicat de mêler les artistes à des enjeux politiques : « Je trouve toujours délicat de mêler les artistes à ces enjeux politiques. Israël participe avec une chaîne publique qui peut être critique envers son gouvernement. À mon sens, il vaut mieux encourager les voies démocratiques. »
« Un espace de tolérance » : la défense du présentateur
Pour l’animateur, l’Eurovision doit garder son statut de scène ouverte aux expressions culturelles diversifiées. Il rappelle l’ampleur du concours, suivi selon lui par près de 200 millions de personnes, et souligne l’esprit de service public qui sous-tend l’émission. « C’est un espace de tolérance : on y a vu des artistes transgenres, Conchita Wurst, des cultures très diverses… C’est une scène ouverte, qui autorise toutes les libertés, avec des musiques populaires. »
Stéphane Bern évoque également l’évolution du spectacle au fil des décennies, citant la venue de têtes d’affiche internationales depuis 2015, comme Madonna ou Justin Timberlake, pour illustrer la capacité du concours à rester visible sur la scène mondiale. Il réfute l’idée que l’Eurovision soit « dépassé » ou « ringard » et avance que la musique peut relier et parfois réconcilier des peuples et des nations.
Il prend pour exemple des dynamiques régionales : la participation continue de pays issus de l’ex-Yougoslavie, ou la présence conjointe de la Tchéquie et de la Slovaquie, secteurs qu’il associe à un rapprochement facilité par la scène musicale. Ces éléments sont avancés pour défendre la nature transnationale et apaisante de l’événement.
La France et Monroe : un pari de cœur
Sur le plan artistique, Stéphane Bern et Camille Cerf commenteront la finale depuis leur cabine. Ils soutiendront notamment la candidate française Monroe, révélée au grand public après sa victoire en janvier 2025 lors de la onzième saison de Prodiges, le télé-crochet présenté par Faustine Bollaert sur France 2 et dédié aux jeunes virtuoses de la musique classique.
Monroe défendra la France avec la chanson « Regarde », présentée le 6 mars dernier et décrite depuis comme « un hymne à l’amour ». Malgré une baisse dans les pronostics des bookmakers à l’approche de la finale, Stéphane Bern affiche une confiance affichée pour la représentante tricolore : « Je le sens super bien. En plus, Monroe a ce côté très français, mais aussi ce côté très ‘show à l’américaine’ qui, je pense, est parfait pour l’Eurovision. »
Le présentateur souligne aussi un fait remarqué : Monroe est la plus jeune candidate à avoir jamais représenté la France au concours, une donnée qui alimente l’enthousiasme autour de sa prestation et le récit médiatique qui l’entoure.
La finale de l’Eurovision 2026 promet donc d’être à la fois marquée par des enjeux politiques et attentive aux performances artistiques. Stéphane Bern choisit de placer la musique et la tolérance au centre du débat, tout en rappelant l’importance de privilégier les voies démocratiques lorsque des différends nationaux sont en jeu.


