À quelques heures de l’ouverture du Festival de Cannes, Eye Haïdara a offert aux internautes un moment de légèreté : la comédienne a raconté que sa mère — et même son fils — l’ont un jour prise pour Ahmed Sylla, relançant avec humour la rumeur de ressemblance entre les deux artistes.
Une anecdote familiale devenue viral
Interrogée dans une interview pour France TV Slash, Eye Haïdara, 43 ans, a expliqué comment une plaisanterie a pris une tournure plus sérieuse au fil du temps. « Ahmed Sylla, mon jumeau », a-t-elle lancé d’emblée, avant de préciser l’origine de cette formule devenue récurrente dans son entourage. Selon elle, sa mère aurait vu une affiche publicitaire représentant Ahmed Sylla coiffé d’un bonnet et l’aurait confondue avec sa propre fille : « Elle a vu Ahmed sur une affiche avec un bonnet, elle a cru que c’était moi. »
La scène s’est poursuivie devant son fils, qui, en regardant la photo, a également répondu sans hésiter : « C’est toi. » Face à cette double méprise familiale, Eye Haïdara a résigné avec humour : « Là, je me suis dit : ‘OK, je ne peux pas lutter. Ahmed Sylla et moi, nous sommes jumeaux.’ »
Entre sourire et trajectoire professionnelle
Si l’anecdote prête à sourire, elle souligne aussi la notoriété croissante d’Eye Haïdara, désormais suffisamment présente dans l’espace public pour que son visage soit comparé à celui d’un autre comédien très visible. Née le 7 mars 1983 à Boulogne-Billancourt de parents maliens, la comédienne s’est fait connaître d’un large public en 2017 grâce au film Le Sens de la fête, d’Olivier Nakache et Éric Toledano, aux côtés de Jean‑Pierre Bacri et Gilles Lellouche. Ce rôle lui aura valu une nomination au César du meilleur espoir féminin.
Depuis, elle a diversifié ses projets — cinéma, séries et théâtre — et s’affirme comme une figure importante du paysage culturel français. Sa présence à Cannes est d’autant plus remarquée qu’elle succède, pour la cérémonie d’ouverture, à Laurent Lafitte : une responsabilité qu’elle dit avoir acceptée « tout de suite », malgré « un vertigineux mélange de trac et de joie », selon ses propres mots rapportés lors des interviews préparatoires.
Eye Haïdara est également la première comédienne noire à animer la cérémonie d’ouverture du Festival de Cannes. Ce parcours s’inscrit dans un engagement de longue date : en 2018, elle avait participé à l’initiative collective où quinze actrices noires ou métisses ont monté les marches ensemble pour dénoncer la sous‑représentation des personnes noires au cinéma. Elle a par ailleurs contribué au livre collectif Noire n’est pas mon métier.
Pour sa mission à Cannes, la comédienne a précisé qu’elle n’entendait pas se calquer sur ses prédécesseurs : « Je ne suis pas humoriste, donc je veux y aller avec de la sincérité et de la passion. En tout cas, ce sera moi », a‑t‑elle déclaré à l’AFP.
Une résonance médiatique et humaine
La mésaventure de l’affiche révèle quelque chose de simple et de touchant : la manière dont l’intimité familiale se mêle à la vie publique des artistes. La confusion de sa mère et la réaction spontanée de son fils ont transformé une coïncidence visuelle en une petite histoire partagée par des milliers d’internautes, rappelant que la célébrité se nourrit souvent d’anecdotes humaines plus que de communications maîtrisées.
Ahmed Sylla, le comédien et humoriste évoqué dans la plaisanterie, n’a pas, au moment de l’entretien d’Eye Haïdara, formulé de commentaire public sur la comparaison. Reste que l’image de « jumeaux » proposée sur le ton de la plaisanterie a offert un angle léger et viral à l’attention médiatique qui entoure la comédienne à la veille d’un événement majeur comme Cannes.
Entre la gravité d’un rôle, l’engagement pour la représentation et la légèreté d’une histoire de famille, Eye Haïdara illustre la capacité des artistes contemporains à naviguer entre plusieurs registres d’exposition publique. À quelques heures de monter sur la scène cannoise, elle conserve ce mélange de sérieux et de sourire qui marque son parcours.


