Invité de l’émission Beau geste dimanche 12 avril, Sami Bouajila s’est livré à Pierre Lescure sur un chapitre intime de sa vie : le diagnostic de bipolarité qui a bouleversé son quotidien. L’entretien, conduit en deuxième partie de soirée sur France Télévisions, a d’abord porté sur le cinéma et la série dans laquelle l’acteur joue, avant de basculer vers ce récit personnel, évoqué avec franchise et émotion.
Un diagnostic qui fait sens
Au cours de l’échange, Pierre Lescure a rappelé que Bouajila aimait « aller plus loin surtout dans les émotions ». L’acteur a confirmé et a raconté comment, avec le temps, son entourage avait constaté des répercussions : « je faisais souffrir, que je collais à l’image du rôle quand je rentrais. Je le ramenais avec moi et j’étais encore dans les émotions. »
Il a expliqué n’avoir pas immédiatement identifié ces épisodes : « En fait, je faisais des dépressions mais je ne savais pas que c’était ça. Je me disais : ‘Bon, c’est mon caractère’. » Face à cette difficulté à se reconnaître, la compagne de l’acteur a posé un ultimatum qui a déclenché une prise en charge : « Sami, moi je veux bien qu’on reparte ensemble mais à deux conditions : un, que tu te fasses diagnostiquer […] et deux, que tu ailles voir un psy. »
Lors de la consultation médicale, le diagnostic a été prononcé explicitement. Le professionnel a déclaré : « Bon, bah voilà, c’est simple, vous êtes bipolaire de type 2. » À l’annonce, Sami Bouajila a raconté sa réaction : « Dès qu’il a dit ‘bipolaire’, je crois que j’ai craqué en larmes, en sanglots forts, par soulagement. Pour que ça donne un sens a tout ce que j’ai pu traverser. »
Depuis cette révélation et la mise sous traitement médicamenteux évoquée dans l’entretien, l’acteur indique parvenir à mieux réguler son humeur. Il ne donne pas de détails médicaux supplémentaires dans cet échange, mais il décrit la découverte du diagnostic comme un tournant qui a permis de donner une cohérence aux épreuves traversées.
Le contexte artistique et les projets récents
Lors de la même émission, il a été question de cinéma et de séries. Pierre Lescure a notamment reçu Josiane Balasko au sujet du film L’arnaqueuse, annoncé en salles le 22 avril, et a évoqué la carrière et les passions de l’invité. Sami Bouajila, né à La Tronche en Isère, a confié sa passion pour Bruce Lee et a évoqué une rencontre avec Denzel Washington.
Sur le plan professionnel, l’acteur — qui fêtera ses 60 ans le 26 mai — est actuellement à l’affiche de la série Un Prophète, diffusée sur Canal+. Selon l’entretien, la première saison, présentée comme une relecture moderne du film culte de Jacques Audiard, a été dévoilée début mars et le huitième et ultime épisode a été rendu public le 13 avril. Dans cette nouvelle adaptation, Sami interprète Massoud, un promoteur immobilier aux activités troubles, un rôle qui lui a donné l’occasion d’explorer une large palette d’émotions.
La discussion met en parallèle l’exigence du jeu d’acteur et les conséquences personnelles de l’immersion dans des personnages intenses. Sami Bouajila reconnaît qu’il pouvait « se perdre dans les rôles » et que cela influait sur sa vie privée, jusqu’à ce que la confrontation avec son entourage et un parcours médical permettent d’identifier la bipolarité comme une explication à ces comportements.
Une parole publique et mesurée
La confidence faite sur un plateau télévisé s’inscrit dans une logique de témoignage : l’acteur relate son parcours sans entrer dans des détails cliniques, et souligne l’importance de la reconnaissance et de la prise en charge. Sa réaction — des larmes exprimant un mélange de soulagement et d’émotion — illustre la portée personnelle d’un diagnostic longtemps ignoré ou interprété comme un trait de caractère.
Ce récit, partagé dans un format grand public, participe à normaliser la parole autour des troubles de l’humeur en rappelant que le repérage et le suivi médical peuvent transformer une situation difficile. L’entretien ne donne pas d’informations supplémentaires sur la nature exacte du suivi thérapeutique au‑delà de la mention d’un traitement médicamenteux et d’une consultation psychiatrique sollicitée par sa compagne.
En marge de ce témoignage, la présence de Sami Bouajila dans une série saluée par la critique rappelle aussi la double réalité de l’acteur : un professionnel dédié à son art et un homme confronté à des enjeux personnels que la parole publique contribue à rendre visibles.


