Dimanche 15 mars 2026, en pleine soirée électorale consacrée au premier tour des municipales, une remarque de la journaliste Nathalie Saint-Cricq a déclenché une polémique en direct sur Franceinfo. Aux alentours de 22 heures, juste avant la prise de parole d’Éric Ciotti à Nice, crédité de 41,5 % des voix au terme du scrutin du premier tour, une brève séquence a été diffusée qui a provoqué une vague de réactions sur les réseaux sociaux et poussé la chaîne à présenter des excuses officielles.
La séquence en direct : un micro ouvert et une comparaison immédiatement relayée
La transition vers le discours du candidat de l’Union des droites pour la République (UDR) a été introduite par la présentatrice Myriam Encaoua, qui a déclaré : « On va écouter en direct Éric Ciotti, en tête à Nice ». À la suite de cette phrase, Nathalie Saint-Cricq a murmuré « Alias Benito ». Son micro, resté ouvert, a transmis cette remarque au public en direct.
La courte séquence a rapidement circulé sur les réseaux sociaux. Un message relayant l’extrait, publié par le compte « Toad Vous Épie », a contribué à la diffusion massive de l’extrait, avec le visuel et le commentaire signalant le dérapage : la vidéo a été partagée accompagnée du texte « Dérapage de Nathalie Saint-Cricq sur Ciotti qui lâche ‘alias Benito’, son micro n’était pas coupé EN DIRECT (Toad Vous Épie) pic.twitter.com/4S2iSATH3e ».
Franceinfo présente ses excuses et mesure l’impact
Moins d’une heure après la diffusion de l’extrait, Franceinfo a publié un message sur X (anciennement Twitter) pour réagir officiellement. La chaîne a écrit : « Nous présentons nos excuses à @eciotti pour un propos inapproprié et déplacé prononcé sur notre antenne par une journaliste de la rédaction de France Télévisions. »
Cette prise de position de la rédaction vise à limiter les conséquences de la bévue à l’antenne, mais n’efface pas la visibilité immédiate de la remarque. En pleine soirée électorale, chaque incident est amplifié et analysé par les commentateurs, les oppositions et les observateurs des médias, ce qui alimente le débat sur la neutralité et l’impartialité des plateaux d’information.
Un incident encadré par des antécédents
Ce nouvel épisode place Nathalie Saint-Cricq au centre d’une attention renouvelée. En décembre précédent, la journaliste avait déjà été impliquée dans une polémique après une interview faisant réagir la Grande Mosquée de Paris. Le recteur Chems-eddine Hafiz avait alors saisi l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) au sujet d’un échange entre Saint-Cricq et Alexis Corbière (LFI).
Lors de cet entretien sur les accusations d’antisémitisme visant La France insoumise, Saint-Cricq avait évoqué « la quête du vote musulman » en citant des « études », ce qui avait suscité une vive réaction. Alexis Corbière avait dénoncé l’association et qualifié les propos d’« intolérables », affirmant que les musulmans « n’avaient pas besoin de prétextes antisémites pour orienter leur vote ». L’incident avait alors provoqué un fort débat en ligne.
Ce que cet épisode révèle du débat sur l’impartialité
Au-delà de la faute technique — un micro resté ouvert —, la remarque de Saint-Cricq relance des questions plus larges sur la vigilance attendue des journalistes, en particulier lors d’événements électoraux. Les réactions rapides, qu’elles émanent de la sphère politique, des internautes ou des instances de régulation potentielles, montrent combien le moindre écart peut être perçu comme symptomatique d’un parti pris.
La rédaction de Franceinfo a choisi la voie des excuses publiques, geste destiné à restaurer immédiatement une posture d’impartialité. Reste que, pour une partie du public, la répétition d’incidents similaires nourrit un sentiment d’exaspération et d’interrogation sur la manière dont les journalistes abordent certains sujets sensibles.
Sur le plan médiatique, ces épisodes se traduisent souvent par un double effet : une amplification de la séquence problématique et un examen approfondi des pratiques professionnelles des journalistes concernés. Dans les prochains jours, la question de savoir si des mesures internes seront prises pour prévenir la récurrence de telles situations pourrait devenir centrale.


