Invitée du podcast ON DIT TOUT AU PUBLIC diffusé sur YouTube le vendredi 5 juin, la comédienne Anny Duperey, 78 ans, a de nouveau pris position sur l’affaire Patrick Bruel. Ses propos, livrés sans détours à notre journaliste Karim Sebbouh, mêlent réserve, conviction féministe et critique du traitement médiatique et institutionnel dont fait l’objet le chanteur et comédien de 67 ans.
Contexte : annulations et retrait de la scène
Ces dernières semaines, la situation de Patrick Bruel s’est compliquée. Visé par plusieurs plaintes pour viols et agressions sexuelles, il a vu des portes se fermer progressivement. Sa pièce Deuxième partie, prévue au théâtre Édouard VII à Paris jusqu’au 7 juin, a vu ses dernières représentations annulées, en raison d’un climat tendu aux abords de la salle et d’actions de militantes du collectif NousToutes le 3 juin.
Dans la foulée, la société de production de l’artiste, 14 Productions, a annoncé l’annulation de sa tournée estivale « dans un souci d’apaisement et de responsabilité » afin de ne pas « troubler la sérénité » des festivals. Les concerts programmés au Cirque d’Hiver les 16, 17 et 18 juin ainsi que la série de dates prévues au Canada en décembre ont été annulés. Patrick Bruel a par ailleurs décidé de se retirer des Enfoirés et ne participera pas aux concerts de la troupe au début de l’année 2027.
La prise de parole d’Anny Duperey : nuance et colère
Rappelant une remarque antérieure qui lui avait valu des critiques, Anny Duperey a expliqué, lors du podcast, qu’elle avait fait une « plaisanterie » en évoquant la dynamique des fans autour de l’artiste. Elle a toutefois confirmé son observation : « J’avais vu un reportage, il y a longtemps, où les filles se jetaient sur lui… Quand elles sont hystériques et qu’elles veulent quelque chose elles n’ont aucune pudeur. Aucune. Ça fonce une nana. Ce n’est pas plus doux qu’un garçon quand ça s’y met. »
Sur les accusations qui pèsent sur Patrick Bruel, la comédienne a reconnu son incertitude quant aux faits : « Je ne sais pas ce qu’il a fait, ce qu’il n’a pas fait, peut‑être il a été lourdingue avec des nanas. Est‑ce au point de briser une carrière ? »
Féministe de longue date, Duperey n’en a pas moins condamné certains excès du système actuel : « Je suis profondément féministe et je pense qu’il y a des choses qui doivent changer. C’est vrai qu’il y a eu des abus, des abus de pouvoirs, il y a eu des choses terribles. Par contre, cette manie où toutes les semaines il y a un mec connu à abattre, ça, ça m’énerve. »
Elle a résumé sa position en des termes forts : « On annule ses concerts avant même qu’il ait été jugé. C’est la mise à mort populaire. » Ces mots expriment son refus d’un dénouement médiatique et social qui, selon elle, précipiterait une condamnation publique avant toute décision de justice.
Réactions et divisions au sein du monde artistique
L’avis d’Anny Duperey s’inscrit dans une série de prises de parole d’artistes et personnalités culturelles. D’autres voix se sont exprimées — Lio, Christophe Willem ou encore des figures liées à la Star Academy — et l’affaire divise. Certaines soutiennent la nécessité d’un traitement judiciaire rigoureux et d’une écoute accrue des plaignantes ; d’autres s’inquiètent des effets d’une dynamique de lynchage social et professionnel.
La multiplication des témoignages et l’impact immédiat sur la carrière de Patrick Bruel — annulations de spectacles, retrait de projets collectifs, annulation de tournées — montrent combien l’affaire suscite à la fois une mobilisation sociale et une réaction institutionnelle rapide. Les débats portent désormais sur l’équilibre entre la présomption d’innocence, la protection des victimes et l’impact d’une condamnation médiatique anticipée.
Dans ce climat, la parole d’Anny Duperey illustre la complexité des réactions au sein du milieu artistique : elle mêle empathie pour les victimes potentielles, attachement aux principes de justice, et exaspération face à ce qu’elle qualifie de « mise à mort populaire ». Ses propos relanceront sans doute le débat sur la manière dont la société et les médias traitent les affaires publiques impliquant des personnalités connues.
La comédienne a parlé publiquement le 5 juin ; les mesures prises autour de Patrick Bruel — annulations et retraits de programmation — ont eu lieu pour une large part début juin, avec des dates et décisions précisées dans les communiqués des structures concernées.


