Ce vendredi 15 mai 2026, l’animatrice et autrice Flavie Flament a annoncé sur son compte Instagram qu’elle déposait plainte contre Patrick Bruel pour viol. À 51 ans, elle sort publiquement de l’anonymat après avoir été identifiée comme l’une des personnes ayant témoigné dans l’enquête publiée par Mediapart, et affirme vouloir « que la vérité éclate ». La plainte, déposée le 13 mai 2026 devant le tribunal judiciaire de Paris, vise des faits qu’elle situe en 1991, alors qu’elle avait 16 ans.
Une prise de parole mesurée mais percutante
Dans un message sobre et direct posté le matin du 15 mai, Flavie Flament écrit : « 10 ans après La Consolation, j’ai de nouveau rendez‑vous avec mon passé. Et un homme qui a pillé mon adolescence. Je porte plainte contre Patrick Bruel pour v*ol. Pour que la vérité éclate, pour que justice soit rendue, pour que cessent de se dérober les regards, je joins ma voix à celles des autres femmes qui s’élèvent en France, en Belgique et au Canada. J’attends désormais de la Justice qu’elle entende notre Parole. »
Cette déclaration, relayée immédiatement sur les réseaux sociaux, s’inscrit dans la continuité de son livre La Consolation, paru il y a dix ans, dans lequel elle relatait des violences sexuelles subies au cours de son adolescence. Flavie Flament précise, dans ses échanges avec Mediapart, parler « pour la jeune fille que j’étais » et « pour les autres femmes qui sont sorties du silence ».
Une procédure qui s’ajoute à un dossier déjà chargé
La plainte déposée par Mes Corinne Herrmann et Sonia Kanoun vise à obtenir la désignation d’un juge d’instruction. Les avocates déclarent : « Il appartient désormais à la justice d’instruire sur ces faits et de parvenir à la manifestation de la vérité. »
Ce signalement intervient dans un contexte judiciaire déjà complexe pour Patrick Bruel, visé par plusieurs procédures en France, en Belgique et au Canada, pour des faits distincts allégués à différentes dates. Certaines plaintes récentes évoquent des agressions présumées survenues en 2019 et une tentative de viol en 2010 à Neuilly‑sur‑Seine, tandis que des plaintes antérieures déposées en 2019 et 2020 avaient été classées sans suite. À ce stade, il convient de rappeler que Patrick Bruel n’a fait l’objet d’aucune condamnation et que la présomption d’innocence s’applique pleinement.
L’avocat du chanteur, Me Christophe Ingrain, avait déjà réagi aux premières révélations publiées par Mediapart en indiquant que son client « n’a jamais outrepassé un refus, jamais forcé à un geste ou un rapport sexuel ». À la date de l’annonce du 15 mai 2026, Bruel n’avait pas publié de réaction publique spécifique à la plainte déposée par Flavie Flament.
Le sens de la démarche pour Flavie Flament
Pour l’animatrice, la décision de porter plainte s’inscrit dans un combat de longue date. Interrogée par Mediapart, elle confie attendre de la justice qu’elle la « écoute désormais, ainsi que toutes les autres femmes ». Elle explique avoir choisi d’agir après la publication des premiers témoignages ces dernières semaines, qui l’ont poussée à ne plus rester silencieuse.
La plainte avec constitution de partie civile vise à contraindre l’ouverture d’une instruction et à obtenir que les faits allégués fassent l’objet d’un examen judiciaire approfondi. Les éléments avancés dans la plainte restent, jusqu’à décision contraire d’un tribunal, des allégations.
Sur les réseaux et dans les médias, l’annonce a provoqué une onde de choc et relance le débat public sur la parole des victimes, la prescription, et le fonctionnement des enquêtes autour de personnalités publiques. Flavie Flament affirme qu’elle porte cette démarche « pour que cessent de se dérober les regards » et pour soutenir les autres plaignantes qui se sont manifestées en France, en Belgique et au Canada.
Les suites judiciaires dépendront désormais des investigations que décidera d’ouvrir le parquet ou le juge d’instruction saisi. Dans l’intervalle, la presse et l’opinion publique suivent de près cette nouvelle étape d’un dossier qui a déjà donné lieu à plusieurs saisines et à de nombreuses prises de parole.
Les faits décrits et relayés dans les médias restent des allégations en attente d’une décision judiciaire. Le respect de la présomption d’innocence et la nécessaire écoute des victimes encadreront le traitement médiatique et judiciaire des suites de cette plainte.


