Nouvel épisode dans la tourmente judiciaire et médiatique qui entoure Patrick Bruel : les dernières représentations de sa pièce Deuxième partie au théâtre Édouard‑VII à Paris ont été définitivement annulées, a rapporté RTL le 4 juin. Cette décision suit une action militante survenue la veille et s’inscrit dans une série de conséquences professionnelles pour l’artiste, visé par plusieurs plaintes pour viols et agressions sexuelles qu’il nie.
Arrêt immédiat après une action de militantes
La situation s’est brusquement tendue le mercredi 3 juin au soir, lors d’une représentation au théâtre Édouard‑VII, situé dans le 9e arrondissement de Paris. Selon les éléments publiés, des militantes du collectif #NousToutes se sont introduites dans la salle au moment de l’arrivée des spectateurs, ont scandé des slogans et brandi des pancartes pour dénoncer la présence de Patrick Bruel sur scène.
Malgré l’intervention des forces de l’ordre pour évacuer les manifestantes, la représentation de la soirée a dû être interrompue et finalement annulée. Le lendemain, jeudi 4 juin, la direction du théâtre a annoncé l’arrêt définitif des cinq dernières représentations de Deuxième partie, programmées jusqu’au dimanche 7 juin.
Dans un message publié sur le site du théâtre, la direction précise : « En accord avec les comédiens, la direction du Théâtre Édouard VII a pris la décision d’annuler les 5 dernières représentations de la pièce. En conséquence, vos billets vous seront automatiquement remboursés. Nous reviendrons vers vous uniquement si nous avons besoin d’informations complémentaires pour procéder à ce remboursement. »
Une carrière freinée par des accusations
Cette annulation s’ajoute à une série de mesures qui ont déjà affecté la carrière de Patrick Bruel. Le chanteur est visé, d’après les informations disponibles, par au moins dix plaintes pour viols et agressions sexuelles déposées en France. Parmi les plaignantes figure l’animatrice Flavie Flament, qui accuse Bruel d’un viol alors qu’elle avait 16 ans. L’artiste nie l’ensemble des faits qui lui sont reprochés et reste présumé innocent tant que la justice n’a pas statué définitivement.
Conséquence directe de la révélation de ces accusations : la tournée d’été Alors regarde 35 a été annulée, de même que des concerts prévus au Québec (Québec et Montréal). Patrick Bruel s’est également retiré du spectacle des Enfoirés, troupe à laquelle il participait depuis 1993. Par ailleurs, plusieurs élus locaux et collectifs ont publiquement demandé l’annulation de ses concerts et ont relayé ces demandes dans les villes concernées.
La décision du théâtre Édouard‑VII d’arrêter Deuxième partie marque un nouveau revers professionnel pour l’artiste et illustre la pression croissante exercée par des collectifs féministes et des autorités locales sur les lieux culturels et les programmations artistiques lorsque des personnalités sont mises en cause.
Contexte judiciaire et présomption d’innocence
Sur le plan judiciaire, les procédures suivent leur cours. Le nombre de plaintes et la médiatisation du dossier ont toutefois eu un impact immédiat sur la vie professionnelle de Patrick Bruel, alors même qu’il conteste les faits. Conformément au principe de la présomption d’innocence, il doit être considéré comme innocent jusqu’à décision judiciaire finale. Le retrait de représentations et d’engagements reste, en revanche, une faculté exercée par des organisateurs, des programmateurs ou l’artiste lui‑même en réponse à la mobilisation sociale et aux risques d’atteinte à la continuité des spectacles.
La fermeture anticipée de la pièce au théâtre Édouard‑VII intervient après que la programmation avait déjà été fragilisée par l’éclatement public de l’affaire. Le théâtre indique que les remboursements des billets seront effectués automatiquement et qu’il contactera les spectateurs uniquement si des informations complémentaires sont nécessaires pour procéder aux remboursements.
Au moment de la publication de cette information, Patrick Bruel n’avait pas publié de nouveau communiqué public concernant l’annulation des représentations au théâtre Édouard‑VII. Ses avocats ou ses représentants peuvent toutefois choisir de réagir dans les jours qui suivent, à mesure que la situation évolue et que les procédures judiciaires progressent.
Ce développement montre la manière dont l’espace culturel peut être bousculé par des mobilisations citoyennes et des procédures judiciaires, et rappelle que les décisions de programmation peuvent intervenir très rapidement lorsqu’elles sont perçues comme socialement ou juridiquement sensibles.


