Le monde du cinéma français est en deuil : Nathalie Baye est décédée le vendredi 17 avril 2026 à l’âge de 77 ans, des suites d’une maladie à corps de Lewy, forme de démence neurodégénérative. L’annonce de sa disparition a provoqué une onde d’émotion parmi les spectateurs et les professionnels, et les chaînes de télévision ont rapidement organisé des hommages à son image et à sa carrière.
Un hommage télévisuel et un film symbole
Dans la foulée, France 2 a programmé un hommage en diffusant dimanche 19 avril à 21h10 Vénus Beauté (Institut), le film de Tonie Marshall qui avait valu au long métrage plusieurs César en 2000, dont celui du meilleur film et de la meilleure réalisation. Ce choix résonne particulièrement, puisque ce film reste étroitement associé à l’image publique de Nathalie Baye et à une période forte de sa carrière.
Pour nombre de spectateurs, revoir Vénus Beauté revient aussi à se souvenir des complicités nées sur le plateau, et notamment de celle qu’elle entretenait avec Mathilde Seigner, sa partenaire à l’écran.
Une relation quasi-maternelle née sur le tournage
Le lien entre Nathalie Baye et Mathilde Seigner remonte à 1999, sur le tournage de Vénus Beauté (Institut). « Après le tournage, nous sommes restées très proches. J’étais souvent collée chez elle, que ce soit dans son appartement parisien ou dans la Creuse », confie Mathilde Seigner à Paris Match. Âgée aujourd’hui de 58 ans, la comédienne décrit une relation qui dépassait la camaraderie professionnelle : « Elle me considérait comme une ado, un peu comme sa deuxième fille. »
Cette proximité allait de pair avec une forme d’autorité bienveillante. Mathilde se souvient des remontrances de Nathalie Baye lorsque ses interviews paraissaient trop cash : « Nathalie n’aimait pas et m’engueulait comme on gronde une gamine qui s’est mise en danger. » Ces recadrages faisaient partie de leur dynamique, entre tendresse et exigence.
Hors des plateaux, elles partageaient aussi des moments de retrait loin des projecteurs, notamment dans le village de Vallière, en Creuse, où Nathalie Baye possédait un pied-à-terre. Ce village d’environ 700 habitants et les marchés voisins, comme celui de Felletin, sont évoqués par les riverains qui gardent l’image d’une actrice simple et accessible. « Quand elle allait au marché, personne ne l’embêtait. Elle était chez elle ici. Je suis vraiment peinée, elle était tellement sympa, elle n’était pas fière », se souvient Marie-Edith Desjariges.
Une dispute et un regret durable
Pourtant, avec le temps, la relation s’est distendue. Mathilde Seigner confie avec une grande tristesse qu’une dispute — dont elle avoue ne plus se souvenir de l’objet exact — a creusé un fossé entre elles : « On s’était engueulées, je ne sais même plus pourquoi… C’est idiot. Et c’est tellement dommage. Tellement triste. » Ces mots traduisent un regret profond, celui de n’avoir pas rattrapé une brouille qui, au fil des années, n’a pas trouvé d’occasion de se refermer.
La disparition de Nathalie Baye intervient donc comme une fermeture définitive de cette parenthèse. Pour Mathilde Seigner, qui avait déjà connu d’autres pertes — elle a perdu son père en 2020 — la prise de parole auprès de la presse prend la forme d’un adieu public, chargé d’émotion et de sincérité.
Nathalie Baye laisse derrière elle une filmographie riche et des collaborations nombreuses. Mère de Laura Smet, ancienne compagne de Johnny Hallyday, elle reste une figure marquante du cinéma français, appréciée pour son jeu nuancé et sa générosité humaine.
Les hommages se poursuivront sans doute dans les jours à venir, tant professionnels que privés, mais pour celles et ceux qui l’ont côtoyée de près, la disparition met fin à une présence irremplaçable. La mémoire de ses rôles, de ses gestes et de ses attentions restera vive chez les pairs et les spectateurs qui ont suivi sa carrière.


