Quand un tournage la laisse seins nus devant 40 personnes : Alexandra Lamy revient sur l’humiliation subie à 23 ans et les protections récentes sur les plateaux

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Invitée du podcast InPower, Alexandra Lamy a livré un témoignage qui éclaire d’un jour cru les conditions de tournage auxquelles étaient confrontées les actrices il y a quelques décennies. Loin d’être une anecdote anodine, cet épisode — survenu alors qu’elle avait « 22, 23 ans » — illustre selon elle l’absence de protection et la froide indifférence d’équipes parfois nombreuses.

Une maladresse qui expose et une équipe qui reste muette

La comédienne raconte avec calme une scène simple sur le papier, devenue traumatisante. « Il y a un truc qui m’a vraiment marqué. Je devais avoir 22, 23 ans et je joue dans un film et je n’ai pas mon soutien-gorge parce que je suis dans le lit et il ne fallait pas qu’on voie mes bretelles, donc j’ai enlevé mon soutien-gorge », relate-t-elle.

Tout s’enchaîne ensuite à partir d’une inattention de son partenaire à l’écran : « Quand le garçon sort du lit, l’acteur ne fait absolument pas attention, il arrache le drap et je me retrouve seins nus. » Ce qui frappe l’actrice, au-delà du geste, c’est surtout l’absence de réaction autour d’elle. « Il faut savoir que dans une équipe, il y a à peu près 40 personnes qui sont là et il n’y a personne qui d’abord ne m’amène une serviette, ne fait attention et je me retrouve à 23 ans, seins nus, devant tout le monde », explique-t-elle.

Alexandra Lamy décrit un sentiment d’isolement complet face aux regards : « Les gens me regardent et vraiment personne ne réagit. Je me dis : ‘mais c’est horrible, c’est super traumatisant’. » Son récit met en lumière non seulement l’humiliation vécue sur l’instant, mais aussi le fait que, à l’époque, les mécanismes de protection étaient peu ou pas mis en place.

Des pratiques qui ont évolué — mais pas totalement

Plutôt que de s’en tenir à la dénonciation, l’actrice utilise ce souvenir pour souligner les progrès observés sur les tournages récents. Elle évoque une réalisatrice qui lui a présenté un protocole strict : « Ne t’inquiète pas, de toute façon, il y aura sur le lieu de tournage, sur le décor, uniquement les personnes qui sont nécessaires. »

Ce détail a particulièrement frappé Alexandra Lamy, qui a fait la comparaison avec l’époque où « il y en avait 40 ». Elle précise son calcul : « Là, vous étiez six. Je me dis donc quand il y en avait 40, il y en avait au moins 32 qui n’avaient rien à faire là et qu’ont maté juste. Et ça, c’est une évolution. »

Dans son témoignage au micro d’InPower, elle salue également la mise en place récente de coordinatrices d’intimité, des formations VHSS (violences, harcèlements sexuels et sexistes) et la présence de référents sur les plateaux. « Je trouve ça merveilleux d’avoir des formations (…) d’avoir des référents sur le tournage », confie-t-elle. Ces dispositifs, selon elle, permettent aux jeunes actrices d’identifier des personnes vers qui se tourner et d’obtenir une réaction rapide en cas de problème.

Lucidité et prudence : un constat nuancé

Si Alexandra Lamy se réjouit des avancées, elle reste lucide sur leurs limites. « On ne peut pas dire que ça arrête les agressions parce que malheureusement, il y en a toujours. Mais au moins, il y a des jeunes filles aujourd’hui qui savent qu’elles peuvent parler, qu’elles ont un référent et ça réagit très vite », dit-elle, concluant son propos par un constat à la fois sobre et porteur d’espoir : « Et c’est très récent. »

Le témoignage s’inscrit aussi dans un parcours personnel médiatisé : la comédienne, connue pour ses rôles comiques et pour avoir été la compagne de Jean Dujardin, a récemment déclaré avoir « failli être enlevée » — une information qu’elle a évoquée séparément et qui montre la récurrence des expériences d’insécurité qu’elle a traversées.

Par ailleurs, Alexandra Lamy joue dans le film Pour le plaisir, réalisé par Rheem Kherici, dont la sortie en salles est annoncée mercredi 6 mai 2026. Son retour public sur ces souvenirs coïncide donc avec une actualité professionnelle, ce qui réactive le débat sur la manière dont les tournages protègent (ou non) les personnes les plus exposées.

À travers ce récit, l’actrice propose un double message : rappeler la vulnérabilité des jeunes actrices face aux pratiques passées, et saluer les réformes récentes qui, si elles ne suppriment pas totalement les risques, offrent aujourd’hui des outils concrets de protection et de signalement.

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