La cour d’appel de Paris a rendu ce jeudi 21 mai 2026 une décision définitive contre Daniel Riolo, confirmé dans une condamnation pour « diffamation publique » à l’encontre de la footballeuse Aminata Diallo. Ce jugement entérine la décision de première instance prononcée en juin 2025, selon les informations du quotidien Le Parisien.
Les faits reprochés et le contexte
L’affaire trouve son origine dans une intervention de Daniel Riolo en mars 2023, lors de l’émission L’After Foot diffusée sur RMC. À l’époque, le chroniqueur avait évoqué l’agression de Kheira Hamraoui, survenue en novembre 2021, et formulé des insinuations jugées accusatrices à l’encontre d’Aminata Diallo.
Plus précisément, Riolo avait laissé entendre que l’ancienne joueuse du PSG aurait été à l’origine de l’attaque — une thèse rapidement relayée et commentée par les médias. Ces propos avaient poussé Aminata Diallo à engager des poursuites pour diffamation publique, contestant fermement toute implication dans les faits.
La décision des juges et les sanctions
En première instance, en juin 2025, Daniel Riolo avait été condamné à une amende de 500 euros avec sursis, à verser 4 000 euros de dommages et intérêts et 2 000 euros au titre des frais d’avocat. La cour d’appel de Paris a confirmé l’intégralité de ces peines le 21 mai 2026, jugeant que les propos tenus dépassaient l’expression d’une opinion et constituaient une mise en cause de la responsabilité pénale de Mme Diallo avant qu’une décision définitive de justice ne soit rendue.
Les magistrats ont estimé que le chroniqueur, par ses affirmations publiques, avait présenté la joueuse comme coupable, alors que la procédure pénale n’avait pas abouti à une condamnation définitive au moment des déclarations incriminées.
Liberté d’expression versus responsabilité
Face à ces condamnations, Daniel Riolo avait fait valoir la protection de la liberté d’opinion. Son camp soutenait que ses commentaires concernaient une affaire judiciaire largement médiatisée et qu’il s’inscrivait dans le débat public autour de l’agression de Kheira Hamraoui.
La juridiction d’appel n’a pas retenu cet argument. Les juges ont distingué le commentaire journalistique, admissible dans le cadre de la liberté d’expression, d’une affirmation présentant une personne comme l’auteur d’un crime ou d’une infraction sans qu’elle ait été légalement reconnue coupable. Cette nuance a été déterminante pour confirmer la qualification de diffamation publique.
Rappel du dossier Hamraoui
Pour mémoire, l’agression de Kheira Hamraoui a eu lieu en novembre 2021 après une sortie entre coéquipières du PSG. Très vite, les investigations ont exploré plusieurs pistes. Aminata Diallo avait été, à un moment de l’enquête, soupçonnée d’une implication et a été mise en examen pour « violences aggravées » et « association de malfaiteurs », selon les éléments publics mentionnés au cours de la procédure.
Diallo a toujours nié sa responsabilité dans cette affaire, et la complexité de l’enquête a alimenté de nombreuses hypothèses et commentaires médiatiques depuis 2021. Le dossier reste un épisode sensible du football féminin français, largement commenté tant dans la presse que sur les ondes.
Conséquences pour le chroniqueur
La confirmation de la condamnation clôt, pour l’instant, ce volet judiciaire contre Daniel Riolo. Le jugement d’appel met fin au processus d’appel intenté par le chroniqueur, qui estimait s’inscrire dans l’exercice de la liberté d’expression.
Cette décision est susceptible d’avoir un impact sur la manière dont les intervenants médiatiques abordent et commentent des affaires judiciaires en cours, en rappelant la frontière entre opinion et allégation présentée comme fait. Elle illustre également le risque juridique associé à des accusations proférées dans l’espace public lorsque la culpabilité d’une personne n’a pas été définitivement établie par la justice.
Les sommes décidées — 500 euros d’amende avec sursis, 4 000 euros de dommages et intérêts et 2 000 euros de frais d’avocat — traduisent, selon la cour, la nécessité de réparer le préjudice moral causé par les propos diffamatoires.
Les informations de cet article reprennent les éléments publiquement disponibles sur le déroulé du procès et la décision de la cour d’appel, telle que rapportée par Le Parisien et relayée par les comptes rendus judiciaires.


