La représentation prévue mercredi 3 juin 2026 au théâtre Édouard‑VII, dans le 9e arrondissement de Paris, a été annulée après des échauffourées verbales entre militantes féministes et plusieurs spectateurs venus soutenir Patrick Bruel.
Une courte séquence filmée et diffusée par Le Média TV a rapidement circulé sur les réseaux sociaux, montrant des militantes du collectif Nous Toutes et d’autres organisations brandissant des pancartes et scandant « Patrick Bruel violeur ! » et « Pas de scène pour les agresseurs ! ». Face à elles, des fans souhaitant entrer dans la salle ont répondu avec virulence, plusieurs échanges prenant un tour personnel et ciblant notamment l’animatrice Flavie Flament.
Échanges tendus devant le théâtre Édouard‑VII
Sur la vidéo relayée publiquement, une dizaine de militantes se tiennent devant l’entrée du théâtre le soir du 3 juin 2026, tandis que des spectateurs tentent de franchir le cordon. L’un des intervenants lance aux manifestantes : « Combien pour le fric ? », insinuant que les accusations dirigées contre le chanteur seraient motivées par un intérêt financier.
Lorsque l’une des militantes demande si Flavie Flament « aurait besoin de fric », une femme de l’autre camp réplique en citant des propos attribués à Benjamin Castaldi, ancien mari de Flavie Flament, en affirmant que « c’était une afabulatrice ». Le nom de l’animatrice est ainsi utilisé dans la confrontation pour tenter de discréditer les accusations portées contre Patrick Bruel.
La scène, qui suit une précédente perturbation survenue le 27 mai 2026 au même théâtre, a nécessité l’intervention policière afin de maintenir l’ordre. Les spectateurs avaient d’abord été autorisés à prendre place, mais la direction a finalement décidé d’annuler la représentation du 3 juin, décision confirmée à l’AFP par l’attaché de presse du spectacle et par une source policière.
Conséquences artistiques et calendrier des annulations
À la suite de cet incident, les dernières dates de la pièce Deuxième partie ont été supprimées : la représentation du 3 juin a été annulée et les cinq dernières dates programmées dans ce théâtre ont été retirées du calendrier.
Par ailleurs, la production indique que la tournée estivale de Patrick Bruel, qui devait se tenir entre juin et septembre 2026 et comprenait une douzaine de dates (dont des passages annoncés au Cirque d’Hiver à Paris), est également compromise. L’équipe a évoqué « un climat de tension » incompatible avec le bon déroulement des spectacles comme motif principal de ces annulations.
Dans ce contexte, Patrick Bruel a annoncé son retrait de la troupe des Enfoirés. Sa société de production, 14 Productions, et le chanteur contestent l’ensemble des faits qui lui sont reprochés et rappellent la présomption d’innocence.
Contexte judiciaire et paroles publiques
Rappelons que, selon les informations publiques, Patrick Bruel fait l’objet d’au moins huit plaintes pour violences sexuelles en France et d’une enquête judiciaire pour agression sexuelle en Belgique. Ces éléments ont alimenté les mobilisations devant les lieux où il se produit et nourri le débat public autour de sa présence sur scène.
Du côté des manifestantes, l’objectif affiché est clair : empêcher que des personnes mises en cause pour des faits graves continuent à se produire en public tant que les éventuels agissements n’auront pas été jugés. Pour les partisans de l’artiste, la mobilisation est perçue comme une attaque injustifiée, certains allant jusqu’à mettre en doute la sincérité des plaignantes, comme en témoignent les échanges filmés le 3 juin.
La référence faite par un participant aux déclarations de Benjamin Castaldi — qui, dans des interviews et un livre, a émis des doutes sur les témoignages de Flavie Flament — a été reprise dans la confrontation, mais il convient de distinguer les propos tenus publiquement par des tiers et les faits en cours d’instruction.
La situation traduit une polarisation forte autour d’un dossier sensible : d’un côté, des collectifs féministes qui réclament que la parole des victimes soit prise en compte et que des personnes mises en cause soient tenues à l’écart des scènes publiques ; de l’autre, des spectateurs et soutiens qui dénoncent selon eux une instrumentalisation médiatique et exigent la présomption d’innocence pour l’artiste.
À l’heure des annulations et des échanges publics très vifs, la suite de l’affaire dépendra des procédures judiciaires en cours et de la décision des organisateurs quant à la reprise éventuelle d’une programmation comprenant Patrick Bruel.


