Au Festival de Cannes 2026, Adèle Exarchopoulos a profité de la présentation du film Garance pour évoquer, sans détour, les remarques répétées auxquelles elle est confrontée dans sa vie quotidienne, notamment lorsqu’il s’agit de dire non à un verre.
Un rôle qui ouvre la parole
Présente à Cannes pour Garance, réalisé par Jeanne Herry, l’actrice incarne le personnage-titre : une jeune comédienne qui sombre dans l’alcool et traverse plusieurs épreuves sur huit ans. Ce rôle exigeant l’a naturellement poussée à aborder son rapport personnel à la boisson lors d’une interview donnée à FranceTVSlash.
Adèle Exarchopoulos a expliqué que, même si elle n’a « pas de problème avec l’alcool », le simple fait de refuser une coupe en soirée déclenche trop souvent des commentaires et des interrogations intrusives. « Moi j’ai de la chance, c’est pas un péché. J’ai pas de problème avec l’alcool mais c’est vrai qu’on est dans une culture où, d’un coup, j’le vois, si j’ai pas envie de boire en soirée, il faut se justifier, il faut faire une thèse », a-t-elle déclaré, résumant le ras‑le‑bol ressenti par de nombreuses femmes exposées ou non.
« T’es enceinte ? Tu truques ? » : la lassitude d’une réponse devenue banale
Parmi les questions qui l’irritent le plus, Adèle cite celles qui transforment un refus anodin en suspicion : « T’es enceinte ? Tu truques ? Bah non, juste j’aime pas… » Une réplique lapidaire et agacée qui illustre combien le non-consentement à la boisson peut être perçu comme anormal et exigeant des explications.
L’actrice pointe une forme de « culture du verre » : dans certains contextes sociaux, ne pas boire suffit à déclencher une avalanche de suppositions. Pour elle, être connue et constamment sous les projecteurs ne devrait pas signifier devoir rendre des comptes sur des choix personnels et banals.
Sa prise de parole s’inscrit à la fois dans le cadre d’un rôle où l’addiction est au cœur du récit et dans une revendication plus générale : refuser d’accepter ces remarques comme normales. Adèle insiste sur l’exigence de liberté personnelle, même face à la curiosité ou au scepticisme ambiant.
Un soutien discret mais visible : François Civil
À ses côtés lors de l’événement cannois, François Civil a offert un geste de complicité remarqué par les caméras. Le 17 mai, alors que l’équipe du film montait les marches du Palais des Festivals, il a sorti son téléphone pour filmer Adèle qui montait vers lui, un instant de tendresse capté par Brut et relayé par les médias présents.
Ce bref moment, loin des poses officielles, a attiré l’attention : Adèle portait ce soir-là une robe en dentelle pourpre qui a focalisé les regards, et la scène a montré la présence rassurante d’un proche attentif. Pour une actrice qui dit se sentir souvent observée et jugée, ce regard complice et bienveillant a une portée symbolique forte.
François Civil, dépeint ici comme un soutien discret mais réel, incarne l’idée que la vie personnelle des artistes peut contenir des repères protecteurs, même au cœur d’un festival mondain et médiatique.
En choisissant de parler ouvertement de l’épuisement causé par ces remarques, Adèle Exarchopoulos transforme l’expérience individuelle en une observation sur les pressions sociales exercées notamment sur les femmes. Sa parole, nourrie par le rôle de Garance, rappelle que refuser un verre ne devrait pas être sujet à enquête : c’est un choix personnel, et il mérite d’être respecté.


