La famille de Nathalie Baye a annoncé le décès de l’actrice survenu le vendredi 17 avril 2026. Elle s’est éteinte à l’âge de 77 ans à son domicile parisien des suites de la maladie à corps de Lewy, une affection neurodégénérative encore trop méconnue du grand public.
Un diagnostic difficile et peu connu du grand public
La maladie à corps de Lewy est souvent méconnue et difficile à diagnostiquer, ce qui complique la prise en charge des patients. Dans le grand public, quelques personnalités ayant souffert de cette pathologie sont régulièrement citées, comme la présentatrice Catherine Laborde ou l’acteur Robin Williams, ce dernier ayant reçu un diagnostic erroné pendant un temps, selon les récits rapportés à l’époque.
Le décès de Nathalie Baye remet en lumière cette maladie et rappelle la complexité des diagnostics en neurologie, notamment quand les symptômes se mêlent à des troubles psychiatriques ou cognitifs.
Une femme engagée auprès des familles touchées par la schizophrénie
Au-delà de sa carrière au cinéma, Nathalie Baye était reconnue pour son engagement en faveur des personnes et des familles confrontées à la schizophrénie. En 2019, elle a signé la préface du livre Des lumières sur le ciel de Bénédicte Chenu, dans lequel l’auteure raconte le parcours de son fils Charles, diagnostiqué à l’âge de 17 ans.
Bénédicte Chenu, amie de l’actrice, a témoigné au micro de Paris Match : « On était très proches avec Nathalie. On discutait beaucoup de nos parcours. Elle m’avait beaucoup soutenue quand mon fils est tombé malade à Sainte-Anne. Elle a toujours été très positive ».
Dans ces engagements, Nathalie Baye mettait en avant non seulement l’accompagnement des malades mais aussi la défense des familles confrontées à l’isolement et à l’incompréhension sociale.
Le rôle de mère et le lien personnel à la maladie
La sensibilité de Nathalie Baye à ces questions s’expliquait aussi par une expérience personnelle. Dans une interview accordée au Parisien en 2019, elle racontait comment la dépression de sa fille Laura Smet l’avait amenée à mieux comprendre la souffrance psychique et à soutenir d’autres parents confrontés à des situations similaires. Elle confiait alors : « Le jour où j’ai compris de quoi il s’agissait, j’ai été en mesure non seulement d’aider mais de montrer que j’étais là. Lorsqu’on est passé par des épreuves aussi difficiles, on est d’autant plus touchés par le combat d’autres parents. Les gens ne se rendent pas compte à quel point ça peut être usant ».
Par son parcours de mère, elle a pu mesurer la stigmatisation entourant certaines maladies mentales et le manque de compassion dont souffrent souvent les familles.
Une parole pour démystifier la schizophrénie
Nathalie Baye n’hésitait pas à prendre la parole pour dénoncer les idées reçues. À propos de la schizophrénie, elle déclarait : « On a aussi diabolisé cette maladie comme si elle était moins noble qu’une autre. Le cancer suscite de la compassion, la schizophrénie, de la méfiance. Mais j’ai envie de dire, il ne faut pas avoir peur, surtout lorsqu’il y a un enfant en jeu ».
Ce constat, rapporté dans ses interviews et ses engagements publics, a contribué à faire entendre la voix des proches et à rappeler l’urgence d’une meilleure information et d’un accompagnement adapté pour les malades et leurs familles.
Souvenirs et héritage
Bénédicte Chenu se souvient d’une femme « très forte, originale et drôle » qui « a fait beaucoup dans le rétablissement des personnes ». Ces témoignages esquissent l’image d’une actrice investie au-delà de sa carrière artistique, dont l’engagement a touché des familles et des associations.
Si la disparition de Nathalie Baye marque le monde du cinéma français, elle ouvre aussi une fenêtre sur des combats moins médiatisés : la lutte contre la stigmatisation des maladies mentales et la sensibilisation à des pathologies neurologiques complexes comme la maladie à corps de Lewy.
La carrière et l’engagement personnel de Nathalie Baye laissent un double héritage, artistique et humain, souligné par ceux qui l’ont côtoyée et qui, par leurs mots, confirment l’importance de son investissement pour les autres.


