Quand le deuil d’un village remet en cause un Rendez-vous en terre inconnue : Laury Thilleman a choisi de poursuivre le tournage avec Stéphane de Groodt

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Ce mardi 26 mai, France 2 diffuse à 21h10 l’épisode de Rendez-vous en terre inconnue emmenant Laury Thilleman et Stéphane de Groodt à la rencontre du peuple Wauja, dans le parc indigène du Xingu, au nord-est de l’État du Mato Grosso, en Amazonie brésilienne. Un voyage filmé qui, selon Laury Thilleman, a bien failli ne jamais avoir lieu.

Un concept ancien, des visages renouvelés

L’émission, lancée en décembre 2004 par Frédéric Lopez avec Thierry Lhermitte à Madagascar, s’est imposée comme un format où personnalités et communautés isolées se rencontrent dans des conditions souvent éprouvantes. Depuis, de nombreuses figures publiques — Muriel Robin, Adriana Karembeu, Arthur, Kev Adams, Vianney, Slimane ou Kendji Girac — ont vécu ce « grand saut vers l’inconnu », souvent marquant émotionnellement les participants.

Frédéric Lopez a piloté le programme jusqu’en 2018, puis Raphaël de Casabianca lui a succédé. Depuis l’an passé, Laury Thilleman tient la place d’animatrice et a déjà accompagné plusieurs personnalités, notamment pour des voyages au Chili avec Cyril Lignac et prochainement avec Tony Parker. Pour cet épisode, c’est l’écrivain et comédien Stéphane de Groodt qui partage l’expérience.

Un tournage menacé par le deuil du village

Lors d’une conférence de presse en avril consacrée à l’émission, Laury Thilleman a expliqué pourquoi le tournage a failli être annulé. « Une personne de la communauté, malade, était dans le coma », a-t-elle raconté. Elle précise que, dans ce contexte, « lorsqu’une personne est malade dans cette communauté, tout le monde doit rester reclus dans les maisons. Le village est en deuil et il n’y a plus véritablement d’activité, plus de danse, plus de chant. Toutes les traditions sont mises en veille. Donc c’était compliqué d’envisager un film dans ces conditions-là. »

Confrontée à cette réalité, la production a sérieusement envisagé l’abandon. « Oui, la question s’est vraiment posée d’annuler le tournage », a affirmé Laury Thilleman. Pour ne pas altérer l’expérience de son invité, elle confie avoir dissimulé la gravité de la situation à Stéphane de Groodt et multiplié les allers-retours auprès des équipes techniques : « Je le cachais évidemment à Stéphane. Je faisais des allers-retours pour aller voir en cachette les équipes : ‘Qu’est-ce qu’on fait ? Comment est-ce qu’on rebondit ?’ »

Finalement, la décision a été prise d’adapter le tournage à la réalité du village et de respecter les règles locales liées au deuil. « On a pris le risque de rester », résume Laury Thilleman, soulignant la volonté de la production de ne pas instrumentaliser la situation mais de l’intégrer au récit documentaire.

Respect des traditions et responsabilité éditoriale

Le cas exposé illustre la tension permanente entre impératifs de production et respect des usages culturels. Lorsque des communautés vivent un événement grave, comme la maladie d’un membre, les coutumes imposent souvent des changements immédiats du quotidien. Dans ce contexte, filmer ou non relève d’un arbitrage à la fois éthique et logistique.

Laury Thilleman laisse transparaître la prudence qui a guidé l’équipe : rester présent tout en modifiant la manière de filmer, respecter les temps de silence et les gestes de deuil, et donner à voir une réalité diffractée par l’absence d’activités rituelles. Le propos de l’animatrice indique aussi que la production a pesé les risques de perturber davantage la communauté et les a confrontés à l’opportunité de témoigner du moment vécu.

Pour le spectateur, l’épisode promet donc une immersion différente des précédentes éditions : moins de chants et de danses célébratoires, plus d’observation attentive des liens sociaux et des contraintes qui régissent la vie du village au moment du drame.

Ce que l’on peut attendre de l’épisode

Les habitués du format retrouveront les ingrédients traditionnels — rencontres, étonnements, émotions — mais sans la scénographie habituelle des grandes fêtes villageoises. Le récit devrait s’appuyer sur la tension entre la disponibilité des habitants et la tradition qui impose le retrait collectif en période de maladie grave.

Laury Thilleman, 34 ans, et Stéphane de Groodt ont choisi de poursuivre le tournage en respectant les limites imposées par la communauté. Le résultat, diffusé ce 26 mai à 21h10 sur France 2, offrira une fenêtre sur une réalité où le voyage ne se résume pas à des spectacles autochtones mais se confronte aux événements de la vie quotidienne des peuples rencontrés.

Rendez-vous devant l’écran pour juger de la manière dont l’émission rend compte de ce moment délicat, en espérant que le choix de rester n’ait pas contrevenu aux souhaits de la communauté Wauja.

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