Le 15 mai, l’ancienne animatrice Flavie Flament a annoncé via Instagram qu’elle déposait plainte contre Patrick Bruel pour des faits remontant à 1991. Cette prise de parole relance un débat déjà nourri par une enquête publiée en mars par Mediapart et par de nouveaux témoignages publics qui s’accumulent autour du chanteur et acteur.
La plainte déposée et le calendrier des faits
Dans sa publication Instagram datée du vendredi 15 mai, Flavie Flament écrit : « J’ai de nouveau rendez‑vous avec mon passé. Et un homme qui a pillé mon adolescence. Je porte plainte contre Patrick Bruel pour v*ol. Pour que la vérité éclate, pour que justice soit rendue ». Agée aujourd’hui de 51 ans, elle affirme que les faits évoqués se sont produits en 1991, alors qu’elle était mineure.
D’après les informations relayées par Mediapart, les événements se seraient déroulés dans l’appartement parisien de l’artiste. Flament, qui avait témoigné sous le pseudonyme « Eva » lors de l’enquête de mars, raconte qu’après avoir accepté un thé offert par Bruel, elle a eu un « black‑out » et s’est réveillée en le voyant reboutonner son pantalon. Elle relate aussi une rencontre ultérieure dans les couloirs de TF1, au cours de laquelle Bruel lui aurait affirmé, en l’embrassant : « Tu te souviens ? », puis ajouté : « Bien sûr qu’on a couché ensemble ». Ces éléments figurent dans son témoignage public et dans le dossier d’enquête.
Réactions publiques et archives réémergentes
Peu après l’annonce de Flament, des images anciennes ont circulé sur les réseaux sociaux, notamment un passage de l’émission Stars à domicile diffusée en 2001, où Flavie Flament présentait et recevait Patrick Bruel parmi les invités. Ces extraits ont surpris et suscité de nombreux commentaires : certains internautes défendent l’animatrice et évoquent la contrainte sociale et professionnelle qui peut pousser une victime à garder le silence pour préserver sa carrière, d’autres indiquent que l’amnésie traumatique peut retarder la reconnaissance d’un viol.
De leur côté, des associations ont appelé au boycott des programmations estivales de Bruel et ont relayé des pétitions. Le débat s’est installé entre deux registres : l’indignation publique et la présomption d’innocence devant la justice.
La position de la défense et le cadre judiciaire
Patrick Bruel, par l’intermédiaire de son avocat, a nié les accusations et annoncé qu’il se défendrait. L’avocat a déclaré au micro de BFM TV : « Patrick Bruel se défendra comme il s’est déjà défendu à l’occasion des deux enquêtes qui ont précédé ces plaintes avec constitution de partie civile ». Plusieurs parquets ont, depuis la publication des témoignages, ouvert des enquêtes ou effectué des vérifications, selon les informations médiatiques précédentes.
Aux yeux du droit, il convient de rappeler que toute personne reste présumée innocente tant que sa culpabilité n’a pas été établie par une décision de justice. La plainte déposée par Flament déclenchera, si elle est retenue, des démarches d’instruction visant à vérifier les éléments fournis, à recueillir d’autres témoignages et à confronter les versions.
Ce que disent les témoignages et les archives
L’enquête de Mediapart publiée en mars avait rassemblé plusieurs témoignages de femmes accusant Patrick Bruel d’agressions sexuelles et de viols. Flavie Flament figure parmi ces témoignages, ayant initialement pris un pseudonyme dans l’enquête. Les archives audiovisuelles, comme l’émission de 2001, n’apportent pas en elles‑mêmes une preuve des faits dénoncés mais interrogent la proximité publique entre les protagonistes à des périodes différentes de leur vie professionnelle.
Des internautes et des acteurs associatifs ont commenté que le silence de l’époque pouvait s’expliquer par le poids médiatique et l’influence de Bruel à la fin des années 1980 et dans les années 1990. D’autres rappellent que la libération de la parole sur les violences sexuelles s’est accélérée ces dernières années, rendant possibles des révélations longtemps contenues.
Flavie Flament a, dans son message, expliqué vouloir « que la vérité éclate » et que « justice soit rendue ». La procédure ouverte suite à sa plainte devra désormais suivre son cours, dans le respect des règles judiciaires et de la présomption d’innocence, tout en tenant compte des éléments matériels et des témoignages recueillis par les enquêteurs.
Le dossier reste en évolution. Les prochains actes judiciaires permettront d’éclairer la chronologie des faits allégués et d’apporter, le cas échéant, les éléments probants nécessaires à la manifestation de la vérité.


