Gérard Darmon ne présidera pas le jury du Festival du premier film de La Ciotat, prévu du 10 au 14 juin 2026. Après plusieurs jours de polémique autour de sa nomination, l’acteur a finalement renoncé à sa participation, ont rapporté des médias locaux.
Une nomination qui divise
La désignation de Gérard Darmon à la tête du jury avait immédiatement suscité une forte contestation en ligne et au sein du milieu culturel. Dès l’annonce, plusieurs bénévoles du festival, des associations et des professionnels du cinéma ont fait part de leur indignation, estimant qu’une telle nomination était incompatible avec les alertes et témoignages publiés à son encontre ces derniers mois.
La polémique s’est cristallisée autour d’enquêtes publiées en novembre 2024, notamment par l’hebdomadaire Politis, qui avait rassemblé les témoignages de neuf femmes. Ces témoignages décrivaient, selon le média, des comportements « jugés déplacés » sur plusieurs tournages, allant d’insultes sexistes à des gestes à connotation sexuelle et des humiliations répétées. Parmi les récits cités figurait celui d’une ancienne stagiaire de 19 ans qui affirmait que l’acteur lui aurait proposé de « faire l’amour » puis, après un refus, aurait adopté un comportement humiliant.
Un retrait annoncé pour préserver le festival
Initialement, les organisateurs avaient maintenu la nomination. Yves Alion, programmateur du festival, avait publiquement assumé ce choix et dénoncé ce qu’il avait qualifié de « vertige actuel autour de #MeToo », affirmant alors que Gérard Darmon « resterait président ». Malgré ce maintien, la contestation s’est poursuivie et la pression médiatique est montée.
Selon les informations relayées par La Provence, c’est finalement Gérard Darmon lui‑même qui a choisi de se retirer afin d’éviter que la polémique ne perturbe le déroulement du festival. Les organisateurs n’ont pas, au moment des premières publications, communiqué de calendrier alternatif pour la présidence du jury.
Il est important de rappeler que, d’après les éléments publics disponibles, Gérard Darmon n’est visé à ce stade par aucune plainte pénale ni condamnation. L’acteur, âgé de 78 ans, a toujours nié avec force les accusations qui ont été rapportées dans la presse.
Conséquences médiatiques et professionnelles
La décision de Darmon intervient dans un climat où les institutions culturelles sont de plus en plus attentives aux réactions du public et aux mouvements de contestation concernant des comportements présumés inappropriés. Pour le Festival du premier film, qui se tient traditionnellement à La Ciotat, la controverse a constitué un test de gouvernance et de gestion de crise à quelques semaines de l’ouverture, prévue du 10 au 14 juin 2026.
Sur le plan artistique, Gérard Darmon n’avait pas multiplié les apparitions cinématographiques ces derniers mois : son dernier film, Aimons‑nous vivants — tourné en 2024 et dans lequel il partage l’affiche avec Valérie Lemercier et Patrick Timsit — reste sa plus récente participation annoncée au cinéma.
Du côté des soutiens, certains professionnels et spectateurs avaient pris la défense de l’acteur, rappelant la présomption d’innocence et critiquant la rapidité avec laquelle les réseaux sociaux avaient jugé l’affaire. D’autres, à l’inverse, ont estimé que la simple désignation d’une personnalité concernée par des témoignages ne pouvait être dissociée d’un message porté par un événement culturel, en particulier lorsqu’il s’agit d’un festival célébrant les premiers films et les nouveaux talents.
Ce qui reste à préciser
Plusieurs questions pratiques restent en suspens : l’identité de la nouvelle présidence du jury, la communication officielle du festival sur l’affaire et la manière dont les organisateurs comptent tirer les leçons de cette polémique. Au moment de la publication des articles qui ont relancé le débat, ni des éléments judiciaires nouveaux ni des plaintes n’avaient été rendus publics.
Dans ce contexte, la décision de Gérard Darmon de se retirer apparaît comme un choix visant à limiter l’impact de la controverse sur la tenue de la manifestation. Le festival doit désormais gérer la transition à moins de trois semaines de son ouverture, et le dossier continue d’alimenter les débats sur la place des personnalités mises en cause dans les événements culturels.
Sources citées dans le dossier : enquêtes parues en novembre 2024 (Politis) et dépêches locales relayant les déclarations du festival et les informations de La Provence.


