Sophia Chikirou traduite en justice huit ans après une rupture au Média : une facture de 67 146 euros ranime conflits internes, chèques contestés et accusations de tentative d’escroquerie

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Le 3 juin 2026, jour de ses 47 ans, Sophia Chikirou se retrouve au centre d’une affaire judiciaire qui remonte à l’été 2018. Huit ans après les faits, une facture impayée de 67 146,46 euros liée au lancement de la webtélé Le Média relance un vieux conflit et vaut à la députée de Paris un procès pour tentative d’escroquerie et vol.

Une facture contestée et des relations rompues

À l’été 2018, alors qu’elle n’était pas encore députée, Sophia Chikirou participait au lancement de Le Média, présenté à l’époque comme une chaîne en ligne « humaniste, progressiste, écologique et féministe ». Sa société, Mediascop, a facturé 67 146,46 euros pour des prestations de communication liées au démarrage du projet.

Très rapidement, le projet connaît des tensions internes : désaccords sur la ligne éditoriale, inquiétudes sur les finances et désaccords personnels. Sophia Chikirou quitte la structure dans un climat tendu. C’est à ce moment que la facture émise par Mediascop fait l’objet d’un litige entre les parties.

Les faits reprochés : tentative ou simple récupération ?

Selon l’accusation, fin juillet 2018, Sophia Chikirou aurait tenté d’obtenir un virement vers Mediascop alors qu’elle n’était plus légalement habilitée à agir au nom du Média. Les enquêteurs affirment qu’elle se serait rendue à la banque pour débloquer la somme malgré sa révocation présumée.

La principale intéressée conteste fermement cette version. Elle assure qu’au moment des faits elle était encore en fonction et que la transition avec sa remplaçante n’était prévue qu’à la fin de l’été. Elle indique s’être rendue à la banque pour préparer un dossier visant ses opposants internes, non pour contourner des règles.

Deux chèques retrouvés dans l’enquête sont au cœur du dossier : les enquêteurs estiment qu’ils auraient été récupérés dans les locaux du Média pour obtenir le paiement. Sophia Chikirou affirme au contraire que ces chèques avaient été remplis devant témoins et qu’elle cherchait uniquement à récupérer ce qui lui était dû.

Dans la pratique, l’argent n’a jamais été versé et les chèques n’ont jamais été encaissés, de sorte qu’aucune perte financière réelle n’a été constatée pour Le Média. C’est ce point qui vaut au parquet de qualifier les faits de tentative plutôt que d’escroquerie consommée.

Réquisitions et calendrier judiciaire

Le parquet a requis une amende de 50 000 euros, dont une large part assortie de sursis. Aucune peine d’inéligibilité n’a été demandée. La décision doit être rendue le 8 juin 2026, selon le calendrier judiciaire évoqué à l’audience.

À l’audience, la députée a relaté une éviction vécue comme un choc et a décrit des échanges très vifs avec certains responsables du Média, évoquant notamment la rupture de relations avec Gérard Miller. Elle a rapporté des messages qu’elle juge « extrêmement violents » et a raconté avoir été insultée, témoignant d’une ambiance très tendue au moment du départ.

Un dossier qui s’ajoute à une autre enquête

Cette procédure s’ajoute à une autre mise en examen concernant Sophia Chikirou, liée aux comptes de campagne présidentielle de Jean‑Luc Mélenchon en 2017. Là aussi, la société Mediascop est mise en cause : la justice s’interroge sur des prestations susceptibles d’avoir été surfacturées pendant la campagne.

Sur ce second dossier, la députée est mise en examen notamment pour escroquerie aggravée et abus de biens sociaux. Elle conteste ces qualifications et, depuis le début, son entourage dénonce ce qu’il qualifie d’« acharnement judiciaire » et déplore des fuites dans la presse. Sophia Chikirou affirme qu’il n’y a pas eu d’enrichissement personnel.

Les deux affaires restent distinctes : l’une porte sur un conflit financier précis autour d’une facture contestée au sein d’un média, l’autre vise le financement d’une campagne présidentielle. En attendant les décisions de justice, la députée continue de défendre publiquement sa version des faits et, à la sortie d’une audience en mai 2026, a choisi d’afficher un large sourire devant les caméras, signe qu’elle n’entend pas se laisser définir par ces procédures.

Society News

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