AD Laurent, connu du grand public pour ses participations à plusieurs émissions de téléréalité, voit l’affaire le concernant franchir une nouvelle étape procédurale. Visé par une plainte pour viol déposée en 2024, le dossier a récemment été confié à une juge d’instruction, selon les informations relayées par Le Parisien – Aujourd’hui en France. Plusieurs éléments de contexte et un calendrier des faits permettent de mieux comprendre l’évolution de ce dossier très médiatisé.
Parcours médiatique et bascule vers les réseaux
AD Laurent s’est fait remarquer à la télévision en 2015, alors qu’il avait 21 ans, en participant à l’émission « Garde à Vous » diffusée sur M6. Cette première exposition lui a ouvert les portes d’autres programmes : « Les Princes de l’Amour » (saison 4), « Friends Trip » (saison 4), « Les Anges » (saison 10), « La Villa des Cœurs Brisés » (saison 5) et « 10 Couples Parfaits » (saison 4). Son passage répété dans ces formats a consolidé sa notoriété dans l’univers de la téléréalité.
À partir de 2020, il a progressivement quitté la téléréalité traditionnelle pour se tourner vers d’autres activités : une reconversion dans la pornographie et une présence importante sur TikTok, où il réunit près de 500 000 abonnés. Ses contenus, parfois jugés provocateurs, lui valent autant d’admirateurs que de détracteurs : propos considérés comme misogynes et spectacles qualifiés d’obscènes en boîte de nuit ont alimenté la controverse autour de sa personnalité publique.
L’affaire judiciaire : plainte, récit et position des parties
La plainte visant AD Laurent pour viol a été déposée en 2024 par une femme souhaitant conserver l’anonymat. Selon le récit inclus dans cette plainte, la rencontre remonterait à avril 2018, dans une boîte de nuit à Sydney (Australie). La plaignante affirme que les agressions se seraient produites après qu’elle eut refusé un rapport sexuel sans préservatif. Elle accuse par la suite l’influenceur de lui avoir imposé une fellation sous la douche.
Deux ans après le dépôt de la plainte, une juge d’instruction a été désignée pour prendre en charge l’enquête, marquant un tournant procédural important : le dossier quitte ainsi l’examen préliminaire pour entrer dans une phase où l’instruction permettra, si nécessaire, d’auditionner des témoins, d’ordonner des expertises et de rassembler des preuves en vue d’une éventuelle mise en examen. Me Jean-Christophe Basson-Larbi, l’avocat de la plaignante, a salué cette décision en la qualifiant de « suite logique » de la plainte criminelle.
Interrogé par Le Parisien en 2025, AD Laurent a fermement nié les accusations : « je n’ai jamais violé personne », déclarait-il, ajoutant ne « jamais [avoir] imposé le moindre rapport sexuel » et affirmant qu’il n’avait « jamais été entendu » et qu’il ne savait « toujours pas qui [l’]accuse ». Ces propos sont consignés dans l’article de presse rapporté dans le dossier public.
Enjeux et limites de l’information disponible
Les éléments diffusés dans la presse reposent en grande partie sur la plainte déposée et sur les déclarations publiées par les protagonistes et leurs conseils. Il est important de noter que, au stade actuel de l’instruction, les allégations restent des accusations et que la procédure vise précisément à vérifier les faits, recueillir des preuves et garantir les droits de la victime comme ceux de la personne mise en cause.
Plusieurs questions pratiques demeurent en suspens dans l’espace public : calendrier précis des actes d’instruction, calendrier des auditions et éventuelles suites judiciaires (mise en examen, renvoi devant une juridiction). Tant que la juge d’instruction n’aura pas rendu d’ordonnances publiques ou tant que des actes de procédure significatifs n’auront pas été communiqués, l’information accessible au grand public restera partielle.
Parallèlement, la notoriété et le profil médiatique d’AD Laurent complexifient la réception de l’affaire : médiatisation des faits, réactions sur les réseaux sociaux et interventions politiques antérieures — notamment la demande de fermeture manu militari de son compte TikTok par la ministre déléguée à l’Égalité femmes-hommes, Aurore Bergé, mentionnée dans la presse en 2025 — participent à un contexte où jugements d’opinion et procédure judiciaire cohabitent.
La désignation d’une juge d’instruction traduit, en pratique, la volonté du parquet d’approfondir l’enquête lorsque les éléments initiaux le justifient. Dans les mois qui viennent, la procédure d’instruction devrait préciser les contours des faits allégués et permettre, si nécessaire, aux deux parties d’apporter leurs éléments probants devant la justice.
La suite de cette affaire dépendra désormais des actes d’instruction et des décisions judiciaires à venir. Tant que celles-ci ne seront pas rendues publiques, les médias et le public disposeront d’un panorama limité, fondé sur la plainte, les déclarations des parties et les communiqués d’avocats relayés par la presse.


