Depuis le vendredi 29 mai 2026, une mobilisation intense a cherché à répondre à une disparition qui a ému la France entière : celle de Lyhanna, 11 ans, qui n’est pas rentrée du collège Hubert-Reeves de Fleurance, dans le Gers.
Les circonstances de la disparition
D’après le père de l’enfant, Martial Bernard, la fillette a été vue pour la dernière fois le 29 mai vers 15 heures, « assise à l’ombre, sur un trottoir » aux abords de l’établissement scolaire. Au moment des faits, elle portait un short noir et un débardeur rayé noir et blanc — une description qui a été reprise dans les alertes lancées auprès du public. Les parents ont même eu recours à des outils d’intelligence artificielle pour reconstituer l’apparence de la tenue et relayer l’alerte.
Les recherches ont été massives : plus de 170 gendarmes mobilisés et un quadrillage du secteur allant de 10 à 20 kilomètres autour de Fleurance. Des centaines de volontaires se sont joints à ces battues dans les jours qui ont suivi.
Un proche de la famille identifié puis mis en examen
Dès les premières heures de l’enquête, l’exploitation des images de vidéosurveillance a orienté les investigations vers un proche de la famille. La collégienne aurait été vue montant dans le véhicule d’un homme de 41 ans, identifié comme étant Jérôme Barella.
Selon les éléments rapportés, ses explications ont été jugées « incohérentes » par les enquêteurs : il affirmait avoir déposé l’enfant « à sa demande » à proximité de la piscine municipale. La mère de Lyhanna a précisé sur BFMTV que cet homme « amenait des goûters à Lyhanna tous les jours » et qu' »si c’est quelqu’un qu’elle connaît, oui, elle serait capable de monter dans la voiture s’il lui a proposé de la ramener à la maison. »
Rapidement mis en examen pour enlèvement et séquestration de mineure et placé en détention provisoire, Jérôme Barella conteste les faits et est resté silencieux selon les éléments disponibles. Son profil a suscité des interrogations : avant cette mise en examen, il aurait déjà fait l’objet de trois procédures pour viols ou agressions sexuelles, bien que son casier judiciaire ait été décrit comme vierge. Par ailleurs, une nouvelle plainte pour viol sur mineure avait été déposée le 3 juin 2026 contre lui.
Face à ces révélations, le maire de Fleurance, Grégory Bobbato, a notamment dénoncé « des décennies d’économie sur le dos de sujets cruciaux que sont l’accompagnement de la parole des victimes et l’urgence que devraient revêtir les procédures quand il s’agit d’enfants ».
Découverte d’un corps, analyses en cours
Six jours après la disparition, le 4 juin 2026, une nouvelle lourde est tombée : un corps a été découvert à proximité de Fleurance, où la fillette avait disparu. Les parents ont été informés par les autorités. Les enquêteurs ont précisé que des analyses complémentaires seraient nécessaires pour confirmer formellement l’identité du corps retrouvé.
Au moment de la publication des informations, aucune confirmation officielle n’avait encore été apportée sur l’identité. Si l’expertise venait à confirmer qu’il s’agit bien de Lyhanna, l’enquête pour enlèvement et séquestration prendrait une tournure judiciaire beaucoup plus grave et pourrait entraîner une requalification des faits.
Parallèlement à l’instruction pénale, le gouvernement avait annoncé l’ouverture d’une enquête administrative concernant le traitement d’une plainte pour viols sur mineure déposée en août 2025 contre le principal suspect. Cette double trajectoire — pénale et administrative — souligne la sensibilité et la complexité du dossier.
Une affaire qui interroge
Cette affaire concentre de fortes émotions et soulève des questions sur la prévention, la protection des mineurs et la prise en charge des signalements. Les autorités judiciaires rappellent que toute personne mise en cause dans une procédure demeure présumée innocente tant que sa culpabilité n’a pas été établie par une décision de justice.
Les enquêteurs poursuivent les expertises et les investigations afin d’établir la chronologie exacte des faits et déterminer les responsabilités. La population locale, les services de l’État et les associations restent mobilisés en attendant les résultats des analyses qui permettront d’éclaircir définitivement cette tragique affaire.


