Ce mercredi 22 avril, Louis Garrel fait son retour au cinéma dans le nouveau film de Nakache et Toledano, Juste une illusion, où il incarne le père de deux adolescents dans les années 1980. Le rôle, déjà porté par de nombreux souvenirs personnels, n’a pas été pour lui une première expérience : il est lui‑même père.
Un parcours familial rappelé en promotion
Au cours de la promotion, l’acteur est intervenu dans un épisode récent d’Aura, animé par Audrey Crespo‑Mara. Il y a évoqué sa vie de famille et le parcours de sa fille aînée, Oumy Bruni‑Garrel, qu’il a adoptée au Sénégal en 2009 lorsqu’il était en couple avec la comédienne Valeria Bruni‑Tedeschi.
Garrel est également père d’Azel, né en 2021, fruit de sa relation avec l’actrice et mannequin Laëtitia Casta. Ces éléments biographiques, brièvement rappelés pendant l’entretien, servent de toile de fond aux confidences plus personnelles qu’il a faites sur les difficultés rencontrées par sa fille.
Le racisme subi au quotidien
Oumy, qui a déjà suivi des pas artistiques — elle incarnait une jeune fille noire rêvant d’intégrer l’Opéra de Paris dans le film Nene h, sorti en 2023 — a confié avoir été victime de racisme. Louis Garrel a raconté leur échange : « J’ai voulu entrer en discussion avec elle et elle m’a dit ‘tu peux pas comprendre’. On est tenté de dire que ça a un peu avancé parce qu’on se sent un peu coupable », a‑t‑il admis.
Il rapporte ensuite les propos de sa fille : « Mais elle me dit ‘tous les jours j’y pense. Je pense au fait que je suis noire’. C’est des petits trucs. Un truc d’ambiance. Un truc d’atmosphère. Je peux me faire son porte‑parole. » Ces mots soulignent la nature répétitive et souvent discrète des micro‑agressions, plus difficiles à combattre que des actes isolés.
Une réalité plus dure en Italie
Oumy vit actuellement en Italie avec sa mère. Louis Garrel a décrit le climat local comme parfois plus hostile : « C’est un enfer. Elle parle italien, elle a appris au lycée… Les gens lui répondent en anglais ! Ça la rend folle. En Italie, ils sont encore plus loin que nous », a‑t‑il déclaré, exprimant son regret face à ces réactions.
Le témoignage met en lumière une expérience transnationale du racisme, où la langue et les attitudes sociales se mêlent pour créer un sentiment d’exclusion. Garrel insiste sur le caractère répétitif et pesant de ces incidents, qui affectent le quotidien de sa fille.
Dans ses propos, l’acteur ne dramatise pas outre mesure mais donne à voir la lassitude et la colère que peuvent provoquer ces situations — chez celle qui les subit et chez ses proches.
Un père attentif, entre protection et distance
Face à cette réalité, Louis Garrel dit tenter d’être présent et de protéger sa fille sans sur‑protéger : « Elle sait très bien quand même que j’ai quand même un œil sur ce qu’elle fait. On fait toujours un peu good cop, bad cop. Il y a toujours ou le père qui est bad cop et la mère good cop. »
Cette répartition des rôles parentaux, évoquée sur un ton presque pratique, traduit une volonté d’accompagnement actif : veiller, intervenir si nécessaire, mais aussi laisser de l’autonomie à Oumy dans ses choix et son parcours.
Dans le cadre de la promotion de Juste une illusion, Louis Garrel a choisi de mêler évoquer son travail d’acteur et son rôle de père, sans séparer complètement les deux dimensions. Ses déclarations apportent un éclairage personnel sur un sujet social qui traverse les sphères privées et publiques.
Sans jugement spectaculaire, l’acteur livre donc un témoignage mesuré et frontal sur le racisme que sa fille subit, rappelant qu’au‑delà des discours, ce sont les petites hostilités quotidiennes qui pèsent le plus lourdement.


