La France perd une figure majeure de sa vie politique et sociale : Bernadette Chirac est décédée le samedi 6 juin 2026 à l’âge de 93 ans, a annoncé sa fille Claude Chirac à l’AFP.
Une première dame au rôle actif
Née Bernadette Chodron de Courcel le 18 mai 1933 à Paris, elle a tenu une place singulière dans le paysage public français. Épouse de Jacques Chirac, elle a accompagné sa carrière pendant plus d’un demi-siècle, depuis leurs premiers engagements jusqu’à l’Élysée, où elle fut Première dame de 1995 à 2007.
Contrairement à certaines de ses prédécesseures, Bernadette Chirac n’a pas limité sa présence à la simple fonction protocolaire. Elle a su imposer une image personnelle et durable, mêlant engagement local et action nationale. Parallèlement à son rôle auprès du chef de l’État, elle a poursuivi une carrière politique sur le terrain, notamment en Corrèze, où elle a exercé plusieurs mandats élus.
L’engagement associatif et l’opération Pièces Jaunes
Son nom restera particulièrement associé à l’opération Pièces Jaunes, dont elle fut le visage emblématique. Portée au sein de la Fondation Hôpitaux de Paris–Hôpitaux de France, cette campagne de mobilisation a visé à améliorer le quotidien des enfants hospitalisés et a largement contribué à forger sa popularité auprès des Français.
Bernadette Chirac a aussi présidé la Fondation Claude-Pompidou, poursuivant un travail philanthropique qui a marqué plusieurs décennies. Ces engagements sociaux ont renforcé sa stature publique au-delà du cercle strictement politique.
Son action publique s’est souvent déroulée à l’intersection du cœur et du pouvoir : elle savait combiner empathie et présence institutionnelle, touche qui a façonné l’image moderne de la Première dame en France.
Une trajectoire personnelle et familiale
Le couple Chirac s’est marié en 1956. De cette union sont nées deux filles : Laurence, décédée en 2016 à l’âge de 58 ans, et Claude Chirac, qui devint la conseillère en communication de son père et resta très proche de sa mère.
Les épreuves familiales ont longtemps marqué la vie privée de Bernadette. La maladie de Laurence — évoquée publiquement par la famille — fut une douleur durable pour les époux Chirac et resta un épisode intime de leur histoire.
Le décès de Jacques Chirac, le 26 septembre 2019, a également été un tournant. Très affaiblie depuis plusieurs années, Bernadette s’était progressivement retirée de la vie publique après la disparition de son mari. Sa fille Claude a veillé à préserver son intimité et à limiter la diffusion d’informations médicales la concernant.
Les dernières années et l’héritage
Ces dernières années, la vie de Bernadette Chirac s’est déroulée dans la discrétion. Selon les proches, elle vivait entourée de personnel médical et apparaissait très diminuée, ce qui expliquait l’absence quasi totale d’apparitions publiques et l’information rare sur son état de santé.
Avec sa disparition, c’est une page importante de la Ve République qui se tourne. Bernadette Chirac laisse derrière elle un double héritage : celui de l’épouse d’un président, indissociable du parcours de Jacques Chirac, et celui d’une femme engagée, élue locale et militante associative.
Son action pour les hôpitaux et sa longévité politique en Corrèze ont fait d’elle une personnalité familière et souvent citée par l’opinion publique. Plus qu’un rôle de représentation, elle a construit une carrière propre et durable.
Dans un pays où les premières dames occupent une place symbolique, Bernadette Chirac restera une référence, tant pour son engagement public que pour la place qu’elle a su tenir au cœur de la vie politique et sociale française.


