Les prises de parole se multiplient autour du projet de loi visant à réformer l’aide sociale à l’enfance (ASE), après une nouvelle intervention du ministre de la Justice, Gérald Darmanin. Mercredi 27 mai, le garde des Sceaux a évoqué la nécessité de recentrer les procédures pénales sur les victimes lors d’une allocution consacrée aux violences dans le périscolaire : « Nous devons nous réveiller collectivement […] pour que les enfants soient entendus, que les victimes soient au cœur du procès pénal et que ce ne soit pas l’auteur qui soit au cœur du procès pénal », a-t-il déclaré.
Une réalisatrice tire la sonnette d’alarme
La prise de parole de Gérald Darmanin a déclenché une réaction vive d’Andrea Bescond, réalisatrice et césarisée, qui a utilisé son compte Instagram pour interpeller directement le ministre et le Sénat. Dans sa publication, datée du 28 mai, elle signale l’ajout d’un amendement au texte examiné au Sénat concernant l’accompagnement automatique par un.e avocat.e des enfants pris en charge par l’ASE.
« Tu es Gérald Darmanin. Tu viens de nouveau de rajouter un amendement sur le texte de loi examiné aujourd’hui au Sénat concernant l’accompagnement automatique par un.e avocat.e des enfants de l’ASE. Si ce texte est validé, il pourrait entrer en vigueur immédiatement. Ces milliers d’enfants ne peuvent pas attendre les présidentielles comme tu le souhaites », écrit-elle, soulignant l’urgence selon elle de mesures immédiates pour protéger ces mineurs.
Dans la même publication, Andrea Bescond énumère plusieurs urgences qu’elle estime liées au traitement des enfants de l’ASE : « C’est une urgence. Le traitement des enfants de l’ASE, c’est une urgence. L’inceste, c’est une urgence. La pédocriminalité, c’est une urgence. La pédopornographie, c’est une urgence. La prostitution des mineures, c’est une urgence. » Ces propos, relayés sur Instagram, ont rapidement suscité de nombreuses réactions.
Alexandra Lamy relaie et interpelle
Parmi celles qui ont amplifié le message, l’actrice Alexandra Lamy a reposté la publication d’Andrea Bescond sur sa propre page Instagram. D’abord sobrement, elle a commenté avec trois emojis représentant des mains applaudissant, puis elle a ajouté son propre message : « Urgence !!! Protégeons les enfants de l’ASE ».
En repartageant le texte, Alexandra Lamy s’est positionnée publiquement aux côtés de la réalisatrice, appelant à une mobilisation en faveur d’une mise en œuvre rapide des dispositifs d’accompagnement pour les enfants concernés. Les commentaires sous sa publication saluent cet engagement, avec des messages tels que « Bravo et merci pour eux », « Merci de prendre la parole pour défendre les victimes. Pas toutes les personnalités osent le faire. Vous êtes courageuse et avez un bon cœur ! » ou encore « Merci Alexandra de partager ce texte ».
Le relais d’Alexandra Lamy illustre la manière dont des personnalités du monde culturel s’emparent d’un débat de société pour amplifier une demande de protection des mineurs pris en charge par l’ASE.
Le projet de loi porté par le ministre a pour objectif, selon ses déclarations, de réformer l’aide sociale à l’enfance et de mieux protéger les victimes dans les procédures pénales. Mais l’ajout récent d’amendements et la possibilité d’une entrée en vigueur immédiate de certaines mesures ont provoqué des réactions d’inquiétude chez des acteurs culturels et engagés, qui estiment que l’urgence commande une mise en œuvre sans délai.
À ce stade, les prises de position publiques d’Andrea Bescond et d’Alexandra Lamy participent à la pression médiatique autour de l’examen sénatorial du texte. Les propos cités ci-dessus proviennent des publications Instagram relayées par les intéressées et mentionnent explicitement le ministre Gérald Darmanin et le Sénat comme destinataires de l’appel.
Le dossier reste évolutif : l’examen parlementaire et la validation éventuelle des amendements détermineront la portée exacte des mesures et leur calendrier d’application. Les prises de parole publiques contribueront néanmoins à maintenir la question de la protection des enfants de l’ASE au centre du débat.


