Ce mardi 21 avril 2026, Matthieu Delormeau s’est livré sans détour dans Le Grand portrait de la matinale de France Inter, animé par Sonia Devillers. À l’occasion de la sortie de son livre Addictions, l’ancien chroniqueur de TPMP est revenu sur « deux années noires » marquées par la dépendance, l’isolement et la ruine financière, un récit qu’il décrit comme une tentative de réparation par la parole.
Deux années d’isolement et le chiffre symbolique de 1,68 euro
Lors de son entretien, Matthieu Delormeau a détaillé la période durant laquelle il s’est retiré des écrans. Enfermé dans son appartement, il assure n’en être « sorti que cinq fois en vingt‑quatre mois ». La paranoïa et la perte d’estime de soi l’ont conduit à se couper du monde et à éviter son image dans le miroir. Il dit avoir vécu « dans le noir », une métaphore de son état mental autant que de son quotidien.
La consommation de cocaïne, qu’il présente comme un moyen d’« oublier et de ne pas pleurer », a rapidement détérioré sa santé et ses finances. L’anecdote qu’il rapporte à l’antenne illustre l’ampleur de la chute : un jour, son conseiller bancaire l’appelle pour l’alerter d’un découvert et lui demander de « mettre un peu d’argent sur [son] compte ». Il se souvient de la scène : « Parce que vous avez des gros emprunts qui arrivent, des gros remboursements et il n’y a qu’1,68 euro sur votre compte ». « Là, ça vous fait un petit moment de panique », confie‑t‑il.
À l’époque, ses dépenses étaient devenues incontrôlables au point d’atteindre des absurdités pratiques : il raconte avoir réglé des boîtes de Doliprane via des taxis‑motos qui facturaient la course et les médicaments 182 euros. Ces éléments, rapportés dans l’émission, brossent le portrait d’une descente aux enfers où célébrité et argent n’ont pas suffi à enrayer la dégradation.
Des soutiens publics et une reconstruction en cours
Malgré la spirale, Delormeau souligne que certaines voix du paysage audiovisuel ne l’ont pas abandonné. Il cite Marc‑Olivier Fogiel, qui lui avait conseillé de « régler ses problèmes avant de revenir devant les caméras, car ‹ la caméra repère la tumeur et la fait grossir › ». Une mise en garde qu’il admet avoir ignorée trop longtemps, et dont il reconnaît aujourd’hui la portée.
Parmi les soutiens, Cyril Hanouna occupe une place singulière. Selon Delormeau, l’animateur lui a assuré que sa place dans la bande restait la sienne, « quoi qu’il arrive ». Il confie : « Cyril a dix mille défauts, mais cela reste quelqu’un d’extrêmement fidèle. Et puis il a ce côté rebelle : si tout le monde me dit de dégager, il me tend la main ». Ce geste, qu’il accueille avec « gratitude sincère et nuancée », a constitué pour lui une bouée permettant un retour progressif à l’antenne, notamment sur le plateau de Tout beau, tout n9uf sur W9, où il est présent de manière récurrente.
Matthieu Delormeau ne cache pas sa fragilité actuelle. Il se dit « en voie de guérison » et rappelle que la vigilance doit rester permanente. Son livre Addictions et cette interview apparaissent comme des actes thérapeutiques : la parole publique, selon lui, peut sauver là où le silence détruit. Il espère que son témoignage servira d’avertissement pour ceux qui sous‑estiment la rapidité et l’intensité d’une chute.
Sans prétendre offrir des solutions universelles, Delormeau met en avant l’importance des soutiens — professionnels, amicaux et médiatiques — et la nécessité d’un accompagnement médical et psychologique continus. Il indique également discuter régulièrement de son retour et de ses limites avec son psychiatre, preuve d’une prise en charge durable plutôt que d’un rétablissement spectaculaire et instantané.
Ce témoignage sur France Inter, entendu le 21 avril 2026, prolonge la promotion de son livre et propage un message simple et troublant : la chute peut toucher n’importe qui, y compris des visages familiers de la télévision, et la parole restituée peut être le premier pas vers la reconstruction.


