Ce 16 mai 2026, Judith Godrèche présente à Cannes son nouveau film, Mémoire de fille, adapté du roman autobiographique d’Annie Ernaux. Le film, programmé dans la section Un certain regard du Festival de Cannes 2026, marque un retour sous les projecteurs pour l’actrice devenue réalisatrice — un projet intime qui résonne avec son parcours personnel et familial.
Un film très personnel présenté à Cannes
Après plusieurs années d’engagement public, notamment autour des violences dans le cinéma et du mouvement #MeToo, Judith Godrèche signe avec Mémoire de fille son deuxième long métrage en tant que réalisatrice. L’adaptation du livre d’Annie Ernaux plonge dans la mémoire d’une jeune femme confrontée au souvenir de son premier rapport amoureux en 1958, et aborde des thèmes qui traversent l’œuvre et la réflexion de Godrèche : construction de soi, rapport au passé et manière dont les femmes revisitent leur histoire.
La réalisatrice a exprimé son admiration pour la modernité du texte d’Annie Ernaux et pour les questions actuelles qu’il soulève. Le tournage a eu lieu entre octobre et novembre 2025 en Île-de-France et s’est déroulé, selon le récit public, comme une aventure familiale : le premier rôle est tenu par Tess Barthélémy, la fille de Judith Godrèche, renforçant le lien artistique qui unit la cinéaste à sa famille.
Los Angeles : une maison transformée en refuge créatif
Depuis plusieurs années, Judith Godrèche partage sa vie entre la France et les États-Unis. Lors de son installation à Los Angeles, elle a progressivement façonné une maison pensée comme un cocon créatif, loin du tumulte parisien. Dans un entretien cité avec le Los Angeles Times, elle disait : « Nous étions ici avec deux valises. Nous avons dû reconstruire un environnement qui se sentait chaleureux et sentimental. »
Au cœur de cette demeure, une pièce autrefois destinée à servir de bureau s’est muée en studio artistique familial. Devenue l’espace central de la maison, elle est dédiée à la musique, à la danse et à la création des enfants de la réalisatrice. Judith décrit cet endroit comme « un espace très vivant » où elle aime s’asseoir sur le canapé et regarder sa fille répéter ou son fils jouer.
Sa fille Tess, passionnée de danse et de théâtre, y répète régulièrement ses chorégraphies. Son fils Noé, musicien de jazz, y joue du piano et de la guitare avec ses amis. Ce studio hybride illustre la façon dont la maison californienne a été conçue comme un lieu de transmission et d’épanouissement artistique pour la fratrie.
Une vie familiale à l’abri de la célébrité
Malgré la proximité artistique affichée, Judith Godrèche s’efforce de préserver ses enfants du poids de sa célébrité. Dans une interview à Madame Figaro, elle confiait : « Mes enfants n’ont jamais vu mes films. Ils savent déjà que j’ai été émancipée jeune, que j’ai acheté un appartement à 15 ans avec le réalisateur avec lequel je vivais, c’est suffisant. » Cette volonté de protection n’empêche pas une collaboration régulière : Tess Barthélémy a déjà joué sous la direction de sa mère dans la série Icon of French Cinema puis dans le court métrage Moi aussi, avant de tenir aujourd’hui l’un des rôles principaux de Mémoire de fille.
La maison de Los Angeles apparaît ainsi comme le cadre où se pense et se pratique la création familiale. Plus qu’un simple espace domestique, elle est présentée par la réalisatrice comme un lieu d’apprentissage, d’échange et de liberté artistique — un endroit où les pratiques musicales et chorégraphiques se mêlent au quotidien.
Un regard sur l’engagement et la création
Au fil des interviews et des publications sur les réseaux sociaux, Judith Godrèche partage également des réflexions plus larges : sur l’exil, la démocratie, la solitude et la manière dont la culture peut offrir des refuges émotionnels. Lors d’un épisode lié aux incendies, elle évoquait la musique de Nick Cave comme un refuge : « Autour de sa solitude, je me sens moins seule. »
À 54 ans, la comédienne et réalisatrice apparaît dans le paysage du cinéma français comme une figure singulière, qui transforme son vécu intime en matière de création tout en construisant autour de ses enfants un univers propice à l’expression artistique. Son retour à Cannes avec Mémoire de fille confirme cette trajectoire — un mélange de carrière, d’engagement et de vie familiale pensé en cohérence.
Présenté à Cannes le 16 mai 2026, Mémoire de fille marque donc une étape importante dans le parcours de Judith Godrèche, qui choisit de mêler mémoire personnelle, héritage littéraire et transmission familiale au centre de son œuvre.


