Après près d’une décennie de procédures et une médiatisation importante, Shakira obtient une victoire judiciaire majeure contre l’administration fiscale espagnole : la Haute Cour de cassation d’Espagne a annulé, le lundi 18 mai 2026, l’amende de 55 millions d’euros qui pesait sur la chanteuse depuis 2021, dans un dossier portant sur ses revenus de 2011.
La décision : annulation de l’amende et remboursement exigé
La Cour de cassation a statué que l’administration fiscale n’avait pas réussi à prouver de façon suffisante que Shakira avait atteint le seuil légal de résidence fiscale en Espagne pour l’année 2011. En Espagne, le critère déterminant est la présence sur le territoire d’au moins 183 jours au cours d’une année civile pour être considéré comme résident fiscal.
Conséquence directe de cette décision : l’État espagnol est désormais tenu de restituer à la chanteuse les montants indûment perçus. Le représentant de Shakira a précisé que, intérêts compris, le remboursement dépasserait 60 millions d’euros.
Le cœur du litige : la question des 183 jours
Le dossier reposait sur une seule question juridique et factuelle — Shakira a‑t‑elle séjourné en Espagne au moins 183 jours en 2011 ? Les autorités fiscales l’affirmaient, estimant que la chanteuse devait être imposée en Espagne, tandis que la défense soutenait que cette preuve n’avait jamais été établie de manière concluante.
La Haute Cour a finalement retenu l’argument de la défense : l’administration n’a pas démontré, au‑delà du doute raisonnable, que le seuil des 183 jours avait été atteint. Cette absence de preuve formelle a entraîné l’annulation de l’amende initiale imposée en 2021.
Pour l’artiste, cette décision dépasse le cadre individuel : elle l’a présentée comme une victoire contre un mode de fonctionnement qu’elle juge injuste envers de nombreux contribuables.
Réactions : émotion et portée symbolique
Dans une déclaration publique, Shakira a exprimé son émotion et a estimé que « ce récit s’effondre, et ce, avec toute la force d’une décision de justice ». Elle a ensuite accompagné sa communication d’une image sur laquelle figure la chanson de Rihanna « Bitch Better Have My Money », geste relayé dans les médias et sur les réseaux sociaux comme un clin d’œil provocateur au remboursement attendu.
Son avocat, José Luis Prada, a dénoncé « huit années d’épreuves aux conséquences inacceptables ». Il a rappelé que, si la notoriété et les ressources de Shakira lui ont permis de soutenir cette lutte judiciaire, « ce mode opératoire étouffe de nombreux contribuables ordinaires qui n’ont pas les moyens de se défendre », soulignant l’enjeu social au‑delà du cas individuel.
Selon les informations initiales diffusées par des agences de presse, dont Reuters et la BBC, la décision a été rendue le 18 mai 2026 et marque un tournant dans un dossier qui pesait sur la vie de la star depuis près de huit ans.
Conséquences possibles et limites de la portée
Sur le plan strictement juridique, l’annulation de l’amende et le remboursement des sommes versées constituent un soulagement financier et symbolique pour Shakira. Le camp de la chanteuse espère que cette décision puisse servir de référence pour d’autres contribuables confrontés à des procédures similaires, comme l’a souhaité l’artiste elle‑même.
Cependant, la portée exacte de cette décision en tant que jurisprudence dépendra des interprétations futures des tribunaux et de l’administration fiscale. La Haute Cour a motivé son arrêt sur l’absence de preuve que le seuil des 183 jours avait été atteint pour 2011, une conclusion factuelle qui, dans les affaires fiscales, peut se révéler spécifique aux éléments de preuve recueillis dans chaque dossier.
Sur le plan médiatique, la victoire de Shakira relance le débat public sur la présomption de culpabilité dénoncée par la défense et sur la lourdeur des procédures lorsqu’elles visent des personnalités très en vue. Les commentaires publics de la chanteuse et de son équipe insistent sur l’importance d’un traitement équitable pour tous les contribuables.
La chanteuse de 49 ans, désormais dégagée de cette sanction, clôt provisoirement l’un des chapitres judiciaires les plus longs de sa carrière. Reste que les enjeux fiscaux internationaux et la question de la résidence fiscale continuent d’alimenter de nombreuses affaires similaires en Europe.


