Invité de l’émission Quotidien lundi 18 mai 2026, le streamer et créateur de contenu connu sous le pseudonyme Finnyzyy a évoqué, avec prudence, une affaire sensible sur laquelle il collabore avec les forces de l’ordre.
Une pratique connue et controversée
Depuis plusieurs mois, Finnyzyy s’est imposé sur les plateformes comme une figure reconnaissable : plus de 100 000 abonnés sur YouTube et Twitch et près de 300 000 sur ses comptes TikTok, selon les chiffres communiqués par ses équipes. Sa spécialité est la lutte contre les prédateurs sexuels en ligne. Par le biais de profils simulés — il indique utiliser l’intelligence artificielle pour incarner une adolescente de 14 ans — il entre en contact avec des hommes soupçonnés de comportements pédocriminels.
Les échanges sont ensuite documentés et, lorsque les éléments semblent constitutifs d’une infraction, transmis aux autorités compétentes. Ce procédé, qui vise à provoquer des aveux ou à rassembler des preuves, suscite autant d’intérêt que de débats, tant sur le plan éthique que judiciaire.
Sur le plateau de Quotidien : « quelqu’un de haut placé »
Invité par Yann Barthès, Finnyzyy est revenu sur son travail, sans divulguer de détails pouvant nuire à une enquête en cours. « Récemment, j’ai fait une grosse audition qui a duré plus de six heures avec des vrais policiers. Je ne peux pas trop parler de l’affaire », a-t-il déclaré sur le plateau.
Le créateur de contenu a néanmoins ajouté une précision destinée à souligner la gravité et l’ampleur du dossier : « C’est quand même quelqu’un d’important dans sa profession, quelqu’un de haut placé ». Cette formulation a immédiatement provoqué de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux, où l’annonce de la participation de citoyens-enquêteurs dans des affaires sensibles est régulièrement scrutée.
Parmi les éléments mentionnés dans les médias, on trouve la contribution de Finnyzyy au placement en détention provisoire de Dominique B., un ancien professeur déjà condamné dans le passé pour détention d’images pédopornographiques, rapporte Le Parisien. Le vidéaste a confirmé que ses interventions avaient, dans certains cas, permis d’orienter des investigations formelles.
Relations avec les forces de l’ordre et limites
Sur l’antenne, Finnyzyy a assuré que les autorités n’étaient pas hostiles à ses méthodes. Au contraire, a-t-il indiqué, des policiers l’encourageraient à poursuivre sa sensibilisation et ses signalements en ligne. Il a cependant rappelé les contraintes imposées par une procédure judiciaire : confidentialité, secret de l’instruction et respect des délais.
Le recours à des méthodes de « mises en situation » pseudo‑en ligne par des particuliers soulève des questions : preuves recevables, risques de mise en danger, et possible entrave aux enquêtes menées par des services spécialisés. Finnyzyy a reconnu ces risques sans pour autant renier sa démarche, qu’il présente comme utile pour détecter et documenter des comportements problématiques.
Réactions et portée médiatique
La séquence diffusée sur Quotidien a généré un vif écho sur les réseaux sociaux. Un extrait partagé sur Twitter, mentionné dans certains fils d’actualité avec le lien pic.twitter.com/hCV2zi2vOd, a contribué à amplifier la discussion publique autour du rôle des influenceurs dans la lutte contre la pédocriminalité.
Les partisans de ce type d’action soulignent la nécessité d’alerter vite et de mobiliser l’opinion pour protéger de potentielles victimes. Les détracteurs rappellent que l’engagement de citoyens non formés comporte des limites juridiques et pratiques et qu’il ne doit pas se substituer au travail des services spécialisés.
En l’état, Finnyzyy reste prudent : il refuse d’entrer dans le détail des enquêtes en cours et renvoie à la justice le soin d’établir les responsabilités et les suites judiciaires. Ses interventions publiques continuent toutefois d’alimenter le débat sur la place des créateurs de contenu dans la chaîne de signalement et de protection des mineurs en ligne.
Sans remise en cause formelle des faits évoqués à l’antenne, l’affaire illustre une tendance récente : la médiatisation croissante d’actions citoyennes visant des prédateurs supposés, et la question non résolue de leurs rapports avec la procédure pénale.


