Ce qui devait rester une photo-souvenir a dégénéré en polémique nationale en l’espace de quelques jours. Un cliché publié ce week-end par le député RN Julien Odoul, pris aux côtés de Hinaupoko Devèze, Miss France 2026, lors d’une séance de dédicaces à Sens, a entraîné une vive réaction et relancé le débat sur le caractère apolitique de l’institution Miss France.
La publication qui allume la polémique
Sur ses réseaux sociaux, Julien Odoul a posté le cliché accompagné d’une légende chaleureuse : « Très heureux de saluer notre Miss France à l’occasion de sa séance de dédicaces à Sens. Merci pour ce moment de proximité et de simplicité. Nous avons une reine de cœur ! ».
Le message, publié dans un cadre local et apparemment informel, a rapidement suscité des réactions contrastées. Certains internautes ont réagi avec hostilité en proférant des insultes à l’encontre du député, tandis que d’autres lui ont témoigné leur soutien. La diffusion a pris une autre ampleur lorsque, le lundi 20 avril, Cyril Hanouna a affirmé en direct sur le plateau de Tout beau tout neuf (W9) avoir reçu le contenu d’un SMS envoyé par Frédéric Gilbert, président de la société Miss France, demandant la suppression de la publication au motif que l’image de Miss France ne devait pas être utilisée dans un contexte susceptible d’être interprété comme politique.
La réponse de Julien Odoul : accusation de deux poids, deux mesures
Face à ce qu’il a qualifié de « mise en demeure », Julien Odoul a riposté le mardi 21 avril en pointant ce qu’il présente comme un traitement inégal. Dans un message relayé sur ses comptes, il interpellait Frédéric Gilbert et demandait si la même exigence de suppression serait appliquée à des photos où Miss France apparaît aux côtés de personnalités politiques d’autres bords.
Le député a cité nommément plusieurs personnalités déjà photographiées publiquement avec d’anciennes Miss France — Agnès Pannier-Runacher, Xavier Bertrand, François Rebsamen ou encore Brigitte Macron — et a ajouté, lapidaire : « J’ai déjà la réponse. »
Dans sa démarche, Julien Odoul a placé sous le feu des projecteurs des reines de beauté dont les clichés avec des hommes et femmes politiques avaient été largement diffusés par le passé. Parmi les noms évoqués figurent Ève Gilles, Marine Lorphelin et Maeva Coucke, utilisés par le député pour illustrer son accusation de « deux poids deux mesures ». Son message s’accompagnait d’un lien vers un tweet : https://t.co/K2H6Azy4mX pic.twitter.com/PgGNF8gmNq
Un débat sur la neutralité de l’institution
Au cœur de la controverse, la question de la neutralité de la marque Miss France et du contrôle de l’image de la lauréate. Selon les éléments rendus publics sur les plateaux et via les réseaux, le président de la société Miss France aurait estimé que l’utilisation de la photo dans un contexte politique contreviendrait à la règle d’apolitisme de l’institution, d’où la demande de retrait adressée au député.
De son côté, Julien Odoul dénonce une application sélective de ces principes, arguant que des photos similaires prises par le passé avec des figures associées à d’autres camps politiques n’ont pas donné lieu à de telles prises de position de la part de la société Miss France.
Ce qui reste à éclaircir
La succession des faits — publication du député, révélation du SMS par un média télévisé le 20 avril, et réaction publique du parlementaire le 21 avril — est claire dans le déroulé. Restent en suspens plusieurs éléments qui détermineraient l’issue du débat : l’existence d’une politique écrite et formelle, la portée exacte du message attribué à Frédéric Gilbert et l’éventuelle uniformité de l’application d’une règle d’apolitisme à toutes les parutions passées.
Dans l’immédiat, la polémique montre combien l’image publique des Miss, attachée à une marque très visible, peut se retrouver au centre de tensions politiques dès lors qu’elle croise des responsables élus. L’affaire promet de rester suivie tant que la société Miss France et les protagonistes n’auront pas précisé publiquement leurs positions respectives.


