Cannes 2026 consacre Barbra Streisand et ravive la mémoire d’une liaison oubliée avec Omar Sharif, reflet d’un Hollywood en mutation

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Le Festival de Cannes 2026, 79e édition de la manifestation, se tient du 12 au 23 mai 2026 au Palais des festivals, à Cannes. Le cinéaste sud‑coréen Park Chan‑wook préside le jury. Le 5 mars 2026, il a été annoncé que le réalisateur néo‑zélandais Peter Jackson recevra une Palme d’honneur. Six jours plus tard, les organisateurs ont révélé qu’une autre légende serait célébrée : Barbra Streisand recevra elle aussi une Palme d’or d’honneur lors de la cérémonie de clôture du 23 mai.


Un hommage à près de six décennies de carrière

Cette distinction consacre près de six décennies d’une carrière hors norme. Barbra Streisand, 84 ans, est l’une des rares personnalités à détenir un EGOT — Emmy, Grammy, Oscar et Tony Award. Actrice, chanteuse, réalisatrice, productrice et compositrice, elle incarne une figure majeure du divertissement américain et de la culture populaire mondiale.


Le Festival de Cannes la qualifie d’« artiste iconique, incarnation du rêve américain dans sa splendeur originelle ». Sa filmographie compte des titres qui ont marqué l’histoire : Funny Girl, The Way We Were (Nos plus belles années), A Star Is Born (Une étoile est née) ou encore Yentl. Pour Yentl, elle devient la première femme à écrire, produire, réaliser et interpréter un film majeur hollywoodien tout en remportant le Golden Globe de la meilleure réalisation — une première historique pour une femme.


Côté musique, son palmarès est tout aussi impressionnant. Avec plus de 150 millions de disques vendus, Barbra Streisand reste la seule artiste à avoir classé un album numéro un sur six décennies consécutives. Des titres comme Woman in Love, Evergreen ou The Way We Were font désormais partie du patrimoine musical américain.


Dans sa réaction officielle, l’artiste s’est dite « fière et profondément humble » de rejoindre le cercle des lauréats honorifiques du Festival. Elle a ajouté : « Le cinéma transcende les frontières et la politique, et affirme le pouvoir de l’imagination pour façonner un monde plus compatissant. »


La romance oubliée avec Omar Sharif

Si la carrière de Streisand fascine, sa vie privée a souvent alimenté les colonnes des tabloïds. Au fil des décennies, ses relations médiatisées ont inclus Pierre Elliott Trudeau, Jon Peters, Andre Agassi ou Don Johnson. Mais l’idylle avec Omar Sharif, souvent passée sous silence, demeure particulièrement intrigante.


Les deux stars se rencontrent sur le tournage de Funny Girl, l’adaptation cinématographique de la comédie musicale de Broadway consacrée à la vie de Fanny Brice, réalisée par William Wyler. Le film propulse Streisand au sommet d’Hollywood et lui vaut l’Oscar de la meilleure actrice. À cette époque, Omar Sharif est déjà une vedette internationale grâce à Lawrence of Arabia et Doctor Zhivago.


Le récit de leur première rencontre, rapporté dans une archive de l’INA, est resté célèbre : Omar Sharif aurait d’abord déclaré avec humour qu’il la trouvait « très laide » et s’était exclamé au téléphone : « Je ne peux pas tourner ce film avec cette fille. » Mais le regard change rapidement. Sharif confiait en 1981 à Dalida : « Tous les jours, je la trouvais de plus en plus belle (…) Au bout d’une semaine, j’étais fou amoureux d’elle. Ça a été un des grands amours de ma vie. »


Leur liaison, au cœur de la fin des années 1960, provoque une certaine agitation médiatique. Dans un contexte de fortes tensions géopolitiques au Moyen‑Orient, la relation entre une star égyptienne adulée dans le monde arabe et une actrice juive américaine aux positions pro‑israéliennes apparentes soulève des questions. Selon plusieurs biographies consacrées à Omar Sharif, cette relation aurait compliqué son retour en Égypte pendant plusieurs années.


Pour autant, la passion n’a pas duré. Omar Sharif poursuivra par la suite d’autres relations médiatisées, notamment avec Ingrid Bergman, Ava Gardner ou Anouk Aimée. Barbra Streisand, elle, épousera plus tard James Brolin après un premier mariage avec Elliott Gould.


Regards sur une époque révolue

Dans ses mémoires My Name Is Barbra, publiées en 2024, Streisand revient sans détour sur sa vie sentimentale tumultueuse et évoque plusieurs figures de l’époque, dont Omar Sharif et Marlon Brando, ce dernier lui ayant, selon elle, adressé une proposition explicite lors d’une réception hollywoodienne.


Aujourd’hui, alors que Cannes s’apprête à célébrer Barbra Streisand pour l’ensemble de son œuvre, c’est aussi le Hollywood flamboyant des années 1960 et 1970 qui ressurgit. Cette période, où les stars étaient érigées en monuments et où les romances devenaient des légendes, se rappelle au souvenir par la simple évocation d’une rencontre sur un plateau.


La Palme d’honneur qui sera remise lors de la cérémonie de clôture du 23 mai 2026 s’inscrit donc dans une double célébration : celle d’une carrière inégalée et celle d’un pan de l’histoire du cinéma où la vie privée des icônes contribuait à forger leur mythe.

Society News

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