Ancien international et champion du monde, Robert Pirès a troqué le maillot pour la blouse le temps d’une visite marquante à l’Institut de myologie de l’hôpital de la Salpêtrière, à Paris. L’ex-milieu des Bleus, connu pour ses succès en Premier League et en Coupe d’Europe, s’est rendu sur place en compagnie du créateur de contenu Tony Czech, pour mieux comprendre la maladie de Charcot, dite SLA, et soutenir la préparation d’un événement caritatif.
Immersion au cœur des laboratoires
Accueillis par Jean-Yves Hogrel, chercheur présent à l’Institut depuis trente ans, Pirès et Tony Czech ont été guidés dans le laboratoire de physiologie et d’évaluation neuromusculaire. Le but de la visite, expliquent les organisateurs, était d’offrir une immersion pédagogique sur une pathologie neurodégénérative qui paralyse progressivement les muscles et touche aujourd’hui 8 000 Français.
La démonstration s’est faite autour d’un dynamomètre, outil servant à mesurer la force de préhension. Pour rendre la visite plus concrète, le chercheur a proposé un concours : qui serrerait l’appareil le plus fort ? « La force est proportionnelle à la taille de la main. Grosse main, grosse force », a-t-il plaisanté, provoquant les rires des visiteurs. Robert Pirès, ancien champion du monde 1998, a obtenu un score de 57,94 kilos, un résultat jugé flatteur mais qui a pris une résonance particulière lorsque le chercheur a précisé que certains patients atteints de la SLA n’atteignent plus que 500 grammes.
La comparaison, brutale, a souligné l’écart entre la force préservée d’un sportif et la faiblesse extrême induite par la maladie. Jean-Yves Hogrel a rappelé qu’à ce jour les mécanismes déclencheurs restent inconnus : « Ça peut arriver à n’importe qui, en général après 50 ans, et surtout des hommes. » Face à cette mise en perspective, Robert Pirès a réagi spontanément : « Pas très rassurant, moi j’ai 52 ans ! »
Des pistes de recherche et un message d’espoir
La visite s’est poursuivie dans un autre laboratoire où Bruno Cadot, directeur de recherche, a présenté des travaux suggérant que le muscle pourrait jouer un rôle initateur dans l’apparition des défauts associés à la maladie de Charcot. « Il est fort probable que le muscle soit un initiateur des défauts associés à la maladie de Charcot », a-t-il expliqué, une hypothèse qui oriente certains axes de recherche et ouvre des pistes sur la physiopathologie de la maladie.
Ces explications, à la fois techniques et didactiques, ont servi à rappeler l’urgence et l’importance du financement de la recherche. Elles apportent aussi un message nuancé : s’il existe encore beaucoup d’inconnues, les équipes poursuivent des voies d’investigation susceptibles, à terme, d’améliorer la compréhension et la prise en charge de la SLA.
Un match caritatif pour financer la recherche
Cette journée de sensibilisation s’inscrit dans la préparation du « Match des Héros », prévu le 31 mai au stade Geoffroy-Guichard à Saint-Étienne. Les recettes de l’événement seront intégralement reversées à l’Institut de myologie pour soutenir la recherche sur la maladie de Charcot.
Sur la pelouse du stade, l’AS Saint-Étienne affrontera une équipe de personnalités lors d’une rencontre affichant un double objectif : récolter des fonds et rendre hommage. L’événement commémorera notamment Georges Bereta, ancienne gloire stéphanoise et internationale française, décédé de la maladie de Charcot il y a trois ans.
Robert Pirès, visiblement touché par ce qu’il venait de découvrir, a confié : « Pour moi, ce sera un plaisir d’aller à Saint-Étienne. » Tony Czech a quant à lui lancé un appel aux supporters : « On espère vous voir nombreux au stade. »
La visite a été couverte par un reportage de ICI Île-de-France et a été relayée sur les réseaux sociaux, notamment via un message contenant une vidéo : https://t.co/qQPv94ptsz (tweet avec vidéo).
Au terme de cette immersion, le message est clair : conjuguer visibilité médiatique et collecte de fonds reste essentiel pour accélérer la recherche. L’engagement de personnalités comme Robert Pirès vise à sensibiliser le grand public à une maladie encore mal comprise, et à mobiliser les moyens nécessaires pour la combattre.


