Depuis la confirmation publique de leur relation au printemps 2026, la présence de Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles aux côtés de Jordan Bardella suscite une attention médiatique soutenue. Révélée au grand public par Paris Match, cette romance entre le dirigeant du Rassemblement national et une héritière de l’aristocratie européenne oscille entre fascination mondaine et examen des dossiers familiaux qui ressurgissent.
Une héritière sous les projecteurs
Agée de 22 ans, Maria Carolina appartient à la famille des Bourbon des Deux-Siciles, une branche historique de la dynastie des Bourbons. Bien que la royauté ait disparu à la suite de l’unification italienne en 1861, la famille conserve une place notable dans les cercles aristocratiques européens et continue d’apparaître dans des cérémonies et publications spécialisées.
Le père de Maria Carolina, le prince Charles de Bourbon des Deux-Siciles, est présent comme figure symbolique de cette lignée. Mais si l’histoire et le titre attirent l’attention, ce sont des contentieux patrimoniaux liés au côté maternel de la jeune femme qui alimentent désormais les articles et polémiques.
Le dossier Crociani : trusts, œuvres d’art et accusations
La fortune en question provient en grande partie de la famille maternelle Crociani. Le grand-père maternel de Maria Carolina, Camillo Crociani, fut un industriel influent, actif notamment dans les secteurs de l’armement et des technologies. Son nom est cité dans le contexte des grandes affaires internationales des années 1970, et la famille quitte l’Europe pour le Mexique après des démêlés judiciaires.
À sa mort en 1980, l’essentiel du patrimoine familial aurait été réparti dans plusieurs trusts et sociétés offshore. C’est cette architecture patrimoniale, jugée complexe, qui a donné lieu à des querelles familiales publiques au début des années 2010, portant d’abord sur le partage d’œuvres d’art — parmi lesquelles sont évoqués des tableaux attribués à Pablo Picasso, Paul Gauguin et Marc Chagall —, puis sur des montants financiers beaucoup plus élevés.
Dans ce contexte, Cristiana Crociani, tante de Maria Carolina, a accusé sa sœur Camilla, mère de la princesse, et leur mère Edoarda Crociani, d’avoir détourné une part importante de la succession. Le litige, qui a pris la forme de procédures devant plusieurs juridictions internationales, a vu circuler des chiffres importants, jusqu’à « près de 600 millions de dollars » selon les éléments rapportés publiquement.
Ces montants et les mécanismes évoqués — trusts, transferts d’actifs entre juridictions — restent au cœur des reproches et des procédures. La précision des chiffres varie selon les sources et les étapes judiciaires, mais la dimension internationale et la valeur supposée des biens expliquent la médiatisation et la complexité des recours engagés.
Une décision à Jersey et ses conséquences
Le dossier a connu une étape marquante devant la Royal Court de Jersey, une juridiction souvent sollicitée dans les affaires liées aux structures offshore. Après plusieurs années de procédure, un juge de la cour a estimé que certains mouvements d’actifs avaient été opérés de manière irrégulière.
En 2021, Camilla de Bourbon des Deux-Siciles a notamment été condamnée pour outrage à la cour après avoir refusé d’exécuter certaines décisions judiciaires, et une amende de 2,3 millions d’euros a été prononcée, assortie d’une menace de peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à 12 mois en cas de non-paiement. Ces éléments figurent dans les archives judiciaires et ont été repris par plusieurs médias lors des différentes étapes du contentieux.
Longtemps discret en France, ce dossier est revenu sous les feux de l’actualité avec la médiatisation de la relation entre Jordan Bardella et Maria Carolina. Apparitions publiques et photos de couple ont replacé ces vieilles affaires dans la lumière, suscitant réactions et commentaires sur les réseaux sociaux et dans la presse.
La réaction des avocats : démenti et menace de poursuites
Face à la multiplication des articles et publications, les conseils juridiques de la famille ont pris la parole pour tenter de circonscrire la controverse. Dans un communiqué publié sur Twitter, Maîtres Olivier Pardo et Benjamin Mathieu ont dénoncé un article belge qu’ils qualifient de « parfaitement diffamatoire » et de « fondé sur de fausses informations et des calomnies », visant selon eux la famille et, par ricochet, Jordan Bardella.
Les avocats affirment qu’« il n’existe plus aujourd’hui aucun litige au sein de la famille Crociani » et précisent que le conflit serait désormais « résolu ». Le communiqué annonce par ailleurs le dépôt de plaintes contre les médias qui reprendraient ces accusations sans vérification.
La formulation exacte citée dans certains dépêchés reprend ces expressions : « Le site belge La Dernière Heure a publié ce matin un article parfaitement diffamatoire, fondé sur de fausses informations et des calomnies, visant la famille Bourbon des… » (communiqué).
À ce stade, les déclarations des avocats constituent la réponse officielle de la famille aux allégations récentes. Les éléments judiciaires antérieurs (condamnation à Jersey, procédures entre héritiers) restent, eux, consignés dans des décisions de justice et des comptes rendus de procédure.
Sans nouvelles pièces publiques confirmant un renversement de ces décisions, la réapparition médiatique du dossier repose principalement sur la remise en contexte par la presse des liens familiaux et patrimoniaux de Maria Carolina. Le débat public autour de la relation politique et privée du couple se poursuit, entre curiosité mondaine et examen des faits judiciaires passés.


