De nouveaux récits publiés par Mediapart relancent l’affaire Patrick Bruel. Après une première vague de quatorze témoignages à charge, le site d’investigation publie quinze nouveaux récits de femmes qui mettent en cause le comportement du chanteur entre 1991 et 2019. Parmi ces témoignages figure celui de Florima Treiber, ancienne candidate au concours Miss France, qui décrit une rencontre qu’elle affirme avoir vécue comme une agression.
Le récit de Florima Treiber
Selon Mediapart, Florima Treiber a croisé Patrick Bruel pour la première fois en décembre 2007, à l’occasion du concours Miss France. Elle avait alors 20 ans ; lui, 48. Présent dans le jury de cette édition, le chanteur aurait noté ses coordonnées en coulisses et évoqué devant elle des perspectives de carrière, ce qui l’a d’abord encouragée.
« Je voulais percer dans le mannequinat, je me suis dit : ‘C’est génial, il a vu mon potentiel sur scène, il croit en moi' », confie la jeune femme au média. Un mois plus tard, il l’aurait invitée au concert des Enfoirés. Les deux se seraient retrouvés en avril 2008, lors de la cérémonie des Molières, où Florima Treiber officiait comme hôtesse.
Ce soir-là, elle dit avoir accepté de « boire un verre » après l’événement. Au lieu d’une discussion professionnelle, Patrick Bruel l’aurait conduite à son domicile. Après une visite de l’appartement, et alors que la nounou se trouvait selon elle dans une autre pièce avec les enfants, il lui aurait demandé de s’asseoir sur le lit.
Florima Treiber relate ensuite une scène brutale : « J’étais face à un animal, la sueur au front… ». Elle affirme que Patrick Bruel lui a alors « sauté dessus ». Sidérée, elle n’aurait pas pu le stopper immédiatement. Interrogé par elle sur l’objet professionnel de la rencontre, il lui aurait répondu qu’il était « le même homme que dans ses chansons, sous-entendu le lover ». Elle rapporte encore : « Il m’a dit qu’il ne m’avait rien promis. »
Marquée, se sentant « salie » et « naïve », Florima Treiber a attendu de nombreuses années avant d’en parler à ses proches. Elle explique aujourd’hui sa décision de porter publiquement son témoignage par une motivation personnelle : « Si je témoigne aujourd’hui, c’est parce que j’ai une petite fille, et je prie chaque jour qu’elle ne rencontre jamais ce type de personnage », dit-elle à Mediapart, se présentant comme une « microvoix » parmi d’autres.
Chiffres et éléments de procédure
Dans ce second volet publié par Mediapart, le média recueille quinze nouveaux témoignages. Au total, en l’espace d’un mois, près de trente femmes ont publiquement accusé Patrick Bruel de violences sexuelles ou sexistes, selon le site.
Sur ces quinze nouvelles femmes entendues, sept évoquent des faits de nature sexuelle non consentie. Cinq d’entre elles ont, indique Mediapart, transmis leur témoignage à la justice dans le cadre de la procédure en cours. Une précédente enquête avait été classée sans suite en 2020.
Il est important de rappeler qu’à ce stade Patrick Bruel n’a fait l’objet d’aucune condamnation. La présomption d’innocence s’applique pleinement ; les faits décrits et relayés dans les médias restent des allégations jusqu’à ce qu’ils soient éventuellement établis par les autorités judiciaires compétentes.
Réactions et portée médiatique
La multiplication des témoignages alimente depuis plusieurs semaines un débat public et médiatique intense autour du comportement d’une personnalité connue. Mediapart, qui a d’abord publié quatorze récits, ajoute ici quinze nouveaux témoignages couvrant des contextes variés : coulisses de concerts, tournages, séances de massage ou rencontres professionnelles.
Plusieurs des femmes indiquent avoir attendu des années avant de parler, un élément récurrent dans des affaires de ce type. Certaines des plaignantes ont franchi le pas de la procédure judiciaire, d’autres ont choisi le témoignage public pour alerter ou se protéger.
Les informations reprises dans cet article proviennent du second volet d’enquêtes publié par Mediapart. Les descriptions rapportées sont celles fournies au média par les témoins ; elles n’ont pas été établies par une décision judiciaire au moment de la publication de ces récits.


