L’affaire autour des photos de Charles Alloncle et de sa collaboratrice parlementaire Shéhérazade Khandani prend une dimension politique et médiatique majeure. Publiées début mai, ces images ont été au centre d’une controverse relancée le vendredi 22 mai 2026, lorsque Mme Khandani a choisi de s’exprimer publiquement via un communiqué transmis à l’émission TBT9, présentée par Cyril Hanouna.
Les faits et la diffusion des clichés
La polémique a débuté après la publication des photos par Paris Match, qui montrait le député UDR Charles Alloncle en compagnie de Shéhérazade Khandani. Le magazine a d’abord titré ces clichés comme un « moment de détente parisienne pour Charles Alloncle et sa compagne », puis a modifié le titre quelques heures plus tard pour évoquer « une amie ». Ce changement a alimenté les interrogations sur la nature exacte de leur relation et sur la pertinence du qualificatif employé.
Ces images ont ravivé un point de droit : depuis 2017, la loi interdit à un parlementaire d’employer comme collaborateur son conjoint, son partenaire de PACS ou son concubin. La question de savoir si la situation du député peut tomber sous cette interdiction a été posée publiquement.
Interventions institutionnelles et procédure en cours
Selon les informations publiques rapportées dans les médias, la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a saisi le déontologue de l’Assemblée le vendredi 22 mai 2026 pour que soit examinée la situation de Charles Alloncle. L’entourage de Mme Braun-Pivet a précisé que si le déontologue considérait qu’il existait un problème juridique, un bureau pourrait se réunir rapidement. Un avis devrait être rendu « avant l’été », selon ces mêmes sources.
Ces démarches s’inscrivent dans le cadre des contrôles et des procédures internes de l’Assemblée nationale, visant à vérifier la conformité des pratiques des députés aux règles en vigueur. À ce stade, aucune décision définitive publique n’a été communiquée sur l’existence d’un manquement.
Charles Alloncle, contacté par Libération, a réagi en dénonçant des « photos volées » et en affirmant que sa relation avec Shéhérazade Khandani « n’a rien à voir avec ce que la loi interdit ». L’élu a également indiqué son intention d’engager des poursuites judiciaires contre les auteurs des prises de vue, selon le même article.
La réaction de Shéhérazade Khandani : vie privée et harcèlement
Privée jusqu’à présent de réponse publique, Shéhérazade Khandani a rompu le silence le vendredi 22 mai 2026. Dans le communiqué transmis à TBT9, elle dénonce d’abord les méthodes utilisées pour obtenir et diffuser les images. Elle affirme : « Ça ne s’était jamais vu dans l’histoire parlementaire française : un député suivi jusque chez lui par des officines privées. »
Très émue et clairement inquiète, elle qualifie la situation de « gravité absolue » et regrette que les médias n’aient pas davantage mis en avant « l’illégalité et la dangerosité de telles pratiques pour notre démocratie ». Mme Khandani rappelle par ailleurs l’encadrement légal existant autour des liens familiaux ou de couple avec un collaborateur, tout en affirmant que sa situation personnelle « ne correspond en rien » aux cas visés par la loi.
Au-delà des conséquences juridiques potentiellement pesant sur le député, c’est l’exposition médiatique et le retentissement sur les réseaux sociaux qui préoccupent la collaboratrice. Elle déclare subir « depuis plusieurs jours un véritable déferlement de haine en ligne » : raids d’insultes, attaques visant « mes origines et même mon prénom », écrit-elle. Mme Khandani dit se sentir « jetée en pâture dans un règlement de comptes purement politique ».
Enjeux politiques et médiatiques
Cette affaire illustre la conjonction entre vie privée, droit et communication politique à l’ère des réseaux sociaux. Les publications de presse et les réactions en chaîne sur les plateformes numériques ont amplifié l’effet d’une information initiale pourtant circonscrite à une série de clichés.
Les prochaines étapes seront d’ordre procédural : l’avis du déontologue de l’Assemblée et, le cas échéant, la convocation d’un bureau de l’Assemblée pour statuer sur un éventuel manquement. Parallèlement, les démarches judiciaires annoncées par M. Alloncle pourraient viser à établir l’origine des prises de vue et la légalité de leur diffusion.
Jusqu’à l’issue de ces examens, de nombreux éléments restent à clarifier. Les déclarations publiques et les communiqués doivent être lus à la lumière des procédures en cours et des droits à la fois des personnes mises en cause et des règles de déontologie qui encadrent la vie parlementaire.


