La 70e édition du concours Eurovision a démarré et la première demi-finale se tient ce 12 mai sur la scène de la Wiener Stadthalle, à Vienne. Quinze pays s’y affrontent, dont la Suède, la Grèce, le Portugal, Israël et la Belgique, représentée par Essyla. À quelques jours de la finale programmée le samedi 16 mai, l’attention se porte autant sur la compétition que sur la situation personnelle de la candidate belge.
Une candidature belge loin des projecteurs financiers
Essyla, 30 ans, a choisi pour Vienne un titre électro-pop intitulé Dancing on the Ice. Finaliste de The Voice Belgique en 2021, elle n’apparaît pas comme favorite chez les bookmakers, mais l’artiste affirme vouloir donner le meilleur d’elle-même. « On fait les derniers ajustements, puis il n’y aura plus qu’à donner le meilleur », a-t-elle déclaré à nos confrères de Ciné Télé Revue.
Pourtant, derrière les paillettes et la préparation scénique, la chanteuse traverse une période financière délicate. Selon le même entretien, elle travaillait encore il y a quelques mois « dans un cabinet dentaire ». Son objectif est de vivre de la musique, mais l’obtention de son statut professionnel d’artiste patine : « Il faudrait qu’on me donne enfin mon statut d’artiste, que j’attends depuis un an. Entre le Forem et les syndicats qui ne s’entendent pas, ça traîne. Tout est bloqué. C’est tout un bordel comme on peut en connaître en Belgique », a-t-elle expliqué.
Cette attente administrative la met dans une situation précaire. Essyla confie qu’elle partira à l’Eurovision « sans argent sur mon compte » et que ce sont « mes parents qui doivent m’aider ». « Je suis clairement fauchée ! », affirme-t-elle, citée par Ciné Télé Revue. Si la situation ne se débloque pas rapidement, la chanteuse prévient qu’elle sera « évidemment obligée de reprendre un boulot ».
Contexte et enjeux pour la Belgique
La Belgique n’a remporté l’Eurovision qu’une seule fois, en 1986, avec Sandra Kim et J’aime la vie. Quarante ans plus tard, Essyla incarne l’espoir d’un nouveau succès national, mais aussi le visage d’une filière artistique parfois fragile quand il s’agit de statuts et de revenus. Sa participation survient dans un contexte où les lauréats récents de grands concours nationaux n’ont pas à chaque fois trouvé une suite professionnelle stable.
Dans le même temps, la France, pays voisin, vise une nouvelle victoire après celle de Marie Myriam en 1977 avec L’oiseau et l’enfant. Pour l’édition 2026, c’est Monroe, grande gagnante de l’émission Prodiges en 2024, qui porte les couleurs tricolores avec le titre Regarde !. Mais pour Essyla, l’enjeu personnel prime : obtenir une visibilité capable d’accélérer la reconnaissance professionnelle et, idéalement, débloquer son statut d’artiste.
La scène de Vienne représente pour elle une opportunité médiatique majeure. Malgré les difficultés, la chanteuse reste focalisée sur sa performance et sur l’espoir qu’une bonne exposition à l’Eurovision puisse influencer positivement sa carrière.
Suivre la compétition
La première demi-finale de cette 70e édition est diffusée sur France 4 le 12 mai à partir de 21 heures. Essyla et les autres concurrents tenteront d’obtenir leur ticket pour la grande finale du 16 mai. Pour la candidate belge, la progression dans la compétition pourrait constituer un tournant, tant sur le plan artistique que sur le plan administratif et financier.
Essyla a partagé des extraits et des coulisses de sa préparation sur ses réseaux sociaux, dont Instagram, où elle multiplie les publications pour tenir informés ses fans et montrer les derniers réglages avant la scène viennoise.
Restent des inconnues : l’issue sportive du concours et l’évolution de sa situation professionnelle après l’événement. À court terme, l’artiste demande surtout que son dossier de statut d’artiste avance afin de pouvoir se consacrer pleinement à la musique sans avoir à reprendre un emploi non artistique.


