Invité de Marc-Olivier Fogiel sur RTL le lundi 25 mai 2026, Jean‑Louis Aubert a été interrogé sur la polémique entourant Patrick Bruel, accusé par plusieurs femmes de violences sexuelles et qui s’apprête à lancer une tournée célébrant les 35 ans de son album Alors regarde. Confronté aux réactions de certains élus locaux demandant à l’artiste de se mettre en retrait, le chanteur de Téléphone a livré une prise de parole hésitante et introspective.
Une réponse prudente et personnelle
Interrogé sur la position que devraient adopter ses pairs ou les autorités locales, Jean‑Louis Aubert a concisément résumé son état d’esprit par un simple « Je ne sais pas ». Il a ensuite ajouté : « Il doit y avoir une guerre intérieure avec lui‑même ». Cette formulation traduit la difficulté, pour un collègue artiste, à trancher publiquement entre solidarité professionnelle, présomption et empathie envers les victimes.
Aubert a précisé qu’il comprenait les préoccupations des maires ayant pris position : « Les maires sont là pour lui conseiller certaines choses ». Mais il a insisté sur ses limites personnelles : « Ce n’est pas à moi de lui conseiller quoi faire ». Dans un registre plus empathique envers les personnes lésées, il a souligné que « c’est quand même très compliqué pour les victimes » et rappelé qu’il n’était pas en mesure de « connaître le fond des choses ».
Autocritique et mise en perspective
Au-delà du cas Bruel, l’échange sur RTL a permis à Jean‑Louis Aubert d’évoquer ses propres réflexions et erreurs passées face à la célébrité. Se montrant lucide et sans complaisance, il a reconnu avoir « été très excessif, mais de manière indépendante, bien avant que ce milieu le soit en groupe ». Cette confession, prononcée alors qu’il revient sur des décennies de carrière et de notoriété, illustre une prise de distance : l’artiste admet des comportements qu’il qualifie désormais d’excessifs.
Il a aussi affirmé percevoir des évolutions positives : « l’époque change et il y a de bons côtés à ça ». Par ces mots, Aubert évoque implicitement les transformations du milieu culturel et des rapports de pouvoir, en laissant entendre que la parole et les mécanismes de sanction ou de mise en lumière des faits ont gagné en transparence au fil des années.
Sur un plan plus intime, le musicien a livré une réflexion générale sur la condition masculine en déclarant, sans viser qui que ce soit précisément : « Parfois, les hommes sont très cons ou cuculs et ils l’ont été longtemps. Je ne sais pas par quelle chance j’ai en partie échappé à ça. J’aurais pu être très con aussi malheureusement ». Cette phrase mêle autodérision et conscience des dynamiques de comportement qui ont pu prévaloir durant des décennies dans certains milieux.
La séquence a également permis de rappeler un point factuel : Jean‑Louis Aubert et Patrick Bruel ont longtemps partagé des engagements collectifs, notamment via leur participation aux Enfoirés. Cette proximité professionnelle passée alourdit la posture d’Aubert, qui doit, selon ses mots, « se tenir » entre souvenirs communs et nécessité d’écouter les victimes.
La déclaration prononcée sur RTL s’accompagne d’un extrait partagé sur les réseaux : « Affaire #Bruel : ‘Il doit y avoir une guerre intérieure avec lui‑même’ @Aubertofficiel face à @FogielMarcO dans #RTLMatin pic.twitter.com/5UG5Xal961 ». La diffusion de ce bref passage a contribué à relancer la conversation publique autour de la position des artistes face aux accusations pesant sur l’un des leurs.
Sur le plan local, la venue de Jean‑Louis Aubert à Villes‑sur‑Auzon ce même lundi 25 mai 2026 — pour un concert en soutien à la réouverture de l’église du village, fermée depuis un an — rappelle que, pour les artistes en tournée, la pression médiatique coexiste avec des engagements culturels et humanitaires de proximité. L’artiste s’est rendu présent sur scène dans un contexte où la question morale et la question artistique se télescopent.
En définitive, la position d’Aubert se veut prudente, personnelle et marquée par l’autocritique : il refuse de se substituer aux enquêtes et aux décisions des élus tout en reconnaissant la complexité de la situation pour les victimes. Son propos témoigne d’une époque où la parole se libère et où les artistes, pris entre solidarité et exigences éthiques, cherchent une posture qui ne soit ni démissionnaire ni expéditive.


