Selon une enquête révélée par L’Informé ce lundi 23 mars 2026, Laurent Correia, mari de la star de télé-réalité Jazz et figure de la JLC Family, fait l’objet d’une enquête préliminaire pour escroquerie et blanchiment d’argent. Le dossier, ouvert en mars 2025 par le parquet de Grasse (Alpes-Maritimes), a été dessaisi en décembre dernier au profit de la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) du parquet de Marseille, compétente pour les dossiers de grande complexité.
Les accusations liées au copy trading et aux commissions
Très présent sur les réseaux sociaux, notamment sur Telegram, Laurent Correia est pointé du doigt pour la promotion d’activités de « copy trading » auprès de ses abonnés. Le copy trading consiste à reproduire automatiquement les opérations d’un trader sur les marchés financiers ; la pratique n’est pas illégale en soi, mais elle devient problématique si elle enfreint les règles ou si elle est présentée de manière trompeuse.
Le collectif d’Aide aux Victimes d’Influenceurs (AVI) a déposé une plainte en mars 2024 pour « escroquerie en bande organisée », « abus de confiance » et « association de malfaiteurs ». Une vingtaine de plaignants affirment avoir perdu de l’argent en suivant les conseils de trading de l’influenceur, pour un préjudice total estimé à près de 60 000 euros, selon le collectif et les informations publiées par L’Informé.
AVI reproche notamment à Laurent Correia de renvoyer ses abonnés vers une plateforme de courtage, VT Markets, qui figure depuis 2024 sur la liste noire de l’Autorité des marchés financiers (AMF) en raison de l’utilisation du Forex, marché jugé « à très haut risque » par les autorités. Toujours d’après L’Informé, les liens partagés par l’influenceur contiendraient la mention « affiliates » et lui permettraient de toucher des commissions à chaque inscription ; VT Markets et des sources citées évoqueraient des gains possibles pour les partenaires allant jusqu’à 50 000 dollars par mois.
La JLC Family, TF1 et l’Arcom au cœur des critiques
La visibilité apportée par la diffusion de la JLC Family sur TFX, chaîne du groupe TF1, a attisé les critiques. Dans un courrier daté du 23 avril adressé à TF1 et dont des extraits ont été publiés par L’Informé, le collectif AVI a demandé l’arrêt immédiat de l’émission et dénoncé une « mise en danger du public par la valorisation d’un influenceur aux pratiques frauduleuses ». Le collectif accuse TF1 d’offrir une vitrine susceptible d’amplifier des pratiques « trompeuses et délétères ».
TF1, contactée par L’Informé, a répondu que la JLC Family « est un programme de pur divertissement centré exclusivement sur la vie privée et familiale du couple » et que « l’émission n’a aucunement pour objet de mettre en avant ou de médiatiser les activités professionnelles de Laurent Correia ». Malgré les demandes et un signalement transmis à l’Arcom pour examen de la conformité de la diffusion, l’émission n’a pas été suspendue.
Les réponses de Laurent Correia et les points de tension
Interrogé par L’Informé, Laurent Correia se dit présumé innocent et affirme n’avoir jamais été entendu par la justice. Il déclare ignorer l’existence de l’enquête préliminaire et met en cause des « faux comptes qui se font passer pour lui » pour expliquer certaines pratiques. Il assure ne pas délivrer de conseils financiers formels mais de « partager son expérience » et d’accompagner ses « élèves ».
L’influenceur affirme par ailleurs ne plus cibler le public français, revendiquant un « positionnement international » et une communication désormais en anglais. Le député Arthur Delaporte, auteur d’une loi sur les influenceurs, a réagi en estimant : « Si des victimes françaises sont lésées et qu’il a une audience française, alors la langue n’y change rien. »
Enfin, Laurent Correia affirme ne plus utiliser ses réseaux depuis son dernier bannissement. Pourtant, son compte TikTok, suivi par plus d’un million de personnes, contient toujours un lien vers son canal Telegram, note L’Informé.
Conséquences possibles et enjeux
L’escalade judiciaire — du parquet de Grasse à la JIRS de Marseille — marque une montée en gravité du dossier. Si l’enquête aboutit à des poursuites, elle pourrait renforcer les critiques du collectif AVI et accroître la pression sur TF1 et les diffuseurs quant à leur responsabilité éditoriale lorsqu’ils mettent en avant des influenceurs aux activités économiques controversées.
À ce stade, les informations proviennent principalement de L’Informé et des signalements du collectif AVI. Laurent Correia reste présumé innocent tant que la justice n’aura pas statué, et plusieurs éléments évoqués dans les publications et les courriers demeurent contestés par les parties impliquées.


