Le 17 avril 2026, Romain Grosjean franchit une étape symbolique : le pilote fête ses 40 ans. Un anniversaire qui rappelle combien sa trajectoire a été transformée depuis l’accident spectaculaire du 29 novembre 2020, au Grand Prix de Bahreïn, événement dont il reste aujourd’hui le fil conducteur dans sa réorientation de vie.
Un accident qui a tout changé
Ce jour de novembre 2020, la monoplace de Grosjean percute une barrière de sécurité puis s’embrase en quelques secondes. La violence du choc et l’incendie qui s’ensuit choquent le monde du sport automobile. Piégé dans l’habitacle, le pilote parvient finalement à s’extraire après de longues secondes d’angoisse, mais les images et l’intensité de la scène marquent durablement son parcours.
Marion Jollès, présente devant la télévision au moment des faits, a résumé cet instant en termes poignants : « J’ai traversé 2 minutes 43 secondes d’incertitude totale ». Gravement brûlé aux mains, Grosjean a ensuite entamé un long travail de rééducation physique et psychologique. Lui-même qualifie ce moment de tournant : « Mon accident a changé mon point de vue de façon considérable ». De cette prise de conscience est née une envie de donner plus de sens à sa vie, tant sur le plan personnel que professionnel.
Miami, le choix d’un nouveau départ
Après plusieurs années passées en Suisse, près de Genève, Romain Grosjean et sa famille ont choisi de quitter l’Europe pour s’installer à Miami. Ce déménagement, annoncé et illustré sur ses réseaux sociaux par des photos de cartons et une légende signée du pilote — « Au revoir ma maison suisse… c’est l’heure de notre nouveau chapitre à Miami » — est présenté comme le symbole d’une renaissance et d’un renouveau de cap.
Le choix de Miami n’est pas uniquement géographique. Il s’inscrit aussi dans une logique de projet sportif : en rejoignant les États-Unis, Grosjean s’ouvre à de nouvelles opportunités de carrière, notamment en IndyCar, et offre à sa famille un cadre de vie plus ensoleillé et dynamique. Dans leur nouvelle demeure, décrite comme à l’architecture moderne, la famille s’affaire à l’installation et aux petites adaptations du quotidien — l’humour du pilote face à la conversion des centimètres en inches faisant désormais partie des anecdotes domestiques.
Une vie de famille placée au cœur de la reconstruction
Au-delà des circuits, c’est la vie de famille qui occupe désormais une place centrale. Marié depuis 2012 à Marion Jollès, Romain Grosjean est père de trois enfants. La cellule familiale a joué un rôle majeur dans sa résilience suite à l’accident, et la protection et le bien-être des siens semblent guider ses priorités quotidiennes.
Pour apprivoiser le traumatisme, le couple a également choisi de mettre des mots sur l’épreuve à travers la publication d’un livre — démarche présentée comme un processus d’exorcisme et de projection vers l’avenir. Cette volonté de partager l’expérience témoigne d’une démarche de transformation : transformer la douleur en enseignement et en force.
Sous le soleil de Miami, Romain Grosjean semble avoir trouvé un équilibre plus paisible entre compétitions, moments familiaux et nouvelles passions. Fidèle à un optimisme affiché, il écrit et répète que « Tout se passe bien ! » et confie : « Je veux profiter pleinement de la vie ». Ces formules résonnent comme des engagements personnels, nés d’une expérience où il a affirmé sa volonté de vivre autrement après avoir frôlé la mort.
Plus qu’un simple changement d’adresse, ce départ pour les États-Unis apparaît comme la traduction d’un choix de vie : privilégier le temps en famille, saisir d’autres opportunités sportives et donner une nouvelle orientation à un parcours marqué par la fragilité et la résilience.
À 40 ans, Romain Grosjean illustre ainsi, selon ses propres mots et ceux de son entourage, une reconstruction patiente et assumée, où chaque décision se lit comme la suite logique d’un accident qui a tout remis en perspective.


